La Creuse Agricole 16 juillet 2020 à 07h00 | Par Dr Boris BOUBET Christophe LE MAUX GDS Creuse - www.gdscreuse.fr

Prophylaxie bovine 2019-2020 : un taux de réalisation et des résultats très favorables

Cet article vous présente une synthèse des prophylaxies de cheptel bovin sur notre département pour la campagne 2019/2020 qui s’est terminée le 31/05/2020.

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Cette campagne a permis la surveillance de 5 maladies : brucellose, leucose, IBR, varron et la BVD. D’autres recherches volontaires (paratuberculose, grande douve, besnoitiose, PAG…) ont pu s’y ajouter. En BVD, la surveillance des troupeaux va passer d’un schéma sérologique sur les sangs de prophylaxie à un schéma virologique sur les veaux par analyse du cartilage. Ce dispositif va se généraliser progressivement à partir du 01 juillet 2020.
Cette campagne a permis la surveillance de 5 maladies : brucellose, leucose, IBR, varron et la BVD. D’autres recherches volontaires (paratuberculose, grande douve, besnoitiose, PAG…) ont pu s’y ajouter. En BVD, la surveillance des troupeaux va passer d’un schéma sérologique sur les sangs de prophylaxie à un schéma virologique sur les veaux par analyse du cartilage. Ce dispositif va se généraliser progressivement à partir du 01 juillet 2020. - © GDS Creuse

La campagne de prophylaxie bovine a permis la surveillance de 5 maladies : brucellose, leucose, IBR, varron et BVD. D’autres recherches volontaires (paratuberculose, grande douve, besnoitiose, PAG (protéines associées à la gestation) …) ont pu s’y ajouter. Pour les élevages laitiers livrant en laiterie de manière continue, les analyses sont réalisées sur lait de tank. Pour les autres élevages laitiers (producteurs fermiers ne livrant pas en laiterie, production discontinue…) et les élevages allaitants, les analyses se font sur sang.

Une situation sanitaire en brucellose, leucose et tuberculose très favorable, une vigilance particulière vis à vis de la tuberculose
La Creuse est indemne de brucellose, tuberculose et leucose avec des allégements de prophylaxie depuis 1999. Cependant, en matière de tuberculose, face à notre situation régionale Nouvelle-Aquitaine préoccupante, nous insistons sur la vigilance à porter tant pour les éleveurs dans le respect scrupuleux de la réglementation en matière de dépistage de la tuberculose que pour les vétérinaires dans la réalisation des intradermo-tuberculinations. Certains départements sont contraints de réaliser des intradermo-tuberculinations dans leurs cheptels et lorsqu’un foyer est déclaré, l’abattage total est la règle, suivi de mesures de désinfection poussées avec un vide sanitaire et accompagné d’une indemnisation de l’éleveur pour reconstituer son cheptel.

Plus de 99 % de cheptels négatifs en IBR
Au 31/05/2020, sur les 2 472 cheptels bovins creusois détenant des bovins, 2 423 (98 %) ont un statut « indemne d’IBR » et seuls 15 (0,61 %) détiennent des animaux positifs, dont 6 avec moins de 6 bovins positifs. Notre département se trouve donc dans une situation très favorable pour finaliser l’éradication de l’IBR avec une facilitation encore améliorée des circuits commerciaux, y compris aux échanges et à l’export. En revanche, dans les élevages détenant des positifs, le taux d’incidence (détection de nouveaux animaux contaminés) est de 20 %. Cela vient rappeler que la seule solution fiable à long terme est la réforme de tous les animaux positifs d’un cheptel.

Un dépistage paratuberculose volontaire en augmentation
Au 31/05/2020, la situation évolue favorablement. 355 cheptels sont en plan pour 30 000 animaux dépistés. 16 élevages sont entrés en plan sur la campagne suite à identification d’un cas clinique ou pour obtenir l’apport de garantie. 11 élevages en sont sortis pour cause de cessation ou avec un objectif d’assainissement atteint. 205 cheptels sont sous apport de garantie ou en cours d’acquisition et 150 cheptels sont en cours d’assainissement. L’historique de dépistage accumulé dans ces élevages permet de renforcer les garanties apportées par rapport aux cheptels tout venant, même si l’assainissement n’est pas terminé. Autre point positif, nous constatons une augmentation régulière du nombre de cheptels sous apport de garantie montrant que le dépistage sérologique annuel et des mesures sanitaires rigoureuses permettent de maîtriser la maladie dans un élevage.

