La Creuse Agricole 04 juillet 2018 à 08h00 | Par Sophie Chatenet

Le travail : un enjeu d’attractivité pour la filière ovine

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Fin mai, le groupe pluri-métiers ovins s’est retrouvé dans l’Allier, sur l’exploitation de Christophe Guillaumin.
Fin mai, le groupe pluri-métiers ovins s’est retrouvé dans l’Allier, sur l’exploitation de Christophe Guillaumin. - © MM

Composés d’éleveurs, d’enseignants et de conseillers de plusieurs régions, des groupes planchent sur les leviers pour améliorer les conditions de travail en élevage ovin.
Lauréat du fond Casdar en 2017, le projet « Améliorer les conditions de Travail en élevage Ovin » (AmTrav’Ovin), coordonné par l’Institut de l’élevage, réunit les chambres d’agriculture de l’Allier, du Cher, de la Saône-et-Loire, de l’Aube, de la Dordogne, du Lot, du Vaucluse, du Maine-et-Loire, les chambres régionales d’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes et des Pays de la Loire, le lycée de Charolles, l’EPLEFPA Fontaines sud Bourgogne, la Confédération Générale de Roquefort, l’Unotec, l’INRA, l’Université de Clermont-Auvergne, la FNO, l’EPL de l’Aube (lycée de Saint-Pouange), l’EPL La Cazotte (lycée de Saint-Affrique), les stations expérimentales de Carmejane et du Ciirpo (Centre Interrégional d’Information et de Recherche en Production Ovine), la Caveb et Copagno (organisations de producteurs).

Horizons divers
« Il a paru opportun d’élargir le groupe aux départements du Puy-de-Dôme et de la Nièvre en raison de l’homogénéité de la conduite des troupeaux (races, type d’agneaux…) », précise Marie Miquel, animatrice du projet. Par petits groupes, les acteurs aux profils variés (éleveurs, conseillers, ergonomes, enseignants, animateurs…) se réunissent régulièrement pour déceler des leviers capables d’améliorer les conditions de travail. Récemment, un de ces groupes s’est retrouvé sur l’exploitation de Christophe Guillaumin à Deux-Chaises, dans l’Allier. « On part de mots clés, puis on laisse chacun s’exprimer sur ce que recouvre la notion de travail pour lui aujourd’hui », explique Gérard Servière, chef de projet à l’Institut de l’élevage. Globalement, les réflexions font apparaître que le travail est un sujet personnel, qu’il dépend de son système (taille du troupeau, mode de production, calendrier de reproduction…), de ses valeurs et de son projet (travailler doux, travailler vite, travailler moins), mais aussi de son capital santé. « Au fil des échanges, on s’est rendu compte que pour bon nombre d’éleveurs, l’exercice de son métier engageait les autres. Autrement dit, le bien-être ou mal-être dans le travail dépend et a des répercussions sur sa famille, ses associés, ses salariés, et plus globalement sur le relationnel », suggère Marie Miquel.

Relations homme/animal
Autre élément fondamental du métier d’éleveur : la relation homme/animal, pas suffisamment creusée selon la majorité des acteurs de la filière. « La question de formation aux principes de l’éthologie (ne pas lutter contre le comportement naturel des animaux, mais au contraire organiser des circuits, en bergerie et entre parcelles, basés sur l’instinct de l’animal) est régulièrement soulevée », analyse Gérard Servière. Dans ce cadre, une meilleure compréhension de l’animal pourrait générer un gain de temps. Fort d’échanges nourris et de partages d’expériences, sur quatre thèmes majeurs, des pistes d’actions émergent. Ainsi sur le volet relation homme-animal, le groupe de réflexion estime que les formations des élèves doivent être plus pratiques (comment observer les animaux), et qu’un rappel des fondamentaux sur le comportement animal est indispensable.

La santé de l’éleveur
Pour conserver son capital santé, clé de voûte de tous systèmes, les préconisations suivantes sont émises : activer la prévention (visite médicale, sensibilisation des futurs agriculteurs), communiquer et se former en conditions réelles dans les établissements agricoles, prévoir dans son projet d’installation un équilibre vie privée-vie professionnelle, inclure la dimension travail dans le PDE, formation autour de la manipulation des ovins. Sur l’organisation du travail, là aussi les propositions ne manquent pas : capitaliser des références autour de la quantité de travail à fournir pour une tache/exemples de planification annuelle du travail (cas types ou témoignages), faire le lien entre CSO et services de remplacement, sensibiliser les agents de service de remplacement à la production ovine (formation contention d’un animal), délégation du travail (intra et extra exploitation) : identifier les conditions à remplir pour pouvoir déléguer à un prestataire/créer une fiche autour de l’agnelage. Par ailleurs, pour les enseignants, les éleveurs, les techniciens, la simplification du travail d’astreinte passe par : des visites d’élevages tournantes, échanges de pratiques, rallye bergerie, des supports de communication (Facebook), des références d’astuces, la formation des futurs éleveurs hors cadre, la caractérisation de la notion d’astreinte (perceptions différentes pour chacun), la motivation des éleveurs sur cette thématique travail.

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