La Creuse Agricole 18 septembre 2020 à 07h00 | Par A.M.

Les prix au cœur des préoccupations de la FDSEA

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Séverine Bry, secrétaire générale de la FDSEA23, Christian Arvis, président de la FDSEA 23 et Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse.
Séverine Bry, secrétaire générale de la FDSEA23, Christian Arvis, président de la FDSEA 23 et Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse. - © AM

Pour cette rentrée syndicale, le président de la FDSEA Christian Arvis avait fait le choix d’ouvrir très largement ce conseil fédéral en réunissant le 8 septembre dernier à Jarnages tous les administrateurs de la FDSEA et des sections spécialisées. Un conseil fédéral qui a rassemblé près de 80 participants pour décortiquer l’ensemble des dossiers d’actualité et des actions menées par la fédération, et par la même occasion, définir les orientations stratégiques à venir du syndicat.
L’un des sujets majeurs qui prédominait cette réunion était sans nul doute celui des prix des produits agricoles, tant sur le marché de la viande bovine que celui du lait.

Un contexte difficile
Les indicateurs de marché de la viande bovine fournis par les instances nationales indiquent une situation bien différente de celle rencontrée sur le terrain. Comme l’explique le président Christian Arvis, « alors que l’ensemble de ces indicateurs, qui nous sont fournis par les instituts techniques, Normabev, Idèle, France Agri Mer, DGAL, et la BDNI font état d’une situation favorable à l’export sur le marché du broutard, celui-ci ne fait que régresser sur notre région ». De quoi poser la question pour savoir : « qui ne joue pas le jeu ? », les coopératives ? les négociants privés ? autant de questions dont les réponses sont loin d’être évidentes. Lorsque l’on compare le stock d’animaux entre 2020 et 2019, on remarque une nette décapitalisation du cheptel vache mère français qui régresse de 2 % avec 3,77 millions de têtes. Sur les jeunes bovins, les stocks supplémentaires restés en ferme représentent aujourd’hui 14 900 têtes, ce qui correspond à peine à 10 jours de stock avant abattage.
Sur les exportations de broutards en direction de l’Italie et de l’Espagne, qui restent les principaux débouchés du maigre français, une baisse significative de -3 % est constatée entre la dernière semaine d’août 2020 la même période de 2019.
Quant au marché du broutard, il s’élève aujourd’hui en moyenne à 2,39 € contre 2,55 € à la même période de 2019. « Des baisses qui ne se justifient pas compte tenu des tendances de marché » soulignent les services de ces instituts. Sans parler des ciseaux des prix qui font apparaître en 23 ans, une augmentation de 73 % des prix à la consommation, et de 55 % sur les charges en élevage.

Une actualité diverse et chargée
La sécheresse qui sévit sur notre département depuis plusieurs semaines n’a pas pour autant laissé la fédération et ses responsables sans réaction. Malgré les réunions régulières à la préfecture dans le cadre du comité sécheresse, les responsables de la FDSEA ont demandé aux pouvoirs publics et à la DDT, d’engager sans attendre, une commission d’enquête afin d’ouvrir une procédure de reconnaissance des calamités agricoles. Pour les représentants de la FDSEA, les solutions à ces périodes de sécheresse ne résident pas uniquement dans l’attribution d’enveloppes financières, « mais de repenser et d’adapter notre agriculture, pour faire face à ces aléas climatiques » souligne le président, tout en précisant « qu’il serait temps de faire évoluer les critères d’éligibilité du CNGRA ».

