La Creuse Agricole 27 novembre 2013 à 18h00 | Par Dr Didier Guérin

Sanitaire - Grande douve et paramphistome, raisonner chaque année son plan de lutte

La saison hivernale représente une période stratégique de gestion de la grande douve et du paramphistome. Cela implique un raisonnement précis de son plan de lutte sous peine de conséquences sanitaires.

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 © GDS Creuse La stratégie de lutte prend en compte le cycle du parasite, les pics d’infestation et les risques zootechnique et clinique que cela engendre dans son élevage. © GDS Creuse

Depuis les années 80, une certaine «focalisation» sur le paramphistome a été observée avec une moindre considération de la grande douve pourtant beaucoup plus débilitante.

 

La grande douve, un parasite à impact «économique» réel mais mal identifié dans certains élevages
La fasciolose (maladie provoquée par la grande douve) se caractérise par une grande discrétion clinique mais avec un impact chronique entraînant des pertes de production : retard de croissance, défaut de fertilité (IVV augmenté), réduction de la quantité et de la qualité du lait, augmentation de la sensibilité aux maladies et en particulier plus grande fréquence des maladies néonatales chez les veaux issus de mères douvées… Un foie de bovin parasité héberge 20 à 50 grandes douves adultes au maximum. Cela suffit pour entraîner des impacts notables sur les bovins concernés.

 

Le paramphistome, un parasite à effet «cumulatif» au cours des saisons
La paramphistomose (maladie induite par le paramphistome) est surtout présente aujourd’hui en Creuse sous sa forme chronique. Elle est due à l’effet cumulatif (plusieurs centaines à milliers de parasites dans la panse) des infestations au cours des saisons, elle est possible du fait de la longévité du parasite (5 à 7 ans). On observe des symptômes peu caractéristiques. La météorisation chronique est souvent le signe d’appel. La diarrhée arrive tardivement, elle est précédée par des phases d’émission de matières fécales molles. La forme aiguë est caractérisée par une diarrhée liquide noirâtre ou brun verdâtre d’apparition brutale en fin de printemps ou fin d’automne.

 

Une évaluation de l’infestation basée sur l’épidémiologie et l’éventail diagnostique
La grande douve doit être prioritairement identifiée. La recherche d’œufs dans les bouses s’avère une méthode peu sensible pour la grande douve chez les bovins du fait d’une excrétion dans les matières fécales faible, aléatoire et tardive. Les résultats coprologiques négatifs n’autorisent aucune conclusion. Le diagnostic sérologique présente de bonnes sensibilité et spécificité et est donc à privilégier. Les anticorps sont détectables 15 jours après l’infestation et persistent 12 semaines après la disparition des parasites. La possibilité d’utilisation de sérologies de mélange sur sang (notamment sur les prélèvements de prophylaxie) ou lait permet un diagnostic à coût très limité. Pour la paramphistomose, en l’absence de test sérologique, le diagnostic lors de la phase chronique repose sur la coproscopie. Du fait de la variabilité d’excrétion des individus et d’un individu au cours du temps, les prélèvements devront concerner plusieurs animaux.

 

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La suite est à lire dans la Creuse agricole et rurale du 22 novembre 2013.

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