La Creuse Agricole 04 avril 2020 à 12h00 | Par Marylise Le Guénic, Simone Ansquer, Violaine L’Haridon - Chambres d’agriculture de Bretagne

Les gestes barrières sur vos fermes aussi !

Comment limiter les contacts et les risques de contaminations ? Que faire si je suis malade ? Comment protéger mes salariés ? Ces conseils distillés aux Français sur des fiches de bonnes pratiques se déclinent aussi en élevage et doivent s’appliquer dans l’ensemble des soins aux animaux (alimentation, abreuvement, suivi, soins…), ainsi que lors des travaux des champs.

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Pour se protéger et protéger les autres, se laver les mains à l’eau et au savon et bien les essuyer avec un papier jetable ou utiliser la solution hydroalcoolique.
Pour se protéger et protéger les autres, se laver les mains à l’eau et au savon et bien les essuyer avec un papier jetable ou utiliser la solution hydroalcoolique. - © Chambres d'agriculture de Bretagne

Sur une exploitation agricole, des hommes et des femmes travaillent ensemble quels que soit leurs statuts : salariés, associés (milieu confiné comme un élevage porcin, mais aussi en élevage laitier en salle de traite, dans les champs…) et peuvent contaminer les autres par des contacts entre eux, par contact avec des surfaces (comme volant de tracteur, faisceaux trayeurs…), voire par la persistance dans l’air. Il a aussi des contacts avec des intervenants extérieurs (livreurs…).

Quelles sont les préconisations ?
- Continuer la protection habituelle (la biosécurité déjà appliquée en élevage doit être poursuivie, voire renforcée) ;
- Limiter les contacts entre les personnes : une personne contagieuse (malade mais aussi en fin d’incubation ou dans les jours après guérison, contamine en moyenne entre 2 à 3 personnes) ;
- Éviter les contaminations indirectes (les mains et le matériel) : le virus persiste de quelques heures à quelques jours sur différents supports, et au moins plusieurs heures dans l’air.

L’exploitant a-t-il l’obligation de se tenir informé sur ce sujet ?
Oui, parce qu’il accueille des personnes extérieures à l’exploitation, parce que s’il est employeur, il doit limiter les risques sur son exploitation (pour les employeurs, dans le Document unique d’évaluation des risques, un risque nouveau est à noter « Contact direct », avec des préconisations pour limiter ce risque).

Et si une personne considérée à risque élevé travaille sur l’exploitation ?
Qui sont ces personnes : https://www.msa.fr/lfy/exploitant/coronavirus-mesures
Elle peut se rapprocher de son médecin traitant. Le service santé et sécurité au travail de la MSA (avec médecins du travail) peut aussi lui apporter des conseils. Un salarié doit échanger sur le sujet avec son employeur pour qu’il mette en place des mesures spécifiques pour limiter les risques. L’employeur a l’obligation d’assurer la sécurité de ses salariés.

Doit-il mettre en place un affichage spécifique ?
Oui. Afficher les consignes sur l’exploitation (entrée, bureau…). Et rappeler à l’ordre si nécessaire. S’il est employeur, l’exploitant doit aussi informer les salariés et expliquer l’importance d’une prévention avant tout cas : l’excrétion du virus commence avant les premiers symptômes, une personne peut dès lors contaminer plusieurs membres du collectif (en 2 et 3 personnes en moyenne). Cela met en péril le travail sur l’exploitation et les personnes des familles concernées (notamment les personnes à risque).

Quid du savon, papier… ?
Un employeur doit mettre à disposition du ou des salariés les équipements et consommables nécessaires : eau, savon, papier jetable (ou à défaut tissu propre, renouvelé aussi souvent que possible) ou gel hydroalcoolique. Un exploitant qui travaille avec des associés doit, par bon sens, appliquer les mêmes règles.

Que faire si une personne du collectif (associés et/ou salariés) a des symptômes ?
Les salariés atteints de fièvre, maux de tête, toux, doivent restés confinés à domicile. L’exploitant ne pourra pas toujours appliquer cette règle. En cas d’absolue nécessité (continuité du travail auprès des animaux) et de symptômes bénins qui pourraient justifier de la poursuite d’activité, l’exploitant doit porter un masque sur prescription et être d’autant plus respectueux des consignes précédentes.


Intervenant extérieur Collectif de travail de l’exploitation : associés-salariés
Respecter les règles usuelles de biosécurité et d’hygiène
Accueil sur rendez-vous si indispensable
ou
intervenant usuel de l’exploitation autonome et respectant les règles de biosécurité.
Voir ci-dessous :
- consignes lavage des mains.
- gestion documentaire
Si possible séparer les tâches (pour limiter les risques entre personnes) : par ex : alterner les traites, être chacun dans sa salle…
Pas de pause-café en commun,
Respecter la distance d’un mètre, voire deux mètres entre deux personnes (voir plus – Distance préconisée au 17/03/2020)
Utiliser le téléphone ou SMS ou des tableaux blancs extérieurs pour communiquer (y compris pour tracer la présence seul dans une salle)
Essayer de limiter à 5 contacts par jour maximum.
Respecter la distance minimale préconisée.
Se saluer sans poignée de mains, ni embrassades, ni accolades.
Se laver les mains à l’eau et au savon et bien les essuyer avec un papier jetable ou utiliser la solution hydroalcoolique.
Si vous utilisez des gants réutilisables, pensez aussi à laver vos mains avec vos gants – Les gants peuvent être contaminés.
Ce lavage ou cette désinfection hydroalcoolique est impératif à l’entrée et à la sortie de l’élevage et doit être renouvelé au moins entre chaque tâche (la recommandation est d’une fois par heure, et à chaque fois qu’on s’est mouché)
Utilisation de son propre matériel ou à défaut le lavage des mains avant et après utilisation. Le nettoyage des surfaces (ex : volant, levier de vitesse, faisceaux trayeurs) abaissent encore le risque, pour du matériel qui sera utilisé plus de quelques minutes (risque de toucher son visage)
Cabine de tracteur, salles : aérer et attendre quelques heures avant changement d’utilisateur.
Attention aux masques pour les désinfections bâtiments, traitements phyto… : chacun son masque
Pour les documents qui transitent entre l’exploitation et l’extérieur : privilégier le numérique. Sinon :
- Documents entrants : classement (ou rangement provisoire) immédiat et lavage des mains
- Documents sortants : idem pour l’intervenant ou régularisation ultérieure (ex : fiche d’équarrissage)
Tousser ou éternuer dans son coude :
essentiel pour limiter la contamination par gouttelettes et éviter celle par les mains
Utiliser des mouchoirs à usage unique
Utiliser la poubelle de l’exploitation

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