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N°2293 (34)

21 août 2020 | Semaine 34 2293
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Le billet

Revenir à la réalité du terrain

Tout d’abord permettez-moi de vous remercier de votre confiance pour cette nouvelle mandature. C’est avec un profond respect que j’ai souhaité constituer une nouvelle équipe avec un bureau rafraîchi, rajeuni et réduit mais avec une diversité exemplaire qui saura apporter toutes ses compétences et mettre toute son énergie à vos services pour défendre nos intérêts. La mandature commence très bien avec les annonces de notre nouveau ministre de l’Agriculture qui me font bondir !
L’utilisation des surfaces en jachères autorisées à compter du 31 juillet pour les seuls éleveurs de 47 départements devient presque une provocation. Il est vrai que dans le département les surfaces en jachères sont considérables (60 ha), et d’une grande nécessité lorsque celles-ci sont entièrement brûlées. Depuis longtemps à la FDSEA nous demandons qu’il y ait une collaboration entre éleveurs et céréaliers, à ce que nous puissions valoriser les jachères en période de sécheresse pour l’alimentation animale. De plus, les conditions climatiques ont largement impacté la pousse des céréales et fortement réduit les rendements en grain comme en paille. La faible disponibilité de ces matières va inévitablement augmenter nos coûts de production. À ce phénomène vient s’ajouter un nouveau rituel. Nos voisins frontaliers viennent chercher la paille française à des prix défiant toute concurrence pour la mettre dans leurs méthaniseurs ; mais pas que la paille, aussi le maïs, les drèches de brasseries... Et oui, vive l’écologie ! Cramons les ressources alimentaires pour produire de l’énergie verte, et laissons crever les vaches de faim !
Concernant l’implantation des Surfaces d’Intérêt Écologique, nous nous sommes battus pour anéantir cette absurdité administrative et notre nouveau ministre nous a bien entendu ! La réponse est déprimante : repousser la date d’implantation avec une demande individuelle à la clef à adresser à la DDT. De l’administratif, toujours, encore et de plus en plus ! Ne s’agit-il pas là d’une absurdité galopante consistant à faire brûler du gasoil pour rien. Un non-sens écologique et environnemental à la fois compte-tenu de la sécheresse que nous subissons.
Lorsque nous parlons de sécheresse nous parlons forcément d’eau, et cela fait bien longtemps qu’à la FDSEA nous demandons de pouvoir nous adapter face aux évolutions climatiques. Il faut tout simplement retenir l’eau qui tombe du ciel pour pouvoir l’utiliser en période sèche. Preuve en est faite, il y a 20 ans les espagnols montaient acheter la paille en France mais ils se sont adaptés aux sécheresses consécutives en créant des retenues d’eau pour arroser leurs céréales lorsque c’était nécessaire et aujourd’hui c’est nous les français qui descendons en Espagne quémander la matière ! L’Espagne capte et utilise 20 % de l’eau pluviale et nous la France seulement 1,7 %. Rassurons-nous le ministre a dit qu’il allait simplifier les choses : il ne faudra plus que 5 ans au lieu de 10 pour avoir une réponse négative aux projets éventuels. Et bien évidement lorsque je parle de problèmes d’eau, priorité à l’abreuvement des animaux. Je pense que s’égosiller à expliquer l’évidence devient une perte de temps, lorsque l’eau ne coulera plus au bout du robinet à Guéret, à Aubusson, à la Souterraine... certains mesurerons très rapidement nos revendications. Nous aurons perdu encore 10 ans. Quand on sait que plus de 30 % de l’eau potable se perd à cause d’un réseau vieillissant, à quoi bon empêcher les agriculteurs de faire des captages et des forages pour l’abreuvement. À quoi bon continuer de puiser sur le réseau d’eau potable pour abreuver nos animaux. Cette eau et ce réseau qui coûtent cher à toute la société.
Une société en mal de vivre, qui agresse sans cesse les agriculteurs. Pendant le confinement nous étions les bons car nous produisons l’alimentation, mais à quel prix ? Aujourd’hui nous recommençons à nous faire agresser au beau milieu de nos champs gratuitement. Cette exaspération grandissante devient insupportable et je suis désolé mais lorsque l’on nous annonce que l’acompte des aides PAC va être augmenté afin de redonner de la trésorerie dans les exploitations, nous pouvons considérer ceci comme une provocation. L’acompte comme le solde sont mangés d’avance, tellement le gouffre est en train de se creuser avec les cours de nos produits qui se cassent la figure alors que nos charges continuent d’exploser. Alors pendant ce temps Monsieur le ministre de l’Agriculture continuait de nous contrôler à tout va, moins nous sommes nombreux et plus certains administratifs se trouvent du boulot.
Il est urgent de revenir à la réalité du terrain, et que le bon sens paysan l’emporte sur la sur-administration dont nous sommes victimes.
Courage à toutes et à tous, et comptez sur la FDSEA pour défendre nos intérêts.

Christian Arvis
Président de la FDSEA de la Creuse

La Creuse Agricole
La couverture du journal La Creuse Agricole n°2301 |  0000

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