La Creuse Agricole 07 février 2008 a 00h00 | Par D.S.

Ovins - Assemblée Régionale de la Fédération Nationale Ovine

Une quarantaine de personnes ont assisté à l’assemblée régionale de la FNO avec au programme : bilan de santé de la PAC, FCO et situation du marché.

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Du bilan de santé de la PAC à la Fièvre catarrhale ovine en passant par l’identification électronique et la situation du marché, l’ordre du jour était bien rempli ce jeudi 24 janvier à la chambre d’agriculture de Guéret, en présence de Mr Bernard Martin le Président de la FNO, du député Mr Jean Auclair, de Monsieur Koelher directeur départemental de l’Agriculture et de la Forêt et de nombreux représentants professionnels de la Région Limousin.

Fièvre Catarrhale Ovine

En ce début d’année 2008, le nombre de cas recensés en France a passé la barre des 14 000 (bovins et ovins confondus). Les conséquences sont variables selon les élevages : avortement, arrêt de la production de lait, stérilité, et mortalité pouvant atteindre 30 %. Les doses nécessaires pour vacciner l’ensemble du cheptel ovin contre le sérotype 8 devraient être progressivement disponibles de mai à août 2008. Pour gérer ces mises à dispositions croissantes, la priorité a été donnée aux 16 départements du Nord Est les plus fortement touchés par la FCO, puis dans un second temps à l’ensemble des ovins des autres départements. Concernant le sérotype 1, une première livraison de doses serait disponible en mars permettant ainsi de vacciner les cheptels des départements du Sud Ouest et de la Corse. Toutefois, il paraît impossible d’effectuer rapidement la vaccination sur le terrain avec les moyens humains proposés par l’administration, à savoir la vaccination par les vétérinaires. La profession revendique donc le droit aux éleveurs de vacciner directement leurs animaux. Sur les aspects économiques, les actions syndicales nationales et locales semblent avoir porté leurs fruits, puisque le Ministère a annoncé sa volonté de revaloriser les indemnités de mortalité avec effet rétroactif sur 2007 : 100 Euros pour les ovins (contre 45 Euros actuellement) et 150 Euros (contre 91 Euros actuellement) pour les adultes à haute valeur génétique. Ces indemnisations ne devraient pas être suspendues pour les mortalités constatées après l’annonce de l’inactivité vectorielle.

Lors de la réunion.
Lors de la réunion. - © D.R.

Bilan de santé de la PAC

L’heure est vraiment cruciale pour la profession ovine Depuis décembre 2006 avec l’organisation des Etats Généraux de la production ovine à Marmilhat, la profession se mobilise pour faire connaître toutes les difficultés de ce secteur et principalement le différentiel de soutien au niveau des aides 1er pilier avec les autres productions. Sur ce dernier point, l’enjeu pour la profession est clair : le maintien d’une production ovine française performante ne pourra être assuré que par une juste rémunération des éleveurs et une équité dans le système de soutien entre productions. En effet, plusieurs études ont montré que hors aides, le revenu entre producteurs bovins et ovins est comparable. Les Pouvoirs Publics Français et Européen ont pris conscience d’une nécessité d’un redéploiement des aides en faveur de la production ovine . Le bilan de santé est l’occasion d’obtenir une adaptation de la réglementation européenne permettant un cadre pour le rééquilibrage des aides au niveau national (le système français d’aides du 1er pilier étant aujourd’hui figé par la réglementation européenne). Plusieurs dispositifs existent : article 69, modulation, régionalisation… Toutefois une adaptation de ces dispositifs, notamment un élargissement de la base de prélèvement pour l’application de l’article 69, sera indispensable pour permettre plus de souplesse et ainsi répondre en partie à la problématique ovine française. La revendication de l’ensemble de la profession : Alignement du niveau de soutien de la production ovine sur la PMTVA, via l’article 69 révisé. Persuadée qu’une parité des aides est indispensable entre productions aux enjeux identiques, la profession attend une réelle prise en compte de ses demandes et une adaptation des outils de soutien au niveau européen et français. Enfin, il est important de noter que cette adaptation, si elle a lieu, ne pourra entrer en vigueur au plus tôt qu’en 2009. La question de la pérennité des exploitations ovines pour l’année 2008 reste donc entière. Le bilan de santé de la Pac doit également participer au rééquilibrage des revenus entre éleveurs et céréaliers. Cet ajustement passe par la mise en place d’un soutien aux hectares d’herbe d’un minimum de 300 Euros/hectares. C’est uniquement à ce niveau de rééquilibrage que les éleveurs pourront faire face à l’augmentation exponentielle des charges.

Situation du marché

Le nombre d'éleveurs et de brebis ne cesse de diminuer. En Limousin c'est encore une diminution de 7 % du nombre d'éleveurs et de brebis. Les petits élevages sont les plus touchés tandis que les élevages de plus de milles brebis augmentent. Globalement, la production a diminuée de 2.5 %, la consommation de 2 %, les imports de 3 %, et les exports de 15 %. Cette année, nous avons assisté à une baisse des importations britanniques suite aux blocages successifs. Mais les importations néo-zélandaises ne cessent d'augmenter. Ces importations ont exercé une forte pression sur les prix toute l'année 2007. Pour faire face à cette situation peu favorable, plusieurs dispositifs sont envisagés. Tout d'abord, une nouvelle campagne de publicité sur l'agneau va être lancée cette année. Il a aussi été rappelé que le plan Barnier de soutien prévoyait un étiquetage obligatoire de la viande ovine française, néanmoins, l'aval de la filière continue de s'y opposer. De plus, Bernard Martin a rappelé le problème qui touche le secteur ovin : « de nombreux opérateurs de l'aval font baisser les prix alors même que les volumes sont peu importants. Il faut remettre les opérateurs dans le droit chemin et reprendre le pouvoir ». Ainsi, des réunions par zone géographique regroupant organisations professionnelles, administrateurs et producteurs auront lieu dans les mois à venir pour remettre les choses à plat entre amont et aval de la filière. Il a conclu cette réunion en rappelant la nécessaire mobilisation et surveillance des éleveurs sur les prix ainsi que l'importance de préserver l'unité syndicale en ces temps de crise.

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