La Creuse Agricole 09 octobre 2020 à 07h00 | Par A.M.

Un dialogue ouvert et constructif

Rencontre avec la ministre de la Cohésion des territoires et des collectivités territoriales.

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Séverine Bry, Christian Arvis, Virginie Darpheuille et Jacqueline Gourault.
Séverine Bry, Christian Arvis, Virginie Darpheuille et Jacqueline Gourault. - © AM

Au cours de la visite ministérielle de Jacqueline Gourault en Creuse le vendredi 1er et le samedi 2 octobre dernier, les syndicats agricoles n'ont pas manqué l'occasion pour obtenir un entretien avec la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Une rencontre a eu lieu à la préfecture à laquelle participaient la préfète Virginie Darpheuille, le député Jean-Baptiste Moreau, la FDSEA représentée par son président Christian Arvis et la secrétaire générale Séverine Bry, les JA avec son président Michael Magnier, ainsi que les responsables de la Coordination Rurale.
Cet entretien relativement court de 45 minutes a tout de même permis d'aborder de nombreux sujets et notamment la crise bovine, le renouvellement des générations, la PAC, le Référendum d'Initiative Partagé et bien d'autres encore.
Face à une ministre très attentive aux problématiques agricoles, les présidents de la FDSEA et des JA ont engagé un dialogue constructif et très ouvert. À commencer par le Référendum d'Initiative Partagé pour les animaux, lancé début juillet par les promoteurs de la cause animale qui réclament notamment l'interdiction de l'élevage des animaux en cage, en case, en stalle ou en box.
Le président des JA Michael Magnier a tenu à rappeler que « si ce projet de loi venait à être voté et adopté, cela signifierait purement et simplement la fin de l'élevage nos régions ».
Pour la ministre de la Cohésion des territoires, elle a indiqué qu'elle était aussi « la ministre de la ruralité » et qu'elle était issue du monde agricole dont certains membres de sa famille étaient dans le négoce de bétail et l'un de ses fils était également boucher. Tout en rappelant qu'elle était fortement défavorable à ce projet, elle avait à plusieurs reprises évoqué ce sujet avec son collègue de l'Agriculture Julien Denormandie qui reste très attentif à cette initiative, « sans se laisser pour autant entraîner dans cette pente ».
Pour le président Christian Arvis, « la Creuse est avant tout un département agricole, l'élevage bovin représente 80 % de son activité et entretient son territoire. Ce référendum ne fait que discréditer notre élevage et signerait la fin de mon métier ».
Un sujet qui arrive au moment même où l'élevage subit une crise sans précédent, alors que les EGA devaient - en théorie - atténuer conforter les revenus agricoles en prenant en compte les coûts de production des éleveurs. Or force est de constater qu'à ce jour, rien n'a été mis en oeuvre pour résoudre cette problématique.
« Avec un revenu moyen de 350 EUR, nous sommes attaqués de toutes parts, avec intrusions sur nos exploitations, des agressions physiques, des mutilations sur nos animaux. Aujourd'hui les éleveurs ne supportent plus cette situation, il se pourrait bien que la poudre parle avant l'arrivée des gendarmes » prévient le président de la FDSEA.
Pour Jacqueline Gourault « il est du devoir du Gouvernement d'agir pour rétablir la loi et en particulier dans ces circonstances ».
Les responsables agricoles ont également évoqués les accords de libre-échange du CETA et du Mercosur qu'ils jugent « inadmissible d'importer de la viande étrangère qui ne respecte pas les normes européennes et notamment sur le plan sanitaire. C'est un véritable dumping et l'agriculture ne doit pas être la variable d'ajustement des accords sur les produits industriels ».
Le député Jean-Baptiste Moreau a quant à lui rappelé, que la dénomination « steak » était inappropriée pour les produits d'origine végétale et que le décret visant à interdire cette dénomination pour ces produits devrait être signé sans tarder.
Parmi les autres sujets évoqués, les négociations actuelles sur la prochaine réforme de la PAC, dont les responsables agricoles craignent d'une part une remise en cause du zonage des ICHN et d'autre part, le glissement de la gestion des aides du 2e pilier aux conseils régionaux .
L'entretien s'est conclu sur la proposition une éventuelle visite du ministre de l'Agriculture dans les semaines à venir en Creuse.

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