La Creuse Agricole 08 avril 2021 a 07h00 | Par Aurélie DEFRENAIX - ASPNA Dr Boris BOUBET - GDS Creuse - www.gdscreuse.fr

Sanitaire porcin : Une situation départementale favorable, la biosécurité face aux menaces

Prophylaxies porcines, biosécurité en élevage, analyses sur les sangliers font partie des sujets abordés lors de la réunion de la section porcine de GDS Creuse du 19 mars 2021. La situation départementale continue d’être favorable mais il convient de rester vigilant face aux nouvelles menaces.

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La progression de la fièvre porcine en Europe est inquiétante pour la filière porcine. Au 15 mars 2021, 812 cas répartis dans 4 secteurs ont été recensés en Allemagne, tous sur des sangliers. Mais la menace est plus globale, puisqu’un simple sandwich abandonné sur une aire de repos et consommé par un sanglier peut permettre la création d’un foyer partout en Europe.
La progression de la fièvre porcine en Europe est inquiétante pour la filière porcine. Au 15 mars 2021, 812 cas répartis dans 4 secteurs ont été recensés en Allemagne, tous sur des sangliers. Mais la menace est plus globale, puisqu’un simple sandwich abandonné sur une aire de repos et consommé par un sanglier peut permettre la création d’un foyer partout en Europe. - © Plate-forme ESA

En Creuse, les prophylaxies en espèce porcine sont essentiellement centrées sur le SDRP (Syndrome Dysgénésique Respiratoire Porcin) et la maladie d’Aujeszky.

La France indemne d’Aujeszky depuis 2008, d’où un allégement des contrôles
La France continentale est reconnue indemne de maladie d’Aujeszky chez les porcs domestiques depuis le 28 mars 2008. La découverte de foyers dans des élevages de sangliers dans l’Allier en 2020 et dans un petit élevage plein air des Hautes-Alpes en 2021 vient rappeler que le risque de réémergence est toujours présent, souvent en relation avec la faune sauvage. Par ailleurs, plusieurs signalements de chiens de chasse infectés ont été remontés cette année en région Aquitaine. C’est pourquoi la surveillance sérologique est maintenue dans les élevages de sangliers, les élevages plein-air (risque d’introduction par les sangliers sauvages) et les élevages de sélection-multiplication (fort risque de diffusion). Dans les autres élevages, la surveillance sérologique a été supprimée.

Le SDRP, un danger sanitaire majeur pour les porcs…
Le SDRP est une maladie virale contagieuse surtout par contact direct entre animaux mais également possible par voie aérienne, par les camions de transport et par la semence. Le virus induit des troubles de la reproduction et l’apparition d’un syndrome grippal notamment en engraissement, avec une altération pendant plusieurs mois des performances de l’élevage. Cette maladie est présente dans plusieurs régions françaises, un foyer en élevage a été mis en évidence en mars 2020 en Dordogne et des foyers persistent en élevage de sangliers et en atelier d’engraissement en Poitou-Charentes.

… avec une prophylaxie systématique en Creuse…
En Creuse, le dépistage se pratique dans tous les élevages sur un échantillonnage d’animaux. Les contrôles se réalisent entre mars et novembre. En 2020, les 102 élevages concernés ont été contrôlés et ont présenté des résultats négatifs. Les adhérents GDS Creuse bénéficient des attestations d’apport de garantie SDRP leur permettant l’accès à toutes les filières commerciales. Toutes les zones pouvant fournir des animaux ne possèdent pas un statut favorable par rapport au SDRP. Face à une pathologie pouvant avoir un fort impact économique, une vigilance accrue est fondamentale lors d’introduction, elle s’appuie sur la connaissance du statut du cheptel d’origine.

… et une harmonisation régionale
Dans le cadre d’un rapprochement Nouvelle-Aquitaine, les différentes structures sanitaires porcines (Arepsa, OS Porc Poitou-Charentes, sections porcines des GDS) se sont réunies pour créer l’Association Sanitaire Porcine Nouvelle-Aquitaine (ASPNA). L’objectif de cette nouvelle structure est d’harmoniser et d’organiser la prophylaxie SDRP et Aujeszky au niveau de la région, en concertation avec les DDCSPP locales, et d’accompagner les éleveurs sur les dossiers de biosécurité, au travers de formations et d’audits. Le financement de ces actions se fera par une cotisation prélevée à l’abattoir ou d’un forfait pour les petits détenteurs. GDS Creuse sera le coordinateur des actions du Limousin.