L’eau, un enjeu capital
Même analyse pour le président de la chambre d’agriculture Pascal Lerousseau, qui préconise pour sa part la création de réserves d’eau, individuelles ou collectives, pour subvenir aux besoins en eau, tant pour l’irrigation que pour l’abreuvement des animaux, plutôt que d’aller « tirer » l’eau sur le réseau. « Diversifier nos productions reste pour nous, un enjeu capital pour notre agriculture de demain » souligne Pascal Lerousseau.
Le président Christian Arvis a aussi rappelé que pour pallier les besoins en fourrage des éleveurs, la FDSEA avait déjà depuis plusieurs semaines organisé une nouvelle « opération paille » en provenance d’Espagne, faute d’en trouver dans les départements voisins et parfois à des prix « inqualifiables ».
Parmi ces aléas climatiques et à l’inverse de la sécheresse, la FDSEA est également intervenue auprès des agriculteurs sinistrés par les orages de grêle. Durant les épisodes de grêle, pas moins de 1 700 ha de maïs et 1 800 ha de céréales ont été détruits sur 22 communes creusoises. Des rencontres ont d’ores et déjà eu lieu avec le Conseil départemental pour demander un accompagnement financier auprès des éleveurs concernés, pour une aide à l’achat de semences.
Toujours au chapitre de l’eau, Christian Arvis a aussi rappelé le travail engagé par la FDSEA depuis 2018, à savoir la réalisation d’une carte hydrographique des cours d’eau du département. Une étude qui prendra fin prochainement, après les dernières visites sur le terrain pour finaliser cette carte. Un arrêté préfectoral devrait être pris dans les semaines à venir pour définir et clarifier les cours d’eau concernés par les BCAE et les ZNT. Une plaquette d’information à destination des agriculteurs sera également réalisée pour expliquer les travaux d’aménagement possibles d’un cours d’eau sans prendre le risque d’avoir la visite surprise des agents de l’OFB. La Creuse reste jusqu’à présent le seul département à avoir réalisé cette cartographie.
Parmi les autres sujets évoqués, le président a rappelé la validation de la charte de bon voisinage par la préfecture après avoir été soumise à une enquête publique. Une charte établie par la Chambre d’Agriculture en concertation avec la FDSEA et les JA, qui définit les relations entre agriculteurs et riverains sur l’utilisation des produits phytosanitaires. Cette charte fera l’objet d’un arrêté préfectoral.
Si le sujet du loup fait couler beaucoup d’encre et beaucoup parler dans certains départements, l’animal ne cesse de se rapprocher de la Creuse et de s’y installer selon certaines observations par les instances de la faune sauvage. Le nombre de « victimes » du loup a triplé en 2019 et plus de 30 millions d’euros ont été versés à titre de compensation aux éleveurs concernés. Pour la FDSEA, « il n’y a pas de compatibilité entre le loup et l’élevage », comme l’indique une étude réalisée par l’Idèle sur la vulnérabilité des élevages, a souligné le président qui tient à préciser que la FDSEA restera très vigilante sur ce dossier.

Le photovoltaïque en question
Autre dossier tout aussi prégnant : la multiplication des projets de chantiers de panneaux photovoltaïques en plein champ. « Si l’on ne peut pas empêcher tout projet en la matière, on peut par contre éviter les dérives et pour ce faire, il faut une doctrine claire nette et précise qui encadre les schémas d’autorisation » estime président Christian Arvis. « Notre position à la FDSEA reste très claire. Il faut être propriétaire du terrain pour réaliser un projet et être situé à une distance maximale pour être raccordé un poste source ».

Chasse
À la veille de l’ouverture de la chasse, une réunion d’information s’est tenue à Felletin la semaine dernière. Le constat fait apparaître un bilan mitigé sur la dernière campagne dans notre département. Pas assez de femelles abattues et une dégénérescence du sanglier dans le camp militaire de La Courtine et une augmentation croissante des dégâts. La FDSEA préconise pour sa part, une invitation pour ne pas dire une incitation aux ACCA de prélever davantage de femelles. De plus, les risques sanitaires se font d’ores et déjà ressentir dans certaines analyses de BVD qui se sont révélées positives sur la faune sauvage.

Autorisations d’exploiter
En interne, la FDSEA également fait savoir son positionnement au sujet des autorisations d’exploiter. Une position commune qui a été prise depuis quelque temps avec la Chambre d’agriculture qui ne votent plus ces demandes d’autorisation, afin de laisser les « autres » assumer les responsabilités a déclaré le président Arvis en précisant que, « on nous demande simplement la validation de ces autorisations avec des grilles imposées ? Ce n’est la bonne solution. Laissons le choix aux propriétaires ! ».

Avant de conclure ce conseil fédéral après ce large tour d’horizon, la parole était laissée aux responsables des sections spécialisées, qui, tour à tour, ont décliné leurs actions et notamment la présidente de la commission des agricultrices, Séverine Bry, qui ne pouvait que se réjouir du dynamisme de sa section et des actions qu’elle a engagées, comme le marché nocturne qui a remporté un franc succès en juillet dernier, et l’organisation d’une marche solidaire en faveur des personnes atteintes d’un cancer qui aura lieu le 27 septembre prochain à Aulon.

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