La Creuse Agricole 14 octobre 2009 a 10h58 | Par S. Sudour

Porcin - Crédit agricole : gestion au cas par cas

Une délégation de la Section régionale porcine du Massif central accompagnée du président de l’Union régionale porcine Auvergne Limousin a rencontré les responsables du Crédit agricole Centre France afin de leur faire part de la détresse des producteurs de porcs du Massif Central.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
évolution des prix dans la filière porcine entre 1990 et 2008. (En indice base 100 = 1990). Sources : SNM, Ifip, Insee.
évolution des prix dans la filière porcine entre 1990 et 2008. (En indice base 100 = 1990). Sources : SNM, Ifip, Insee. - © D.R.

Après 3 ans de cours en baisse voire catastrophiques et de charges d’exploitations qui ne cessent d’augmenter, les producteurs de porcs du Massif central sont dans une situation financière toujours difficile, si ce n'est étouffante.

Contexte économique difficile

Selon le président de l’Union régionale porcine Auvergne et Limousin, Alain Robert, cette crise qui dure, accompagnée du doublement du prix des matières premières, entraîne une perte cumulée d’environ 75 000 euros par UTH. De plus, l’impact de la crise financière est important car il y a un quasi blocage des flux hors zone euro conforté par l’impact de la grippe A au printemps, ne facilitant pas la reprise de la consommation. Au niveau européen, l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark produisent plus de 30 millions de porcs alors que la France avec 25 millions de porcs est déficitaire et que la production continue de baisser.

Christian Guy, président de la section porcine de la FRSEA Massif Central, souligne que « la technicité a suivi nos élevages et la mise aux normes nous a coûté cher alors que des pays comme l’Allemagne et l’Espagne ne s'en sont pas inquiétés. Aussi, nous demandons des soutiens supplémentaires afin de voir le bout du tunnel. Nous sommes au bord du gouffre ». Bien entendu des aides FAC (Fonds d’allègement des charges) ont été allouées par le gouvernement, les groupements de producteurs ont diminué leur paiement à une semaine au lieu de 15 jours afin d’apporter de la trésorerie rapidement aux exploitations. « Mais les cours n’ayant pas évolué favorablement, les élevages du Massif Central n’ont pas la capacité à rembourser la premièreéchéance du prêt de trésorerie. Alors que faire ? » interroge Alain Guy, président de la section porcine de la FRSEA.

La délégation des producteurs emmenée par Christian Guy, président de la section régionale porcine écoute attentivement les responsables du Crédit agricole Centre France : présidée par André Janot (à droite), président du Crédit agricole Centre France.
La délégation des producteurs emmenée par Christian Guy, président de la section régionale porcine écoute attentivement les responsables du Crédit agricole Centre France : présidée par André Janot (à droite), président du Crédit agricole Centre France. - © D.R.

Volonté d’efficacité maximum

Jean-Louis Delboy, directeur du marché de l’agriculture et des assurances au Crédit agricole Centre France, indique «que nous [le Crédit Agricole, ndlr] avons recensé 300 exploitations agricoles. Nous allons rencontrer individuellement les producteurs de porcs afin de cibler les situations de chacun ». Bernard Lolliot, directeur-général du Crédit agricole Centre France ajoute « nous allons réunir les producteurs avec les techniciens de leur groupement afin de voir tout d’abord si techniquement, il n’y aurait pas des améliorations à apporter dans ce sens et proposer, bien entendu, un accompagnement ».

Pour sa part, André Janot, président du Crédit agricole Centre France, indique que « le Crédit agricole a la volonté de donner une réponse individuelle afin de cibler au mieux les difficultés de chacun et de trouver une solution la meilleure possible. Il n'y pas de solution globale, elle ne peut être qu’individuelle ». « Au niveau du Crédit agricole, nous sommes conscients de la situation difficile que traverse la filière porcine et nous croyons en l’avenir du porc dans le Massif Central » a-t-il conclu.

Christian Guy a demandé aux responsables du Crédit agricole « d’aller vite ». Sans signe fort de leur part, le risque est de voir les éleveurs commencer à décapitaliser !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Creuse Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,

La Creuse Agricole
La couverture du journal La Creuse Agricole n°2315 | janvier 2021

Dernier numéro
N° 2315 | janvier 2021

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS