La Creuse Agricole 27 septembre 2019 à 07h00 | Par ND/HC

Rentrée studieuse pour la Chambre d’Agriculture de la Creuse

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Jean-Marie-Colon, premier vice-président de la Chambre d’Agriculture de la Creuse, Francis Haberstock, directeur de la Chambre d’Agriculture, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’Agriculture, Magali Debatte, préfète de la Creuse, Michel Debray, directeur par intérim de la Direction Départementale des Territoires.
Jean-Marie-Colon, premier vice-président de la Chambre d’Agriculture de la Creuse, Francis Haberstock, directeur de la Chambre d’Agriculture, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’Agriculture, Magali Debatte, préfète de la Creuse, Michel Debray, directeur par intérim de la Direction Départementale des Territoires. - © CDA 23

Jeudi 19 septembre, réunis en session, en présence de Magali Debatte, Préfète de la Creuse, les élus de la Chambre d’Agriculture ont abordé, entre divers sujets, les domaines stratégiques sur lesquels ils travailleront en priorité pour les six années de mandature.
Une ambition découlant du programme choisi par les agriculteurs creusois lors des dernières élections consulaires.
Pascal Lerousseau, Président de la Chambre d’Agriculture, rappelle les 11 objectifs pour l’agriculture creusoise qui avaient été proposés par l’équipe dont il est issu.
« L’amélioration du revenu des agriculteurs doit être la priorité numéro un car sans revenu, il n’existe aucune perspective pour le monde agricole » a martelé Pascal Lerousseau.
« Pour cela, l’établissement va s’atteler à aider les agriculteurs à développer de la valeur ajoutée sur leur exploitation. Ces dernières années, les orientations de la PAC ont poussé à l’agrandissement des surfaces et la spécialisation. Aujourd’hui avec les évolutions climatiques sociétales et économiques, il faut revoir les positions et aller vers plus de diversification pour sécuriser les systèmes.
Le renouvellement des générations sera aussi un enjeu fort de cette mandature car actuellement plus de 50 % des exploitants de plus de 55 ans ne savent pas à qui ils vont transmettre leur exploitation. Par ailleurs, il faudra veiller à ce que les exploitations soient humainement transmissibles »  rajoute-il.
Pour les élus creusois, dans le cadre de ce projet stratégique, il sera nécessaire d’intervenir plus en amont et moins en réaction face à la gestion des risques sanitaires, économiques, politiques et bien entendu climatiques. Pascal Lerousseau rappelle que sur ce dernier point la Chambre d’Agriculture de la Creuse n’a pas à rougir du travail qu’elle a entrepris depuis plusieurs années maintenant : « La Chambre d’Agriculture de la Creuse a été précurseur en la matière lorsqu’elle a embauché dès 2012, Vincent Cailliez, climatologue, via une mise à disposition par Météo France. Celui-ci en travaillant de concert avec les équipes des conseillers spécialisés de la Chambre, a permis l’émergence d’un certain nombre de préconisations en termes d’adaptation des pratiques au changement climatique. Aujourd’hui il nous faut aller plus loin en travaillant sur la ressource en eau et permettre à chaque agriculteur d’avoir une solution individuelle ou collective pour abreuver ses animaux et sécuriser ses récoltes face aux sécheresses récurrentes. Pour ce qui concerne les risques économiques, les agriculteurs n’ont pas à supporter les retours économiques désastreux issus des tractations politiques de l’OMC. Nous devons intensifier nos échanges avec les élus et les parlementaires pour faire entendre raison au Gouvernement ! »
Face au désarroi actuel exprimé par le monde agricole et au risque d’isolement des exploitants menant à des situations quelques fois dramatiques, l’instance Consulaire souhaite aussi travailler sur la détection des difficultés auxquelles les agriculteurs peuvent être confrontés. « Un repérage et un accompagnement spécifique devra être mis en place, en partenariat éventuellement avec d’autres structures, pour trouver des solutions et soutenir efficacement les exploitants en souffrance. »
Autre cheval de bataille : la simplification administrative et le droit à l’erreur. « Le droit à l’erreur a été accordé à l’ensemble des citoyens français, sauf au monde agricole qui en est exclu. Il est primordial de continuer à se battre pour l’obtention de ce droit en travaillant au niveau local avec l’administration et en faisant des propositions au niveau national » précise le Président.
Par ailleurs, la notion du statut de l’agriculteur et la protection du foncier seront également au menu des travaux à engager par les élus. Concernant le statut de l’agriculteur les élus militent pour qu’un minimum de connaissances techniques soit validé avant l’installation. Quant à la protection du foncier, qui rejoint l’idée d’un statut spécifique pour l’agriculteur, cette thématique vise à ce que celui qui possède les terres soit un vrai agriculteur et pas simplement un porteur de capitaux.
Enfin, les derniers chantiers que l’équipe en place devra mener à bien : la redynamisation des territoires ruraux dont les agriculteurs sont souvent les principaux acteurs et la lutte contre l’agribashing. Sur ce dernier point, la Chambre d’Agriculture devra aider les exploitants à reprendre la main sur la communication liée à leur métier, à leurs productions et à ouvrir d’avantage le débat avec les consommateurs qui se sont souvent éloignés du monde agricole et de ses réalités.
Vaste programme !

Des solutions au cas par cas

Pascal Lerousseau, Président de la Chambre d’Agriculture, a rappelé que la situation est très difficile. « La sécheresse de 2018 a déjà été très compliquée à gérer et elle a perduré sur 2019. Les réserves ne se sont pas reconstituées dans l’hiver. Chacun trouve des solutions comme il peut, parfois en prélevant sur le réseau d’eau potable, ce qui n’est pas la meilleure des solutions, mais certains n’ont pas d’autre choix. Certaines rivières sont déjà à sec, pour abreuver leurs animaux, les éleveurs doivent faire de plus en plus de kilomètres, ce qui coûte de plus en plus cher, et prend de plus en plus de temps. Nous n’avons pas encore connaissance de cas de mortalité sur les animaux par manque d’abreuvement, mais certains souffrent d’avoir leur eau parfois tard dans la journée. De plus, une eau de mauvaise qualité peut apporter des problèmes sanitaires. Dans l’immédiat nous avons un partenariat avec le Syndicat des Étangs pour que les propriétaires laissent les éleveurs puiser dans les étangs autour de leurs exploitations. Cela se passe très bien grâce à un bon esprit de solidarité et d’humanité. Mais il faut que nous trouvions des solutions multiples et pérennes. »
On a longtemps cru à tort que le Massif Central était le château d’eau de la France et que l’eau de manquerait jamais. Or il n’y a guère, en Creuse, que des eaux de surface. Il faut donc trouver des moyens de retenir cette eau afin de pouvoir l’utiliser quand le besoin se fait sentir. Pour se faire, Madame la Préfète s’est engagée afin de faciliter deux expérimentations de retenues destinées à l’irrigation de cultures pour l’alimentation animale. De leur côté, les techniciens de la Chambre d’Agriculture apportent leur aide aux agriculteurs pour trouver les solutions les plus adaptées à la situation de chacun, car s’il existe de nombreuses bonnes idées, elles ne sont pas toutes reproductibles à l’identique, et certaines rencontrent des freins administratifs.
Par ailleurs, afin de multiplier les solutions, notamment sur la problématique de l’alimentation, de nombreuses études sur les cultures sont actuellement menées comme, par exemple, sur les méteils qui permettent souvent d’optimiser les récoltes de fourrages.

HC

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