La Creuse Agricole 14 mai 2020 à 07h00 | Par Dr Didier GUERIN GDS Creuse - www.gdscreuse.fr

Maîtrise de la reproduction en élevage allaitant

L’impact de la fécondité sur la rentabilité globale en élevage allaitant est important et sa maîtrise constitue un levier d’amélioration économique conséquent.

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La productivité numérique, fonction de l’IVV moyen et des taux de gestation et de mortalité, constitue une notion primordiale à connaître. Le BSE prérempli vous apporte les éléments pour déterminer la productivité numérique de votre élevage. Il est consultable avec votre accès à WebGDS sur notre site www.gdscreuse.fr.
La productivité numérique, fonction de l’IVV moyen et des taux de gestation et de mortalité, constitue une notion primordiale à connaître. Le BSE prérempli vous apporte les éléments pour déterminer la productivité numérique de votre élevage. Il est consultable avec votre accès à WebGDS sur notre site www.gdscreuse.fr. - © GDS Creuse

Si les suivis de fécondité en troupeau laitier se sont largement développés, on constate que de tels systèmes d’amélioration de la rentabilité en élevage allaitant n’ont pas connu le même succès. Le manque d’éléments de bilan et d’analyse facilement disponibles au niveau de l’éleveur, associé à une sensibilisation insuffisante de l’impact du volet fécondité sur la rentabilité globale de l’élevage ont fortement participé à cette situation. Or, maintenant, des bilans fiables, issus des enregistrements obligatoires effectués par les éleveurs, sont disponibles dans tous les élevages. Cela ouvre ainsi la porte à une analyse rationnelle dans tous les cheptels allaitants de la fonction reproduction avec les impacts positifs que cela peut engendrer.

Un impact économique à deux niveaux
Le premier effet d’une bonne maîtrise de la reproduction s’évalue en nombre de veaux produits par vache et par an. Ainsi, le seul fait de passer d’un intervalle vêlage-vêlage (IVV) moyen de 370 jours à 380 jours sur 37 vaches équivaut à la perte d’un veau, même si le bon d’équarrissage n’est pas présent ! La productivité numérique, qui intègre cette notion d’IVV moyen associée aux taux de gestation et de mortalité, constitue une notion primordiale à connaître pour tout éleveur. De plus, étant donné que la fonction de reproduction sera la première détériorée lors de toute présence de facteurs de déséquilibre dans l’élevage, de bons résultats sur ce point caractérisent de bonnes situations sanitaires avec toutes les conséquences bénéfiques que cela engendre, notamment en matière économique.

Une efficacité de la reproduction à mesurer dans chaque élevage
Le nombre de veaux sevrés par vache mise à la reproduction et par an est le critère le plus important, mais il est trop global et ne permet aucune recherche des causes des plus ou moins mauvais résultats. Trois critères plus analytiques permettent de caractériser l’efficacité de la reproduction des troupeaux allaitants : le taux de gestation, l’intervalle entre vêlages (IVV) et le taux de mortalité des veaux. Leur détermination suppose un inventaire précis et rigoureux de toutes les femelles mises à la reproduction et de tous les mouvements d’animaux avec leur état de gestation lors du mouvement.

Un taux de gestation supérieur à 92 %
Le taux de gestation est le seul mode d’expression de la fertilité. Calculé sur une durée de 12 mois, variable suivant les troupeaux en fonction des périodes de vêlages, il est égal à la proportion de femelles pleines par rapport au nombre de femelles mises à la reproduction. La valeur seuil généralement retenue se situe à 92 %. Au-dessous, on peut considérer que le résultat est mauvais.

Un intervalle entre vêlages inférieur à 370 jours
L’intervalle moyen entre vêlages successifs est l’illustration la plus pratique de la fécondité d’une vache. La moyenne des IVV traduit la fécondité du troupeau, l’objectif étant d’avoir un IVV moyen de l’ordre de 365 à 370 jours. L’objectif est de 365 jours pour les multipares et 370 jours pour les primipares. Le pourcentage de primipares déterminera l’objectif du troupeau. Une moyenne supérieure à 380 jours est le premier indicateur d’infécondité. Cette moyenne est toutefois la résultante de situations très inégales. Elle peut parfois traduire, soit des intervalles individuels longs pour l’ensemble des vaches du troupeau soit des intervalles très longs (supérieurs à 390 jours) sur un certain nombre de vaches. Plus de 10 % des vaches avec des IVV supérieurs à 390 jours constitue un deuxième critère d’alerte.

