La Creuse Agricole 19 janvier 2020 à 07h00 | Par P. Dumont

S’exprimer pour préserver la proximité

Les élections MSA se dérouleront entre le 20 et le 31 janvier. En Limousin, plus de 50 000 personnes sont appelées à voter. La MSA du Limousin les encouragent à s’exprimer massivement pour choisir leurs délégués cantonaux.

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De gauche à droite : Guy Faugeron, président de la MSA Limousin, Eric Dalle, directeur, et Bernard Tournadour, vice-président.
De gauche à droite : Guy Faugeron, président de la MSA Limousin, Eric Dalle, directeur, et Bernard Tournadour, vice-président. - © P. Dumont

Depuis l’insertion du régime social des indépendants (RSI) dans le régime général de protection sociale, les élections MSA font figure d’exception. Dès la semaine prochaine et durant 11 jours, 2,5 millions d’électeurs au niveau national sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants locaux. En Limousin, 52 525 ressortissants MSA éliront 472 délégués cantonaux parmi 829 candidats. Fait notable, avec le redécoupage des cantons consécutif à la loi NOTre, le nombre global de délégués a baissé de façon drastique (de 25 000 à 15 000 au niveau national). « Aujourd’hui la MSA est le seul régime de protection sociale qui assure une mission de service public du dernier kilomètre, rappelle le président de la MSA, Guy Faugeron. Aussi, il est nécessaire de voter et maintenir le taux de vote. » Pour les responsables en place, il s’agit là de conserver une position forte et par-delà, des moyens humains et financiers. « Lors des précédentes élections, le taux était de 37,5 %, précise Eric Dalle, directeur de la MSA Limousin. Nous nous sommes fixés comme objectif une augmentation de 10 %. C’est très ambitieux mais possible d’autant que, par rapport aux précédentes élections, le vote électronique s’est démocratisé. » Traditionnellement plus faible, c’est la participation du collège 2 (salariés) qui est particulièrement attendue. La tâche ne sera pas aisée, la tendance générale montrant une désaffection pour le vote dans la société ainsi qu’une certaine défiance vis-à-vis des organisations. « La MSA c’est quand même un guichet unique et de proximité pour l’ensemble des prestations sociales de la naissance jusqu’à la retraite, précise Bernard Tournadour, vice-président (collège 2). Les salariés n’ont pas forcément conscience de tout ça. » Face à ce désamour pour l’acte démocratique, la MSA met en avant la proximité sur le terrain et son action en direction d’une population plus large que la population agricole. « Les élus assurent un premier niveau de renseignement voire de sur le terrain, détaille Guy Faugeron. Ce rôle de sentinelle est essentiel et nous formons nos délégués au repérage de personne en grande difficulté sur le terrain. » Pour le vote, deux possibilités : le vote par correspondance et le vote en ligne. « Même si la dématérialisation est de plus en plus présente, il existe des populations qui ont besoin d’un contact physique, reprend Eric Dalle. D’autre part, avec le développement des maisons France Services, la MSA entend bien être pro-active sur les projets à venir. » Une première maison est d’ores et déjà prévue à Aubusson avec pour pilote la MSA Limousin en partenariat avec la CAF, la CPAM, la CARSAT… Durant le mandat 2015-2019, plus de 300 actions ont été initiées ou soutenues par les délégués cantonaux dans les domaines de la santé, de la famille et de l’enfance, de la santé sécurité au travail ou encore à destination des seniors.

Guy Faugeron, président de la MSA du Limousin.
Guy Faugeron, président de la MSA du Limousin. - © P. Dumont

À l’occasion des élections MSA qui débuteront le 20 janvier, l’actuel président de la MSA Limousin, Guy Faugeron, est revenu sur son parcours et son engagement au sein de la MSA.

Vingt-cinq années d’engagement

Depuis son élection en tant que délégué communal à Saint-Merd-la-Breuille en 1994, puis en tant qu’administrateur départemental à partir de 2005, Guy Faugeron a vécu tous les bouleversements de l’agriculture et de son régime de protection sociale. « Mon père était administrateur à la MSA et lorsqu’il a souhaité arrêter, on m’a proposé de m’engager localement moi aussi, explique-t-il. J’avais repris la ferme huit ans plus tôt, à la retraite de mes parents et après avoir travaillé onze ans chez Michelin. Depuis lors, j’ai suivi tous les projets de fusion, les restructurations et les restrictions de moyens, etc. Aujourd’hui, la MSA est toujours là et pour que cela perdure, nous devons continuer à nous investir. » En ligne de mire du président, les élections qui débutent et un objectif principal : encourager la participation des électeurs. « Depuis mes débuts en tant que délégué communal, j’ai vu les difficultés des agriculteurs monter en puissance. Il faut poursuivre le travail car il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment en matière sanitaire et sociale, reprend le président. Je suis aujourd’hui retraité mais la force de mon engagement reste la même. Le développement de l’offre de services sur les territoires me tient particulièrement à cœur. » Comme le rappelle l’élu, durant les cinq ans de son mandat, beaucoup de projets ont pu être menés à bien : restructuration de l’offre de services, mutualisation de moyens avec la Dordogne et le Lot-et-Garonne, restructuration immobilière également à Guéret et réfection à Limoges. « Nous nous sommes beaucoup investis dans le travail avec les autres organisations professionnelles. On peut citer comme exemple la mise en place du dispositif Agri-accompagnement qui vient en aide aux agriculteurs fragilisés, en collaboration avec les chambres d’agriculture. C’était aussi une de mes volontés durant ce mandat que de réunir toutes les OPA autour de la table pour définir ensemble les critères d’attribution des enveloppes de prise en charge de cotisations lors des crises telles que la grippe aviaire ou les épisodes de sécheresse, souligne Guy Faugeron. Je ne voulais pas que l’on fasse du saupoudrage. Je me félicite que nous ayons pu trouver un consensus avec, à la base, toujours le critère social. » Dernier projet en date, la création prochaine avec la MSA en tête de pont, d’une première maison France Services en Creuse, dispositif devant remplacer les maisons de services au public (MSAP) déjà en place. Pour Guy Faugeron, durant la prochaine mandature qui s’annonce, les projets seront nombreux. « Je crois au développement sur les territoires, poursuit-il. La MSA se doit d’être moteur et tout ce que nous mettons en place au quotidien ne se ferait peut-être pas sans nous... Ce n’est pas simple car les moyens sont contraints et on nous demande toujours plus. Un président seul n’est rien, c’est le collectif le vrai moteur de notre action. Je vois plus le président dans un rôle de facilitateur en particulier dans les dossiers complexes. C’est aussi une sentinelle sur le territoire au même titre que l’ensemble des délégués. Concernant les projets à venir, une de nos ambitions est d’aller plus loin dans le regroupement de notre offre de services pour toujours plus de proximité ». D’ici là, Guy Faugeron appelle les électeurs à participer au scrutin par voie postale ou électronique. « Il faut penser à sa protection sociale, conclut le président. Même si le taux de participation aux élections MSA est stable, il faut expliquer encore et toujours pourquoi il est important de participer. Par vos votes que vous pouvez vous exprimer sur votre protection sociale. »

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