La Creuse Agricole 31 août 2010 à 08h13 | Par Sophie Giraud

Santé humaine - Femmes et tabac, une liaison à haut risque

Le tabagisme des femmes augmente régulièrement. La moitié des femmes entre 18 et 24 ans fument. Cela les expose au risque de cancer, infarctus, et à des pathologies spécifiquement féminines.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La moitié des jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans sont fumeuses.
La moitié des jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans sont fumeuses. - © D.R.

On a beau nous coller sous les yeux les images les plus épouvantables qui soient, nous raconter les parcours atroces de malades, qui des années durant, ont eu pour compagne la nicotine, rien n'y fait, on tient à notre cigarette. à moins que ce ne soit le contraire. Pour beaucoup de spécialistes, celle que l'on nomme familièrement la clope, constitue en effet une forme d'asservissement, une prison enfumée. Pour la plupart des fumeurs, la cigarette est une béquille, un plaisir capable d'apporter bien-être et détente instantanément, de donner du cœur à l'ouvrage ou encore de surmonter une situation difficile. Comment dans ce cas imaginer vivre sans ? Quand fumer, au même titre que manger, rythme des moments précis de la journée ? Est-ce possible de bouleverser les habitudes sans pour autant devenir hystérique à l'idée de ne plus pouvoir tirer sur sa clope, sans se jeter sur le placard à gâteaux, sans transformer la vie de son entourage en enfer ?

 

Oui, répondent ceux qui ont réussi à arrêter. Mais à une seule condition : celle de combiner volonté et motivation. « Tant qu'une personne se trouve dans la phase du fumeur heureux qui ne se pose pas de questions, la pression de l'entourage familial n'a aucune chance de lui faire lâcher la cigarette, constate le Docteur Véronique Peim, addictologue. Mais à partir du moment où elle s'intéresse à ceux qui ont arrêté de fumer et leur demande comment ils y sont parvenus, elle est sur la bonne voie ».

 

Pas égales aux hommes devant la cigarette

Si la remise en cause de l'intérêt de fumer est un premier pas vers le sevrage, force est de constater que les femmes ne devraient pas hésiter une seconde à tenter la vie sans tabac. Une fois n'est pas coutume, en matière de tabagisme non plus, elles ne sont pas égales à l'homme. En plus des pathologies cardio-vasculaires liées directement à la consommation de tabac, leur physiologie de femmes expose les fumeuses à d'autres risques. La nicotine met en péril l'équilibre hormonal de tout l'organisme et compromet plus particulièrement la production d'œstrogènes, hormones exclusivement féminines, sécrétés par les ovaires. Chaque fois que vous allumez une cigarette, vous « grillez » vos chances d'avoir un bébé. C'est prouvé : les fumeuses mettent trois à quatre fois plus de temps à être enceinte que les non-fumeuses. Et quand vous y parvenez, le risque de grossesse extra-utérine est multiplié par 1,5 et celui des fausses couches par 3. En effet, un manque d'œstrogènes influe sur la qualité de la paroi utérine, ainsi que sur le flux sanguin indispensable à la nidation.

 

Tabac et pilule : un cocktail risqué

« Le risque d'infarctus, autrefois réservé uniquement à l'homme, est maintenant multiplié par 10, et celui d'accident vasculaire cérébral par 22. Tabac ou pilule, il faut choisir ! », précise le docteur Anne de Kervasdoué dans « Questions de femmes », aux éditions Odile Jacob. C'est pour cette raison que les gynécologues prescrivent de moins en moins la pilule à une fumeuse de plus de 40 ans. La ménopause, causée principalement par l'arrêt progressif de production d'œstrogènes, se manifeste entre 50 et 60 ans chez la femme. L'action conjuguée de la nicotine et du vieillissement physiologique naturel peut anticiper la ménopause de deux ou trois ans, avec pour incidence une ostéoporose accentuée, puisque les œstrogènes jouent également un rôle essentiel dans la trame osseuse. En fumant, le risque de fractures, et principalement celle du col du fémur, est considérablement augmenté.

 

En matière de cancer, les femmes s'exposent aux mêmes risques que l'homme tabagique, mais en plus, elles multiplient les risques de cancers féminins, notamment celui du col de l'utérus. La principale raison avancée : la nicotine fragilise la glaire cervicale et la rend plus sensible aux attaques des cellules cancéreuses. La liste des méfaits du tabac est longue. De quoi susciter l'envie d'arrêter. Reste à franchir le pas. Des structures peuvent aider dans cette démarche. Pour plus d'informations, contactez Tabac info service au 39 89 ou connectez-vous sur le www.tabac-info-service.fr.

 

Votre avis nous intéresse
Cette rubrique est la vôtre. N’hésitez pas à nous laisser des commentaires à l'adresse mail suivante : s.giraud@reussir.tm.fr

Malgré les campagnes de lutte contre le tabac, la consommation reste relativement stable.
Malgré les campagnes de lutte contre le tabac, la consommation reste relativement stable. - © D.R.

Tabac et beauté, une peau fragilisée

Sur le plan esthétique, les résultats sont loin d'être à l'avantage. La peau du visage devient terne et perd de sa souplesse. Les fameuses rides de la patte-d'oie sont plus précoces chez les fumeuses : le tabac stimule la production de radicaux libres. Ces derniers dégradent l'élastine et le collagène, principaux composants du derme.

 

De plus, la nicotine obstrue les vaisseaux et entraîne une mauvaise oxygénation des tissus. On reconnaîtra également un gros fumeur à ses doigts : ils sont jaunes et les ongles sont tachés. Cette imprégnation locale est due aux goudrons et à la nicotine. Enfin, la nicotine laisse des traces grisâtres sur les dents et altère l'haleine.

- © D.R.

Un livre pour aider au sevrage : La méthode Allen Carr

Lire un livre pour arrêter de fumer, l'idée peut paraître saugrenue, mais force est de constater que la méthode peut s'avérer concluante. « La méthode simple pour en finir avec la cigarette » d'Allen Carr est un best-seller vendu à plus de sept millions d'exemplaires dans le monde. Selon Allen Carr, la dépendance chimique est facile à supporter, il en veut pour preuve que le fumeur, même invétéré, ne se réveille pas pour fumer la nuit et reste ainsi parfois plus de 10 heures sans en « griller » une... Pour cet ancien expert-comptable, la source de la dépendance est liée avant tout au lavage de cerveau qui nous a amenés à fumer : on fait comme les autres, dès l'adolescence, même si nous n'y trouvons aucun plaisir. Au fur et à mesure de l'emprise plus forte de la nicotine, ce lavage de cerveau s'intensifie ! Au fil des pages de son ouvrage, il détruit une à une les idées reçues pour amener le fumeur à une réelle prise de conscience.

 

L'ouvrage flirte parfois avec le lavage de cerveau, mais c'est pour la bonne cause. Franchement en fermant le livre, on a plus vraiment envie d'en rallumer une.

 

Pocket Editions, 6,90 euros.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Creuse Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui