La Creuse Agricole 31 août 2010 à 08h26 | Par M. Tricoci

Sommeil - Le ronflement n’est pas inéluctable, quand il est bien diagnostiqué

Il ronfle comme une tronçonneuse, elle fait des apnées du sommeil, il est toujours fatigué… On fait chambre à part, c’est insupportable.

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A gauche, partie du visage qui ne présente pas de problématique particulière pour le sommeil. C’est le contraire à droite.
A gauche, partie du visage qui ne présente pas de problématique particulière pour le sommeil. C’est le contraire à droite. - © M. Tricoci

Certains ronflements peuvent atteindre une intensité de 90 à 100 dB, l’équivalent du passage d’un camion à proximité. Pourquoi ronfle-t-on ? Le ronflement est causé par l’air qui, lors de son passage, fait vibrer les tissus mous de la gorge : la luette, les amygdales, les adénoïdes et même la langue peuvent être en cause. La source du ronflement dépend de quel tissu vibre ou dérange le passage de l’air lors de l’inspiration. Les causes de ronflement sont multiples. Et l’on peut même se mettre à ronfler lorsque l’on est enrhumé : le gonflement des tissus du nez et de la gorge provoque les mêmes effets. En fin de grossesse, certaines femmes sont aussi sujettes à développer un ronflement, car le haut taux d’hormones relié à la grossesse peut causer un léger gonflement des tissus du cou.

 

Les hommes plus touchés que les femmes ?

Selon l’association Sommeil et Santé, le ronflement est une nuisance fréquente puisqu’on estime que plus de 40 % des adultes de plus de 50 ans ronflent de manière régulière. Il est plus fréquent chez l’homme d’âge moyen mais, à la ménopause, il devient aussi fréquent pour les deux sexes. La perte de tonus musculaire des tissus entourant la gorge peut aussi être en cause, suite à la consommation fréquente et excessive d’alcool. L’excès de poids favorise l’accumulation de graisse au niveau du cou et contribue au ronflement. Il peut même en être la cause primaire. Le ronflement peut aussi être associé à une maladie plus sérieuse qui se nomme « apnée du sommeil ».

 

D’abord, il faut savoir comment on ronfle. Si le son est d’amplitude égale et continu, c’est plutôt bénin. Si le bruit est cyclique, d’amplitude variable avec des périodes silencieuses, là, il est préférable d’en parler à son médecin traitant. Il faut aussi s’interroger sur sa permanence, s’il s’arrête en fonction des positions du dormeur, s’il est associé à une grande fatigue le matin… Car, selon les cas, les spécialistes qui pourront cerner et régler le problème du ronflement seront différents.

 

Même s’il prête à sourire (ou à s’énerver), le ronflement peut être le symptôme d’une maladie : la rhonchopathie. Elle débouche sur des apnées obstructives du sommeil. Le ronflement entraîne une privation d’oxygène pendant le sommeil. Elle est d’autant plus sévère que le bruit émis est intense. Il faut être tout particulièrement vigilant avec les enfants qui ronflent de manière fréquente, cette maladie étant plus grave pour eux. D’ailleurs, on sait aujourd’hui que, dans 40 % des cas, les troubles respiratoires nocturnes sont d’origine génétique. L’orthodontiste devra donc anticiper l’apparition de ces troubles chez les jeunes enfants en intervenant sur la croissance faciale, en proposant notamment un traitement orthodontique qui aménage une cavité respiratoire plus importante.

 

Qui soigne la rhonchopathie ?

La prise en charge des patients souffrant d’apnée du sommeil et de ronflement est pluridisciplinaire. Pneumologues, neurologues, ORL, cardiologues, stomatologues, chirurgiens-dentistes et orthodontistes vont être amenés à collaborer, à travailler en réseau pour dépister, diagnostiquer, poser l’indication et éventuellement équiper le patient d’une orthèse d’avancée mandibulaire. L’échange d’opinions et d’expertises permettra d’offrir au patient la solution la plus adaptée à sa pathologie. Parfois, un appareil souple peut éliminer le problème en modifiant légèrement le placement de la langue ou des mâchoires (orthèses d’avancement lingual ou mandibulaires). Un dilatateur narinaire, en apportant plus d’air peut limiter le ronflement du dormeur. Mais il peut être nécessaire, dans certains cas, de pratiquer un acte plus « invasif » comme une réduction du volume des tissus pharyngés par radiofréquence. Il est intéressant d’aller consulter dans un hôpital ayant une unité spécialisée dans les troubles du sommeil pour que le ronflement ne soit plus une fatalité.

Comment lutter contre le ronflement

Pour juguler un ronflement bénin, il faut essayer de dormir sur le côté. Certains praticiens préconisent de coudre une bille ou une petite balle dans le dos du pyjama… Ainsi, dormir sur le dos devient inconfortable et on ronfle moins quand on est sur le flanc. On peut aussi essayer de dormir avec la tête surélevée. Il suffit parfois d’ajouter un autre oreiller ou d’élever la tête du lit. Un régime peut être indiqué en cas de surcharge pondérale, tout comme la diminution de la consommation d’alcool et de tabac. La consommation de somnifères est également à surveiller. Ces derniers peuvent ralentir le rythme de la respiration durant le sommeil et provoquer des ronflements. Si ces changements n’y font rien, il faut alors aller consulter.

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