La Creuse Agricole 07 avril 2010 à 16h09 | Par A.M.

Porc - Cirhyo joue « la carte de la solidarité »

La coopérative porcine a tenu son assemblée générale à Glénic le 31 mars dernier.

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- © D.R.

Pour sa première année d'activité, la coopérative porcine Cirhyo aura connu une année difficile en terme de conjoncture porcine. Les cours du porc restent à un niveau beaucoup trop bas qui lamine les trésoreries et les esprits.

 

En 2009 le marché porcin européen aura été dominé par la montée en puissance du nord de l'Europe et en particulier de l'Allemagne (+2,4 % de porcs abattus) au détriment du sud comme l'Espagne qui annonce un recul certain. La France en position intermédiaire avec -0,78 % de ses abattages maintient son potentiel de production. Au global, le Marché du Porc breton dit : « Le niveau actuel de production n'est pas excessif dans l'UE, à condition que la demande soit correcte et notamment la demande à l'export. La situation économique des pays importateurs s'est-elle améliorée au point d'aspirer le marché ? Si l'export va, tout ira mieux. »

 

Fidèle à son image, l'élevage porcin améliore chaque année ses performances.

 

Naissage

Avec 13,8 porcelets nés totaux et plus de 11 sevrés par portée en moyenne (le groupe de tête se situant à 14,5 et 11,7 pour ces mêmes critères), les éleveurs Cirhyo ont progressé de près de 0,3 porcelet sevré par truie chaque année. Cependant, la marge sur coût alimentaire et la rentabilité 2009 restent précaires.

 

Engraissement

Dans le tableau ci-contre, on constate une amélioration générale des critères techniques. Ainsi, grâce à l'amélioration des résultats et la baisse du prix de l'aliment, les marges sur coûts alimentaire et divers se sont légèrement améliorées tout en restant trop faibles.

 

Efficacité économique

Avec un résultat d'exploitation à moins de 0,5 % du chiffre d'affaires, l'efficacité est une nécessité compte tenu du très faible taux de marge de cette activité.

 

Cirhyo recherche constamment l'amélioration de celle-ci. La fusion MC PORC/SCAPP a été faite dans ce sens : Maîtrise des coûts ; programme d'investissement soutenu (augmentation de 50 % des amortissements, parc camion, etc.) ; règlement à 7 jours de tous les porcs sur la base cadran net pour tous les adhérents en 2010 ; amélioration de l'efficacité des moyens techniques et logistiques ; développement de nouveaux services : vétérinaires, matières premières, etc.

 

Certains pourraient se demander alors : quel intérêt d'avoir un groupement fort et en bonne santé financière alors que ses adhérents individuellement souffrent ? Cirhyo, en reversant 50 % du résultat annuel à ses adhérents, jouera pleinement la carte de la solidarité dans cette période de crise. De plus, la structuration de la filière se poursuivra inéluctablement. Seule une coopérative forte pourra infléchir les mouvements. La structuration de l'abattage découpe régional qui a eu lieu en est la meilleure preuve. Demain, d'autres enjeux tout aussi importants se présenteront. Il faudra être en mesure d'y participer pour conserver la filière régionale.

 

À noter que le conseil d'administration de la coopérative comprend un membre creusois, Gilles Chassagne, du Gaec Chassagne, à Verneiges (NEM : 200 truies). Soixante-deux éleveurs creusois sont par ailleurs membres de la coopérative.

NE : Naisseur engraisseur ; PSE : post sevreur engraisseur

De gauche à droite : Gérard Dutois, directeur de Cirhyo, Francis Le Bas, président et Edgar Basset, 
responsable technique.
De gauche à droite : Gérard Dutois, directeur de Cirhyo, Francis Le Bas, président et Edgar Basset, responsable technique. - © D.R.

Cirhyo en quelques chiffres

 

638 adhérents détenant 54 000 truies et ayant produit 995 000 porcs en 2009. Le nombre d'éleveurs stable cette année, devrait connaître un léger retrait dans le futur.

 

305 000 porcelets sevrage, 38 000 porcelets 25 kilos, 23 000 animaux de réforme, et 12 100 reproducteurs ont été commercialisés. 77 % des ventes de porcs sont réalisées avec le groupe Tradival (Forez porc et Orléans viandes), mais des débouchés locaux restent préservés. En ce qui concerne les filières qualité on remarquera le renforcement des filières non OGM, la place confortée des filières Label rouge destinées aux transformateurs, l'intérêt grandissant vers le bio. On regrettera l'absence de protection des zones de production dans les filières IGP.

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