La Creuse Agricole 14 janvier 2010 à 11h14 | Par D. Didier GUERIN (GDS Creuse – www.gdscreuse.fr)

Prévention et lutte contre les diarrhées néonatales - L’immunité du veau, une donnée à mieux connaitre : une prise en charge de son évaluation par GDS Creuse

GDS Creuse propose un plan collectif de lutte et de prévention des diarrhées néonatales. Une prise en charge totale du transfert immunitaire est mise en place.

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Il existe une relation directe entre les taux de mortalité et de morbidité au sein d’un élevage et la concentration d’anticorps du veau à 24/48 heures. La concentration minimale nécessaire se situe de 15 à 20 g/l de sérum. Les veaux privés totalement de colostrum présentent une mortalité voisine de 90%.
Il existe une relation directe entre les taux de mortalité et de morbidité au sein d’un élevage et la concentration d’anticorps du veau à 24/48 heures. La concentration minimale nécessaire se situe de 15 à 20 g/l de sérum. Les veaux privés totalement de colostrum présentent une mortalité voisine de 90%. - © D.R.

En raison de différentes évolutions observées en élevage bovin et du fait de la persistance de la problématique « diarrhées néonatales », GDS Creuse et le GTV 23 ont mis en place depuis 2003, un plan de prévention et de lutte contre les diarrhées néonatales.

Un plan diarrhée efficace mais une utilisation insuffisante du transfert immunitaire

Le plan « diarrhées néonatales » creusois repose sur une approche globale. Après un bilan de la situation sanitaire, les agents infectieux, le transfert immunitaire et le statut nutritionnel des mères sont explorés. La confrontation des résultats d’analyses et des facteurs de risque recensés au cours d’un audit aboutit à un plan d’action élaboré en pleine concertation avec l’éleveur. Le bilan de six campagnes de ce plan montre qu’il est une solution efficace (voir articles pages 14 et 15 du GDS Creuse Mémo n°9). Cependant, sa pleine réussite demande l’exploration des trois domaines (agents infectieux, transfert immunitaire et statut nutritionnel des mères) et une implication du tandem éleveur-vétérinaire. Or, l’exploration du transfert immunitaire s’avère largement insuffisante.

L’avenir sanitaire du veau fonction de la qualité du transfert immunitaire

Un élément clé de la 1ère période de vie du veau s’avère être le colostrum, sa quantité, sa qualité, son absorption et sa bonne utilisation par celui-ci. Le veau naît sans défenses immunitaires. Il est donc indispensable, pour le veau, d’absorber une quantité et une qualité suffisantes d’immunoglobulines. Ces anticorps, apportés par le colostrum, lui permettent de se défendre contre les agents infectieux présents dans l’élevage pendant les 1ères semaines de vie. Il existe une relation directe entre les taux de mortalité et de morbidité au sein d’un élevage et la concentration d’anticorps du veau à 24/48 heures. La concentration minimale nécessaire se situe de 15 à 20 g/l de sérum. Les veaux privés totalement de colostrum présentent une mortalité voisine de 90 %.

L’avenir du veau se joue dans les heures suivant sa naissance. Dans l’utérus, le fœtus se trouve sous haute protection. A la naissance, un envahissement brutal de son tube digestif par les micro-organismes se réalise alors qu’il est totalement dépourvu de défenses immunitaires.
L’avenir du veau se joue dans les heures suivant sa naissance. Dans l’utérus, le fœtus se trouve sous haute protection. A la naissance, un envahissement brutal de son tube digestif par les micro-organismes se réalise alors qu’il est totalement dépourvu de défenses immunitaires. - © D.R.

Assurer une bonne préparation du colostrum par la mère

L’origine des anticorps du colostrum est double. Une partie provient du sérum et passe dans la mamelle ; le reste est synthétisé dans la glande mammaire. Le transfert débute 2 à 3 semaines avant le vêlage. Ce mécanisme qui s’accélère dans les jours qui précèdent le vêlage permet le passage de quantités considérables d’anticorps du sang vers la mamelle (jusqu’à 1,5 kg). La période de tarissement doit être au minimum de 30 jours. Pour une synthèse adéquate du colostrum, la mamelle doit être saine, d’où l’importance du dépistage de la prévention et du traitement des mammites de tarissement. Le colostrum correspond au liquide qui se trouve dans le pis au moment du vêlage. Ensuite, la sécrétion lactée s’effectue et la composition du colostrum se modifie progressivement. En conséquence, toute vache ayant fait l’objet d’une traite avant le vêlage (veaux voleurs, perte de lait, etc.) sera repérée afin d’apporter un colostrum de remplacement à son veau.

Le contrôle du transfert immunitaire, un outil indispensable à mettre en place, mais insuffisamment utilisé, d’où sa prise en charge par GDS Creuse

Le transfert d’immunité s’apprécie par le dosage des globulines sur un pool minimum de 5 veaux âgés de 2 à 6 jours et ne présentant pas de signes de maladie (diarrhée, grippe, etc.). C’est un test collectif qui permet d’avoir une image du transfert d’immunité. En cas de résultats défavorables, l’analyse des causes portera sur les différentes étapes du processus de synthèse de la vache (alimentation, parasitisme, etc.) à l’absorption par le veau (veaux faibles, veaux voleurs, etc.). Le contrôle de la qualité du colostrum permettra de situer le niveau du problème, mauvaise production de la mère et/ou mauvaise absorption du veau. Il se réalise grâce au pèse colostrum qui indiquera l’état mauvais, moyen ou bon de la concentration en immunoglobulines du colostrum testé.

Une prise de colostrum qui doit intervenir rapidement

Dans les heures qui suivent la naissance, le veau doit absorber au minimum 40 ml par kg de poids vif de bon colostrum. Le colostrum représente la seule source de défenses immunitaires pour le veau. Le veau ne sera protégé que lorsque son intestin aura absorbé suffisamment d'immunoglobulines. Or la capacité d'absorption des immunoglobulines colostrales par la muqueuse intestinale est maximale à la naissance. Il est donc indispensable que le veau boive le colostrum dès les premières heures de vie. Quand on sait que la capacité d'absorption de l'intestin diminue d'autant plus vite que l'animal a subi un stress plus important, on comprend que plus le veau a souffert à la naissance et plus il doit recevoir rapidement du colostrum (dans les deux heures qui suivent).

L’immunité du veau, une donnée majeure de son équilibre

Le veau est donc sans défenses immunitaires à la naissance. Son immunité active ne prenant le relais qu’au bout de 3 ou 4 semaines, il lui est nécessaire de disposer d’une immunité passive par le biais du colostrum. Les qualités du colostrum sont multiples. Toutefois, le veau ne profite de la prise colostrale que si elle est précoce, en quantité suffisante et d’une qualité correcte. Cela demande une surveillance assidue dont dépend l’avenir du veau. D’où l’importance de sa quantification lors de toute apparition de maladie dans l’élevage et donc la prise en charge de cette analyse par GDS Creuse afin de faciliter son utilisation. Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

L'image correspondant au texte ci-contre.
L'image correspondant au texte ci-contre. - © D.R.

Dans les élevages confrontés à des diarrhées, 25 à 60 % des veaux présentent un défaut de transfert immunitaire, d’où l’importance de sa connaissance. Cet élément sera contrôlé sur un minimum de cinq veaux sains âgés de 2 à 6 jours. Le taux de protéines totales informe sur la quantité de colostrum absorbé et le taux d’IgG sur la qualité du transfert immunitaire. GDS Creuse prend en charge ces analyses.

L’objectif à atteindre en matière de transfert immunitaire au veau : lui faire ingérer plus de 200 g d’anticorps au cours des 24 1ères heures dont environ 1/3 au cours des deux premières heures.
L’objectif à atteindre en matière de transfert immunitaire au veau : lui faire ingérer plus de 200 g d’anticorps au cours des 24 1ères heures dont environ 1/3 au cours des deux premières heures. - © D.R.

L’objectif à atteindre en matière de transfert immunitaire au veau peut se définir ainsi : lui faire ingérer plus de 200 g d’anticorps au cours des 24 1ères heures dont environ 1/3 au cours des deux premières heures. Compte-tenu de la capacité de la caillette qui limite le volume de chaque repas à 1,5 litre environ et de la capacité totale d’ingestion des veaux en 24 heures (environ 10 % du poids vif), on ne peut atteindre cet objectif que si l’on dispose de colostrum contenant au moins 50 g/l d’anticorps.

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