La fièvre porcine africaine (FPA)…
La FPA n’est pour le moment pas présente en France mais son émergence inquiète. Cette maladie virale se transmet « de groin à groin » ou par les restes alimentaires. Elle se manifeste de manière variable suivant le pouvoir pathogène du virus ou le stade physiologique des animaux. Elle peut s’exprimer sous une forme suraigüe et mortelle en moins de 48 h à une forme chronique atténuée, en passant par des formes fébriles associant des troubles digestifs, respiratoires, hématologiques et nerveux. Seule l’analyse de laboratoire permet de faire la distinction entre la peste porcine classique (PPC) et la fièvre porcine africaine. Il n’existe pas de vaccin et la prévention passe par des mesures de biosécurité. En cas de foyer avéré, l’abattage reste la seule solution.

… avec une circulation importante en Europe
Identifiée en 2007 en Géorgie, la FPA s’est disséminée dans le nord-est de l’Europe et en Russie avec des pertes directes estimées à plus de 65 millions d’euros. Depuis 2014, elle progresse dans l’Union européenne depuis les zones frontalières et une diffusion « en tâche d’huile ». La découverte de sangliers morts en Belgique en septembre 2018 a confirmé le risque lié aux mouvements d’animaux ou aux denrées alimentaires contaminées. Les mesures mises en place ont permis l’assainissement du foyer et la Belgique a retrouvé son statut de pays indemne le 20 novembre 2020. En Allemagne, un premier cas a été découvert près de la frontière polonaise le 10 septembre 2020 et la progression est inquiétante, avec 812 cas déclarés dans 4 secteurs distincts, tous sur des sangliers.

Des mesures sanitaires pour freiner la diffusion
Pour contrer l’avancée de la maladie, plusieurs mesures ont été mises en place :
- L’installation de clôtures de confinement autour des foyers en Allemagne.
- Les voyageurs sont sensibilisés aux restes alimentaires, notamment de charcuterie, pouvant être des vecteurs du virus s’ils sont distribués à des porcs ou abandonnés dans la nature et consommés par des sangliers.

L’arrêté ministériel du 16 octobre 2018 qui renforce les mesures de biosécurité dans les élevages
Pour contrer la menace de ces maladies sur l’élevage porcin, l’arrêté ministériel complété par l’instruction technique du 15/05/2019 met l’accent sur plusieurs points : interdiction de distribuer des restes alimentaires aux porcins, maîtrise des contacts entre les porcs et l’extérieur, formation d’un référent biosécurité porcine avant le 31 décembre 2019 dans toutes les exploitations professionnelles et mise en place de systèmes de protection vis-à-vis des sangliers pour tous les détenteurs depuis le 1er janvier 2021. Pour les personnes non encore formées, GDS Creuse, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de la Creuse, organise des formations de rattrapage, la prochaine ayant lieu le 20 avril 2021. Pour aider les éleveurs dans la mise aux normes de leurs installations, le Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine a lancé à l’été 2020 un appel à projet. 885 000 € ont été versés aux éleveurs, la Creuse arrivant en deuxième position des départements bénéficiaires.
Les sangliers sauvages surveillés vis-à-vis de la trichinellose, de la maladie d’Aujeszky et de la brucellose porcine
Les sangliers, source potentielle de contamination des élevages de porcs en plein-air, sont en suivi triennal dans le cadre du contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Tous les résultats trichinellose se sont avérés négatifs et, pour la maladie d’Aujeszky après une alerte en 2009/2010, les résultats sont depuis négatifs. La seule menace identifiée en matière de contamination par la faune sauvage est celle des sangliers avec la brucellose porcine pour les élevages plein-air de truies. Des sérologies brucellose sont effectuées et il en ressort un taux de positifs de 47 %. Ce résultat confirme la circulation bactérienne chez les sangliers et justifie les nécessaires mesures de protection des porcs de plein-air.

Une étape de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! » pour un intérêt individuel et collectif
En Creuse, le maintien de cette situation globalement favorable passe par un engagement de chacun en matière de maîtrise des risques sanitaires avec pour objectif un bénéfice sanitaire individuel et collectif. Bien que ne représentant que 6 % des élevages de Nouvelle-Aquitaine, cela nous permet de maintenir notre production porcine. Avec les professionnels regroupés au sein de sa section porcine, GDS Creuse, désormais partenaire de l’ASPNA, s’investit avec un accompagnement technique (gestion des prophylaxies en relation avec la DDCSPP, attestations SDRP, formation biosécurité…) et financier (tiers-payant, fonds de solidarité Aujeszky et SDRP…). Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.

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