 

Une première approche des chiffres disponibles dans chaque élevage en matière de fécondité et de fertilité permet de situer son troupeau et de déterminer les éventuelles marges de progression, souvent présentes mais méconnues.
Une première approche des chiffres disponibles dans chaque élevage en matière de fécondité et de fertilité permet de situer son troupeau et de déterminer les éventuelles marges de progression, souvent présentes mais méconnues. - © GDS Creuse

Un taux de mortalité des veaux inférieur à 5 %
Le taux de mortalité des veaux avant le sevrage viendra compléter ces deux critères pour déterminer le nombre de veaux sevrés par vache mise à la reproduction ou productivité numérique. Ce taux de mortalité doit être inférieur à 5 %.
L’âge moyen au premier vêlage est un élément complémentaire qui nécessite également une observation car il peut dégager une importante marge de progression économique dans certains élevages et constitue un critère d’image du troupeau.
Une analyse des résultats pour situer son cheptel et déterminer les éventuelles marges de progression
L’analyse des résultats d’un troupeau à partir des critères ci-dessus peut se faire à l’aide du graphique « Résultats de la reproduction en fonction du taux de gestation et de l’IVV » qui permet de le situer par rapport aux deux seuils retenus. Cette analyse permettra la quantification des pertes et impliquera la recherche des facteurs de risques spécifiques à l’élevage et la mise en place d’un plan de prévention et de lutte adapté à chacun en fonction de ses objectifs.

Des informations disponibles dans tout élevage dont le « bilan sanitaire d’élevage » prérempli fourni par GDS Creuse
Avec le bilan sanitaire d’élevage prérempli fourni par GDS Creuse (téléchargeable avec WebGDS ou sur demande à GDS Creuse, cf. article du 09/10/2019), pour les dates de campagne souhaitées, chacun dispose de sa productivité numérique, du nombre de naissances avec leur répartition, des mortalités par classe d’âge, de l’âge de vêlage des génisses, de l’IVV moyen, du nombre de vaches avec un IVV supérieur à 390 jours, du nombre de vaches sans vêlage… et peut donc faire son bilan reproduction et initier l’analyse correspondante, notamment avec son vétérinaire.

Le bilan de reproduction, un acte de gestion incontournable
À la fin de chaque campagne, un bilan est à réaliser systématiquement afin d’établir un état des lieux de la situation par période de reproduction pour positionné le troupeau par rapport aux différents critères. Toute action préventive repose d’abord sur l’appréciation du degré d’infécondité initiale du troupeau. Il convient de vérifier si elle est le fait de l’ensemble des vaches ou si elle relève d’une situation hétérogène. D’une façon générale, l’analyse vise à identifier les individus qui pénalisent la fécondité globale du troupeau et à rechercher s’ils ont des caractéristiques communes. La réalisation et l’analyse du bilan de reproduction constituent donc une base de gestion incontournable pour chaque éleveur en raison des implications économiques et sanitaires directes et indirectes que cela représente. Dans son approche globale du troupeau, sa réalisation est systématiquement à effectuer pour les raisons suivantes :
Les éléments rationnels de bilan sont disponibles dans les élevages du fait des obligations réglementaires, il suffit de les consulter et les analyser.
Des marges de progression existent dans nombre d’élevages.
Les implications économiques de l’amélioration ou du maintien si la situation est favorable sont importantes de manière directe et indirecte.
Les moyens de lutte qui découlent de l’analyse sont faciles à mettre en place pour peu qu’une certaine remise en cause de quelques aspects de la conduite de l’élevage soit acceptée d’où l’importance de l’accompagnement et de la pertinence du conseil.
L’apport de « sécurité » obtenue s’avérera très appréciable, notamment, dans les grands effectifs.
Pour répondre aux attentes de l’éleveur qui peuvent être résumées sous l’adage suivant : avoir un troupeau « sain, sûr et rentable », le bilan de reproduction représente une étape indispensable. C’est la première étape de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »

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