En BVD, un passage du schéma sérologique vers un schéma virologique
Au 25/06/2020, après 3 campagnes de dépistage par sérologie de mélange BVD sur tous les bovins de 24 à 48 mois prélevés en sang ou par dépistage sur lait de tank, le nombre de résultats positifs reste élevé. 1 098 cheptels ont présenté des résultats négatifs : ces élevages n’ont pas été confrontés à la BVD au cours des 4 dernières années. Pour les 937 cheptels (46 % des dépistés) ayant présenté des résultats positifs, l’interprétation est plus complexe : vaccination BVD avec vaccin marqueur, circulation virale passée ou actuelle. Ce chiffre confirme la circulation du virus en Creuse. Par ailleurs, 133 cheptels n’ont pas pu être dépistés faute d’un nombre suffisant d’animaux dans la tranche d’âge et 300 cheptels sont encore en cours de traitement. En parallèle, plus de 30 000 veaux ont été testés directement sur cartilage auriculaire à la naissance et 56 (0,2 %) ont été testés positifs. Dans de nombreux élevages, le virus circule donc sans que l’on retrouve d’IPI. Ces éléments, couplés à l’Arrêté Ministériel du 31 juillet 2019, nous amènent à faire évoluer la surveillance des troupeaux, passant d’un schéma sérologique sur les sangs de prophylaxie à un schéma virologique sur les veaux par analyse du cartilage. Ce dispositif va se généraliser progressivement à partir du 01/07/2020.

Des analyses complémentaires pouvant être demandées avec votre vétérinaire
Une vérification de l’adéquation entre les analyses demandées et les besoins de votre cheptel était à effectuer systématiquement avec votre vétérinaire lors de la signature de la première page du document d’accompagnement des prélèvements. Au-delà des obligations, cela a permis de répondre aux autres besoins :
• « Kit trématodes » : sur un bovin adulte, les deux parasites principaux sont le paramphistome et la grande douve, si le premier se constate avec les coprologies, le diagnostic de la fasciolose passe par une sérologie pouvant s’appuyer sur les prélèvements de sang de prophylaxie. Le coût analytique de 11,10 € est pris en charge à 50 % par GDS Creuse lors de réalisation de coprologie.
• Diagnostic de gestation sur les tubes de prophylaxie : d’un coût 2020 de 7,03 € HT par animal pour les 10 premiers puis 5,61 € HT par animal pour les suivants, ce test est précoce et très fiable avec des sensibilité et spécificité proches de 100 %, dès 28 jours de gestation. De plus, les PAG ciblées s’éliminent rapidement après une gestation : passé 60 jours après la mise-bas, on ne risque donc plus de déceler les PAG résultant de la gestation précédente. En revanche, le test n’indique pas le stade de gestation. Plus de 2 300 bovins ont bénéficié de cette analyse en 2019.

Un suivi étroit des quelques retardataires
En Creuse, la campagne de prophylaxie bovine se déroule du 01/10 au 31/05. Sauf cas de force majeure notifié à la DDCSPP23 ou auprès de nos services, au 31/07, les cheptels avec une prophylaxie non terminée verront les qualifications et appellations suspendues jusqu’à réalisation des actions correctives. Tout élevage avec une prophylaxie non finie au 30/09 verra ses qualifications et appellations retirées jusqu’à réalisation de 2 prophylaxies à 3 mois d’intervalle. Au 30/06/2020, sur 2 692 ateliers, 134 (5 %) restaient en suivi, ils ont été relancés par la DDCSPP et GDS Creuse afin qu’ils se mettent en conformité. Ces suivis étroits sont efficaces, la campagne dernière, seuls 8 cheptels ont été concernés par le retrait de qualifications et appellations avec les conséquences afférentes.

Une implication de GDS Creuse, base de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »
Notre implication dans les prophylaxies collectives constitue un de nos métiers premiers depuis notre création, il y a 67 ans. Grâce à la mobilisation de tous (éleveurs, vétérinaires, LDA, DDCSPP, GDS), mobilisation confirmée en 2020 malgré l’épisode covid‑19, les résultats sont patents et l’action se poursuit pour la santé de nos cheptels et les atouts commerciaux conformément à notre adage : « pour un troupeau sain, sûr et rentable ». Notre investissement est technique et financier à travers les conventions (DDCSPP, Conseil Départemental et LDA), le tiers-payant (vétérinaires, LDA) qui permettent des allègements administratifs (seuls les résultats de prophylaxie non-négatifs vous sont transmis sauf si vous en faites la demande) et financiers (coûts diminués pour les analyses, mutualisation des résultats positifs et des recherches BVD). Il est également présent, en relation avec les vétérinaires et la DDCSPP dans les plans d’assainissement ou lors de tout résultat « discordant ». Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou GDS Creuse.

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