La Creuse Agricole 08 décembre 2016 à 08h00 | Par Aurélien LEGRAND/Dr Didier GUERIN

Lutte contre les taupes : L’automne, une période à valoriser

Fortement perturbatrice en zone herbagère, la taupe demande une continuité dans le suivi de ses impacts. L’automne constitue une période favorable sous-utilisée.

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La taupe, par la formation de taupinières, entraîne des pertes de production accompagnées de risques sanitaires. Associant conditions météorologiques (humidité), environnementales (pousse de l’herbe) et biologiques (avant la phase de reproduction de la taupe), l’automne représente une saison propice d’intervention sous-utilisée.
La taupe, par la formation de taupinières, entraîne des pertes de production accompagnées de risques sanitaires. Associant conditions météorologiques (humidité), environnementales (pousse de l’herbe) et biologiques (avant la phase de reproduction de la taupe), l’automne représente une saison propice d’intervention sous-utilisée. - © GDS Creuse

Intervenir en période humide et avant la période de reproduction représentent des atouts en matière de lutte contre les taupes. C’est pourquoi l’automne est une saison favorable d’intervention, elle est pourtant sous-utilisée. Après avoir présenté les points essentiels de cette lutte, cet article illustre l’apport du contrôle des taupes à l’automne pour une meilleure qualité des fourrages l’année suivante.

Des pertes de production, une qualité réduite des récoltes, des impacts sanitaires, des dégâts matériels
Une taupinière fait de 30 à 50 cm de diamètre, multiplié par le nombre, la perte en herbe devient conséquente. Le préjudice peut aller de 5 à 30 % de la surface, voire 50 % pour certains enclos à moutons. Les récoltes de foin et d’ensilage sont de moins bonne qualité, la terre dans les fourrages entraîne des moisissures et la présence de butyriques avec un impact sanitaire sur le troupeau. Les dégâts matériels peuvent être importants avec l’usure rapide des outils de récoltes (fenaison, ensilages…). La perte totale due à la présence de taupes peut atteindre 50 euros/ha sur une exploitation.

Le choix d’une méthode adaptée à son système
Pour une lutte efficace, oublions les méthodes basées sur de fausses croyances comme l’hémophilie de la taupe ou sur l’emploi de matières actives interdites comme la strychnine et la chloralose. Investissons dans des systèmes efficaces, agréés et reconnus. Réalisée grâce à des pièges pince, des tubes ou autres systèmes mécaniques disponibles dans votre magasin Farago Creuse, le piégeage demande une connaissance du « terrain » pour un placement adéquat des pièges et du temps pour la pose et le suivi avec au moins un relevé quotidien et un changement d’emplacement si la taupe a repéré le poste de piégeage.

Le phosphure d’hydrogène (PH3) : produit homologué, reconnu et efficace
Les générateurs de phosphure d’hydrogène (PH3) sont très efficaces lorsque les conditions favorables sont réunies : travailler dans un sol suffisamment humide, éviter les sols sableux, craquelés, prévoir une quantité de gaz en relation avec l’importance du réseau à traiter. La méthode consiste à introduire dans les galeries des générateurs de gaz sous forme de pastilles qui, réagissant avec l’humidité du sol, forment des bouchons de PH3 allant jusqu’à 1 mètre. L’efficacité est de l’ordre de 80 à 90 %. Malgré sa présence à l’état naturel, mais sans risque car à concentration faible, l’emploi de spécialités génératrices du PH3 est réglementé. Seuls les applicateurs certifiés au sein de structures agréées peuvent utiliser ces spécialités.

En Creuse, un choix de formation des éleveurs et d’agrément des élevages
Dans le cadre de la lutte contre les taupes avec le PH3, en Creuse, un choix de formation des éleveurs et d’agrément des élevages a été effectué. Une action concertée entre la DRAAF Limousin, la Chambre d’Agriculture, les différents GDA impliqués dans les formations et GDS Creuse via sa filiale Farago Creuse s’est déroulée en Creuse de 2001 à 2003. Cela a permis la certification de plus de 300 personnes (essentiellement des éleveurs) et l’agrément de plus de 200 structures (élevages, CUMA). Avec la Chambre d’Agriculture, nous avons accompagné les structures agréées pour la reconduction de leur agrément annuel et les personnes certifiées pour le renouvellement de leur certificat tous les 5 ans. Nous avons œuvré auprès de l’administration pour que ces formations soient de nouveau proposées aux agriculteurs, c’est le cas depuis l’automne dernier. Si vous êtes intéressés, rapprochez-vous du CFPPA du Lycée Agricole d’Ahun pour vous inscrire pour les prochaines sessions.

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