La Creuse Agricole 09 février 2017 à 08h00 | Par Aurélien LEGRAND/Dr Didier GUERIN

Parage des bovins : Préparez dès maintenant votre mise à l’herbe

Le parage constitue la première étape d’identification des causes des boiteries chez les bovins. Pour être pleinement efficace, il demande à être réalisé suffisamment tôt et en respectant une méthodologie.

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Le parage est une intervention demandant méthodologie et matériel adéquat. Farago Creuse dispose de 2 pareurs spécifiquement formés avec le matériel de contention optimisé pour effectuer des parages préventifs et ainsi prévenir les boiteries des bovins. (© GDS Creuse) Le parage présente d’abord pour but de ramener le pied à des dimensions normales d’où l’intérêt d’avoir une connaissance de l’anatomie du pied des bovins. © GDS Creuse En dehors de toute boiterie, le parage orthopédique devrait être la règle sur l’ensemble des animaux présentant au moins un signe d’alerte : onglon déformé, aplombs anormaux, dos courbé. Un inventaire e © GDS Creuse

Les boiteries représentent la troisième pathologie des bovins. Elles induisent de lourdes pertes économiques : diminution de production, retard de croissance, reproduction retardée, frais vétérinaires, temps passé aux soins, réforme anticipée… Dans 80 % des troubles de l’appareil locomoteur, les affections du pied sont mises en évidence.

Savoir détecter les signes d’alerte rapidement en observant vos animaux
Une modification des aplombs représente un premier critère d’alerte. Ainsi, des membres postérieurs avec des jarrets resserrés et des pieds qui partent vers l’extérieur, des animaux qui se positionnent en écartant systématiquement les pieds, des déplacements avec un dos voûté… sont à prendre en considération. Le pied du bovin est fragile, lors d’un dysfonctionnement, son état peut vite se dégrader, il est donc primordial de le repérer rapidement. Même si les animaux ne boitent pas encore, un lever de pied s’impose pour faire un état des lieux. Le signe le plus classiquement observé est la déformation des onglons. La période actuelle est particulièrement favorable pour recenser les animaux nécessitant une intervention et agir selon les besoins. De plus, le parage préventif permet de ne pas être confronté à l’urgence et de limiter les conséquences induites (pertes de production) par un animal qui boite. De manière générale, plus l’intervention est réalisée tôt, plus elle sera efficace.

Des professionnels pour vous aider à sélectionner les animaux à parer…
Des pareurs de Farago Creuse, spécifiquement formés, peuvent vous aider à sélectionner les animaux nécessitant une intervention. Farago Creuse dispose de deux cages hydrauliques nouvelle génération avec des équipements spécifiques : anti-recul, levage des pieds postérieurs et antérieurs. Cela nous permet de réaliser les interventions dans de bonnes conditions tout en veillant au respect du bien-être animal. En 2016, nous sommes intervenus sur plus de 5 000 pieds. Cette activité se répartit sur l’année avec des pics à la mise à l’herbe. Anticiper permet de réduire les délais d’intervention et de réaliser un parage préventif dans les meilleures conditions.

… et organiser l’intervention pour agir dans de bonnes conditions
Le chantier de parage nécessite une organisation :
1. Identifier les animaux nécessitant une intervention et les isoler.
2. Agencer le parcours pour que l’accès à la cage semble le plus « naturel » possible pour limiter le stress.
3. Prévoir après l’intervention un lieu avec des surfaces propres à sol meuble.
De plus, gardez à l’esprit que les bovins présentant d’autres traumatismes physiques ou une faiblesse trop importante ne doivent pas subir d’intervention afin d’éviter tout risque lié à la contention et à la modification des aplombs.

Le parage préventif pour limiter le risque de lésions…
Le parage préventif a pour but de ramener le pied à des dimensions normales pour équilibrer le poids du corps sur tous les onglons. Il consiste donc à enlever la corne superflue pour redonner au pied son aplomb normal. Souvent, la forme du sabot déformé se trouve loin du modèle d’un pied normal. Cependant, la troisième phalange et le pododerme ne vont pratiquement pas être modifiés. Il faut donc imaginer le pied interne dans le sabot pour évaluer la corne excédentaire à parer.

… en respectant les 3 étapes d’interventions…
Le pareur coupe à la bonne longueur en pince (7 cm entre le bout des poils et la pointe de l’onglon). Ensuite, il intervient au niveau de la sole afin d’enlever l’excès de corne pour obtenir son aplanissement. La dernière étape consiste à reconstituer une sole concave de façon à ce que l’appui ne se fasse que sur la projection de la muraille et en talon. La coupe en pince détermine à peu près la hauteur de corne de la sole à tailler. Un contrôle régulier par pression du pouce évite d’entamer le pododerme. Le talon est respecté au maximum lors de la taille de la sole. Sur le pied postérieur, ces trois phases sont d’abord réalisées sur l’onglon interne, souvent moins déformé, qui servira ensuite de modèle pour le parage de l’onglon externe.

… pour un inventaire complet des dommages avant tout parage curatif
Le parage curatif se déroule de la même manière que le préventif. Avant d’aller se focaliser sur la ou les lésions découvertes, le passage par les trois phases décrites ci-dessus est indispensable pour ramener le pied à des dimensions normales et pouvoir effectuer un inventaire complet des lésions. Lors du parage curatif, les principaux problèmes rencontrés sont les suivants : ulcère de la sole qui peut se compliquer par une « cerise », ouverture de la ligne blanche au talon, fourchet, fourbure, limace, seime interne ou en pince, dermatite digitée...

Après le parage, surveiller de manière étroite
Lors de sa convalescence, l’animal doit pouvoir progresser sur des surfaces propres où le sol est meuble. Les dalles bétonnées et rugueuses sont donc à proscrire. Pour faciliter la surveillance, une parcelle enherbée à proximité des bâtiments d’élevage permettra à l’animal d’évoluer plus efficacement. Certaines situations nécessitent une attention particulière, une vigilance quant aux recommandations réalisées par le pareur pour le bon rétablissement de l’animal. Tout phénomène anormal est un critère d’alerte à signaler auprès de votre vétérinaire ou du pareur.
Aller plus loin dans la réflexion pour une meilleure prévention lors de problèmes récurrents
Les affections des pieds présentent souvent un caractère collectif et multifactoriel. La résolution d’un problème récurrent passe alors par une investigation globale au niveau de l’élevage pour mieux cerner les facteurs de risque et les moyens à mettre en œuvre pour une lutte et une prévention adéquates. Cela passe par une synergie d’action avec votre pareur, votre vétérinaire et vos techniciens d’élevage (bâtiment, nutrition...).

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