La Creuse Agricole 02 juillet 2020 à 07h00 | Par Dr Boris Boubet GDS Creuse - www.gdscreuse.fr

Une pleine application de l’Arrêté Ministériel BVD en 2020

Pour contrôler cette maladie de fort impact économique et commercial, l’arrêté ministériel du 31/07/2019 a rendu obligatoire « des mesures de surveillance et de lutte contre la maladie des muqueuses (BVD) ». Sa pleine application va se réaliser avec, en 2020, 2 dates importantes en Creuse : les 1er juillet et 1er octobre.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La BVD est une maladie virale qui se transmet par contact avec un animal infecté ou de la mère au fœtus. Selon le stade de gestation, les impacts seront différents. Si la contamination du fœtus se fait entre 1 et 4 mois de gestation, le veau peut naître IPI (Infecté Permanent Immunotolérant). Cet animal sera alors excréteur permanent de virus et va souvent mourir avant l’âge de 2 ans. Les IPI sont la principale source de contamination et de persistance du virus dans les cheptels, c’est sur eux q
La BVD est une maladie virale qui se transmet par contact avec un animal infecté ou de la mère au fœtus. Selon le stade de gestation, les impacts seront différents. Si la contamination du fœtus se fait entre 1 et 4 mois de gestation, le veau peut naître IPI (Infecté Permanent Immunotolérant). Cet animal sera alors excréteur permanent de virus et va souvent mourir avant l’âge de 2 ans. Les IPI sont la principale source de contamination et de persistance du virus dans les cheptels, c’est sur eux q - © GDS Creuse

Face à l’impact clinique et économique de la BVD, l’évolution du contexte européen, la promulgation d’un arrêté ministériel et les résultats du suivi sérologique généralisé dans notre département, GDS Creuse adapte son action pour la campagne 2020-2021.

Un impact économique individuellement variable mais collectivement important
L’impact économique de la BVD est estimé à 60 € par bovin et par an en atelier allaitant et de 10 à 19 € pour 1 000 l de lait produit en atelier laitier. Les pertes sont directes (troubles de la fécondité, augmentation des pathologies liée à l’immunodépression et des mortalités, baisse de production laitière et de croissance sur les veaux) et indirectes (augmentation de la charge de travail pour l’éleveur et entrave à la commercialisation des animaux). Le coût pour la ferme Creuse est évalué à 400 000 euros par an. En élevage allaitant, son impact économique augmente du fait, notamment de l’accroissement des troupeaux et de l’augmentation des vêlages d’automne entraînant des contaminations plus importantes pendant les périodes de stabulation.

En Europe, l’éradication se généralise avec des exigences pour les échanges
Les nombreux échanges d’animaux entre élevages et pays européens impliquent une gestion sanitaire évolutive. Avec 88 millions de bovins en Europe, le total des flux s’élève à près de 4 millions de bovins échangés par an soit 8 bovins par minute et 1 IPI (infecté permanent immunotolérant) passe une frontière toutes les 2 heures. Les demandes de garanties BVD se développent pour l’exportation. Les 4 pays nordiques, la Suisse et l’Autriche ont achevé son éradication et des programmes collectifs sont en cours en Allemagne, Belgique et Irlande. Pour les ateliers d’engraissement, notamment en Italie par rapport à nos broutards, les litiges commerciaux liés à la BVD sont en forte augmentation.

L’arrêté ministériel BVD du 31 juillet 2019
Le projet d’arrêté ministériel, validé à l’unanimité lors du CNOPSAV (Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale) du 04/07/2019 a été promulgué le 31/07/2019. Cet arrêté a pour objet de mettre en place la première étape du programme d’éradication avec la mise en place obligatoire des actions suivantes :
1. Surveillance de tous les troupeaux (recherche directe du virus sur tous les veaux à la naissance ou analyses sérologiques). Un troupeau est déclaré « Infecté » s’il présente au moins un animal virémique ou une sérologie positive.
2. Assainissement des troupeaux infectés. Les IPI sont la principale source de virus et de contamination des troupeaux. Le plan d’éradication s’appuie sur leur repérage précoce, leur isolement immédiat et leur élimination rapide.

En Creuse, pour la campagne 2020-2021, un dépistage par prélèvement de cartilage auriculaire généralisé, avec, au 1er juillet 2020, la boucle BVD pour tous…
Après 3 années de surveillance sérologique des troupeaux, devant un taux significatif de cheptels avec des sérologies positives et la baisse du coût des analyses virologiques, le conseil d’administration de GDS Creuse a opté pour la recherche directe du virus sur les veaux à la naissance. Au 01/07/2020, les boucles fournies par l’EDE comporteront pour chaque veau une boucle conventionnelle et une boucle à prélèvement de cartilage, avec une pince dédiée à la pose des boucles BVD. Le surcoût de la boucle est de 1,05 €.

… et à partir du 1er octobre 2020, tous les veaux à dépister à la naissance
À partir du 01/10/2020, tous les veaux seront à tester dans les 20 jours suivant leur naissance, soit avec la boucle BVD, soit, s’il vous reste des boucles conventionnelles, avec des boutons de prélèvement de cartilage commandés auprès de l’EDE.
À réception des résultats, plusieurs situations sont possibles :
- Le résultat est « non détecté » (dans la très grande majorité des cas), le virus n’est pas présent dans le prélèvement et votre veau sera qualifié non-IPI ainsi que sa mère.
- Le résultat est « détecté », votre veau est infecté et contagieux pour le troupeau, le premier réflexe sera de l’isoler. S’il est confirmé IPI, il sera à éliminer sous 15 jours vers l’abattoir ou à euthanasier. Pour vous accompagner, GDS Creuse, dans le cadre de sa mutuelle sanitaire, prendra en charge les frais d’euthanasie et vous versera une aide à l’élimination si celle-ci est intervenue dans les délais. Par ailleurs, cela indiquera une circulation virale dans votre troupeau qui prendra le statut de « troupeau infecté » et un plan d’assainissement sera mis en place. En relation avec votre vétérinaire sanitaire, un accompagnement technique sera réalisé par GDS Creuse.

Un accompagnement financier de GDS Creuse et de ses partenaires
Le surcoût de la boucle reste à votre charge. Le mutualisme GDS Creuse intègre les autres frais : analyses des cartilages et d’éventuelles prises de sang, euthanasie et indemnisation des IPI. Les moyens financiers mobilisés proviennent de vos cotisations, de fonds de réserve GDS Creuse et FMGDS, des tarifs analytiques préférentiels du LDA d’Ajain dans le cadre de la convention avec le Conseil Départemental.
En parallèle, compte-tenu de l’enjeu sanitaire et économique pour la filière, un dossier de demande d’aide a été déposé auprès du Conseil Régional afin d’obtenir un reste à charge le plus faible possible pour les éleveurs (cf. communiqué de presse du 27/05/2020).

Un statut sur l’ASDA pour faciliter les mouvements
Les statuts des bovins testés vont apparaître rapidement sur les ASDA afin de garantir les échanges. Pour les veaux, l’ASDA sera éditée à la réception du résultat du bouclage auriculaire. Lors des mouvements, les services de GDS Creuse vérifieront le statut de l’animal afin de le faire figurer sur l’ASDA des animaux introduits.

Une mobilisation de chacun nécessaire pour une réussite collective
L’assainissement BVD sera au cœur de notre action dans les mois à venir. La réussite repose sur une adhésion collective et le respect des mesures sanitaires de base. Vous allez recevoir un 4 pages « Dépistage BVD par prélèvement de cartilage auriculaire. Pourquoi ? Comment ? ». Comme habituellement, nous allons vous tenir informés très régulièrement sur l’évolution et les résultats de ce plan. Pour plus de renseignements, consultez notre dossier BVD sur notre site, onglet « Actions – BOVINS », n’hésitez pas à en discuter avec votre vétérinaire ou à nous consulter.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Creuse Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

La Creuse Agricole
La couverture du journal La Creuse Agricole n°2292 | juillet 2020

Dernier numéro
N° 2292 | juillet 2020

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui