La Creuse Agricole 11 septembre 2016 à 08h00 | Par HC

Opération transparence au centre d’engraissement

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Ce vendredi 2 septembre, le centre d’engraissement de Saint-Martial-le-Vieux ouvrait ses portes au public. Il s’agissait de montrer à tous le fonctionnement de l’atelier, qui a réceptionné ses premiers animaux au début de l’été. Même si l’installation ne tourne pas encore à plein régime, ces visites permettaient de se faire une bonne idée de l’ensemble. Pierre Chevalier, président du CIV, qui soutient le projet, faisait partie des guides. « Cet atelier est un véritable modèle d’exploitation pour la France et les autres pays d’Europe. C’est une alternative aux feed-lots qui tient la route. Ici on tient réellement compte du bien-être animal, on est largement au-dessus des normes imposées par la France et l’Europe. » Le projet a en effet été pensé pour conserver sur le territoire de la valeur ajoutée. Auparavant, les éleveurs n’avaient d’autre choix que d’envoyer leurs animaux maigres à l’étranger, vers l’Italie notamment. Les veaux se retrouvaient alors, après un long voyage de centaines de kilomètres en camion, dans des centres de plus de 10 000 places. Avec seulement 800 places, ce projet peut-donc considéré comme tout à fait modeste à l’échelle de l’Europe.

Un projet réfléchi
Pour concevoir cet atelier, les éleveurs sont partis de rien. Cette page blanche leur a donné toute la latitude dont ils avaient besoin pour faire ce qu’ils voulaient de mieux pour leurs animaux, tout en respectant au maximum les aspects sanitaires, écologiques et économiques, qui sont ici indissociables. Pascal Lerousseau explique : « En regroupant nos animaux à engraisser sur un seul site nous économisons énormément : le bâtiment d’abord, il a coûté bien moins cher que s’il avait fallu en construire 50. L’aliment ensuite : en commandant de plus grandes quantités d’un coup on bénéficie de tarifs avantageux. Et puis le matériel : un seul tracteur, une seule dessileuse à démarrer chaque matin, au lieu de 50 ! L’économie rejoint ici l’écologie, nous produisons 50 fois moins de gaz à effet de serre que si nous étions restés chacun dans notre coin. » Et la volonté écologique ne s’arrête pas à ces économies : les bâtiments sont tous couverts en panneaux photovoltaïques grâce à un partenariat avec un entrepreneur spécialisé, et prochainement c’est un méthaniseur qui sortira de terre.

Un projet viable
Produire et conserver la valeur ajoutée ne servirait à rien sans un acheteur. C’est avec la société Jean Rozé que la SAS a contractualisé. En ces temps de crise, le contrat est clair et sécurisé. Il garantit un prix d’achat tenant compte des coûts de production avec un prix plancher. Aucun animal ne partira à moins de 3,83 euros du kilo carcasse, et le prix augmentera si les cours remontent. La société Jean Rozé, qui avec Intermarché communique beaucoup sur ses propres circuits courts, s’assure ainsi un produit de qualité.

Controverse
L’atelier est attaqué depuis longtemps par une association qui utilise les termes de « ferme usine », ou de « ferme des 1 000 veaux ». Cette association est parvenue à obtenir la suspension de l’autorisation d’exploiter fin juillet, la SAS a fait appel de cette décision. Toutefois, l’atelier pourra accueillir jusqu’à 400 animaux sans problème, car cela ne demande qu’une déclaration en préfecture. Au-delà, il faudra voir le résultat de l’appel et les évolutions de la réglementation.
Pierre Chevalier écarte d’un revers de main les attaques des détracteurs du projet : « Quand on essaye de discuter avec eux, ils expliquent qu’il ne faudrait que 20 animaux par élevage au maximum. Mais nous qui travaillons avec les animaux, nous savons très bien qu’il ne serait pas possible d’en vivre, il y a de trop nombreux frais qui ne peuvent être absorbés qu’en augmentant le nombre d’animaux. L’élevage est notre métier, pas un loisir. Nous sommes les premiers conscients de l’importance du bien-être animal. Nous travaillons dans les règles, et nous faisons même mieux que ce qui nous est imposé, dans tous les domaines. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll nous soutient et nous cite souvent en exemple. »

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