La Creuse Agricole 23 février 2017 à 08h00 | Par Didier GUERIN

La gestion des litières : Un maillon pour limiter la contamination

La mesure de la température de litière est un indicateur qui est utile pour optimiser vos apports de quantité journalière de paille et pour rechercher la durée d’accumulation optimum entre 2 curages.

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Le suivi de la température de la litière est à effectuer avec un thermomètre à sonde (disponible à Farago Creuse) avec une prise de température à 10 cm de profondeur. Le fumier est à retirer lorsque la température interne de la litière atteint ou dépasse 36 °C. (© GDS Creuse) En matière de contrôle de la température des litières, l’objectif est de faire une moyenne à partir de 12 mesures au minimum. Il est recommandé d’éviter les prises de température sur les travée © GDS Creuse Les germes de diarrhées néonatales « colibacillaires » et de mammites « d’environnement » comme les colibacilles étant d’origine intestinale, leur optimum de dével © GDS Creuse

Certaines pathologies comme les diarrhées néonatales ou les mammites d’environnement voient leur développement fortement limité lors de gestion adéquate des litières. C’est un élément fondamental de biosécurité interne.

Un développement microbien dans les litières
Le niveau de contamination des litières est un des principaux facteurs de risques des diarrhées néonatales « colibacillaires » et des mammites « d’environnement ». Il est lié au développement de certains germes comme les coliformes (Escherichia coli, Klebsiella…) et des streptocoques (streptococcus uberis, streptocoques fécaux…). Pour se multiplier, ces différentes bactéries ont besoin d’air, de températures optimales et d’humidité. Les bactéries concernées étant d’origine intestinale, leur optimum de développement se situe de 37 et 40 °C (cf. graphique 1). Sur une population microbienne variée, comme celle d’une litière contaminée par les matières fécales, la température agira en sélectionnant les espèces en fonction de leur optimum thermique avec une accélération ou un ralentissement du développement global.

Un développement des bactéries fonction du milieu
Les bactéries vont se développer plus ou moins en fonction du milieu. La paille est favorable au développement de streptocoques alors que les sciures de bois sont plus favorables aux bactéries coliformes. Ces coliformes se développent mieux en présence d’oxygène. Un paillage important entraîne un matelas épais, très/trop aéré, favorable à l’augmentation de température. Il favorise donc le développement bactérien par la combinaison de 2 facteurs : présence d’air et température, développement favorisé lors de taux d’humidité élevé (conditions météorologiques humides, bâtiment mal aéré, fuites d’abreuvoirs…). Lors de présence d’humidité dans une stabulation, les asséchants litière vont permettre une limitation de ce risque. La multiplication des colibacilles étant facilitée lors de milieu alcalin, les asséchants à pH neutre seront à privilégier par rapport à ceux à pH basique. En outre, rappelons que la soude caustique ou la chaux vive, pourtant souvent présentées comme désinfectants utilisables, sont à proscrire dans tout bâtiment d’élevage de ruminants car ils entraînent également un milieu basique favorable à cette multiplication des colibacilles.

Maintenir une température de surface des litières inférieure à 25/30 °C, retenir 36 °C à 10 cm de profondeur comme seuil d’alerte
Favoriser d’autres bactéries au détriment des streptocoques et des coliformes suppose de maintenir la température à des valeurs inférieures à 25/30 °C en surface des litières. L’écart de température entre la surface de la litière et à 10 cm de profondeur se situe en moyenne autour de 10 °C. Comme l’objectif souhaité est de ne pas dépasser 25/30 °C en surface, la température à 10 cm de profondeur ne doit donc pas être supérieure à 35/40 °C en moyenne. Étant donnée l’évolution de la température de la litière, nous retiendrons 36 °C à 10 cm de profondeur comme seuil d’alerte pour déclencher le curage.

Adapter la quantité de paille apportée
En Pays-de-Loire, différentes études menées par l’Institut de l’élevage en liaison avec les organismes régionaux (chambres d’agriculture, Contrôles Laitiers, GDS…) ont permis de mieux appréhender les évolutions de températures des litières. Ces travaux ont démontré que la température de la litière est très significativement supérieure avec un paillage supérieur à 1,2 kg/m² en comparaison à des apports quotidiens moindres (graphique 2). Afin de maintenir une propreté correcte des animaux et d’éviter une température excessive de la litière, la quantité de paille quotidienne optimale se situe autour de 1 kg à 1,2 kg par m² combinée à un apport après curage multiplié par deux, soit 2 kg à 2,5 kg par m² pour une surface d’aire paillée utile par vache conforme aux recommandations (de l’ordre de 6 à 7 m²). Si le paillage est plus élevé, en particulier pour compenser un manque de surface de couchage, il faudra adapter la fréquence de curage.

Suivre la température de la litière dans les cases de vaches… et celles des veaux !
La prise de température est effectuée à l’aide d’un thermomètre à sonde. Cette sonde est piquée droite dans la litière pour atteindre une profondeur de 10 cm maximum. La prise de température sera effectuée en plusieurs points avec la réalisation d’une moyenne par case (cf. schéma). Une série de mesures est à réaliser dans chaque case tous les 10 jours. Une attention particulière sera portée sur les box à veaux qui présentent souvent une litière moins souillée que la case des vaches mais des températures de litières plus élevées (paillage plus abondant, curage moins fréquent…). Si des résultats de température de litière très hétérogènes sont relevés dans une case, vous en rechercherez les causes pour les corriger : mauvaise répartition de la paille, utilisation préférentielle de certaines zones par les animaux… Lorsque le seuil d’alerte sera atteint (36°C), un curage rapide sera à envisager.

La gestion des litières, un élément du « Le sanitaire… j’adhère ! »
Composante de la biosécurité interne, la gestion des litières participe à l’optimisation de la maîtrise des risques sanitaires en élevage. C’est un élément de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». Pour tout renseignement complémentaire, contactez votre vétérinaire ou GDS Creuse.

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