La Creuse Agricole 14 septembre 2021 a 07h00 | Par ND

Le talent creusois à Tech&Bio !

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L'une des nombreuses innovations du GAEC des Montagnes est le pâturage tournant dynamique régulé au fil qui leur permet l'engraissement des agneaux exclusivement à l'herbe. Ils effectuent également la plantation de bois d'oeuvre (Paulownia) afin de faire de l'ombre aux animaux. On peut préciser que le GAEC a choisi cette essence d'arbre car elle absorbe dix fois plus de dioxyde de carbone que les autres essences et pousse très rapidement.
L'une des nombreuses innovations du GAEC des Montagnes est le pâturage tournant dynamique régulé au fil qui leur permet l'engraissement des agneaux exclusivement à l'herbe. Ils effectuent également la plantation de bois d'oeuvre (Paulownia) afin de faire de l'ombre aux animaux. On peut préciser que le GAEC a choisi cette essence d'arbre car elle absorbe dix fois plus de dioxyde de carbone que les autres essences et pousse très rapidement. - © CDA 23

Pierre et Laurianne Grancher sont deux jeunes agriculteurs installés en Gaec à Boussac Bourg depuis 2017.
Originaire des Alpes-de-Haute-Provence et issus du monde agricole, Pierre Grancher a commencé sa carrière comme tondeur de mouton. Dans le cadre de cette activité, il a pas mal voyagé, notamment à l'étranger, et a pu ainsi observer et comparer les différents systèmes d'élevage qu'il a rencontrés.
C'est justement à l'occasion d'un déplacement en Creuse dans le cadre de cette activité de tonte que Pierre et Laurianne ont eu un coup de coeur pour le département. C'est donc avec enthousiasme, et grâce à une opportunité d'installation, que ce couple de baroudeurs a posé ses valises à Boussac en 2017. Ils ont choisi de s'installer en ovin allaitant bio avec une orientation inspirée du système herbe néozélandais. Toutefois, en parallèle de son installation, Pierre a fait le choix de poursuivre son activité de tonte de mouton, pour partie de son temps.
À l'époque, Pierre et Laurianne ont ainsi commencé leur activité sur 70 hectares en élevant 300 brebis. Aujourd'hui se sont plus de 800 brebis qui sont présentes sur l'exploitation. Celle-ci s'est également agrandie pour atteindre actuellement près de 160 hectares.

Une remise en état de l'exploitation
Cette installation a demandé beaucoup de travail puisque lorsque Laurianne et Pierre sont arrivés, les terrains étaient en friche, les haies n'avaient pas été taillées depuis de nombreuses années et les bâtiments agricoles n'étaient pas forcément adaptés pour l'élevage ovin.
Des analyses de sol sur leurs différentes parcelles ont été réalisées afin de connaître leur potentiel et pouvoir l'améliorer. D'un pH de moins de 5 ils sont passés très rapidement à 5,8. Cette élévation du pH a ainsi permis l'implantation de cultures comme le sorgho fourrager, de la luzerne pure. L'amélioration du sol a permis également plus dernièrement une implantation de plantes à tanins (chicorée/plantain et lotier) qui semble leur donner satisfaction. Pierre témoigne : « Ces plantes à tanin sont très utilisées dans les systèmes herbagers de Nouvelle-Zélande depuis une trentaine d'années et sont arrivées dans nos prairies assez dernièrement grâce à leurs propriétés antiparasitaires, grâce aussi à leur pouvoir d'augmentation de l'assimilation des protéines et à leur teneur en MAT. Leur vitesse de croissance permet un retour rapide sur la parcelle. »
Concernant le pâturage, il a prévu toute l'installation en eau. Il a ainsi positionné des conduites en polyéthylène avec des vannes assez rapprochées afin de n'avoir que le bac d'abreuvement à déplacer. Il a construit ses paddocks qu'il redécoupe en fonction du nombre d'animaux à pâturer. Les lots de brebis séjournent par paddock pour une durée maximale de 24 heures à 3 jours selon la quantité d'herbe disponible.

Une installation en bio avec une autonomie à 100 %.
Avec un engraissement 100 % à l'herbe basé sur un système de pâturage tournant dynamique, Pierre et Laurianne s'économisent l'achat de matériels couteux et la corvée des moissons. Par contre, une surveillance des troupeaux est nécessaire et c'est dans ce cadre que le jeune couple a choisi de s'appuyer sur l'aide d'un apprenti. Ce dernier permet aussi à Pierre de pouvoir continuer à s'absenter pour son activité de tonte, véritable passion qu'il ne souhaite pas lâcher pour le moment.
Les brebis ne sont rentrées à la bergerie que deux mois dans l'année au moment des agnelages qui s'échelonnent sur une période maximale de deux à trois semaines. Cette période est intense et nécessite également une surveillance rapprochée car c'est plus d'un millier d'agneaux qui naissent sur un laps de temps très concentré.
Les agneaux sont ensuite engraissés eux aussi 100 % à l'herbe et sont prélevés à l'âge de 4 ou 5 mois avec un poids carcasse moyen de 19 kg.

Des races rustiques adaptées à leur système
Le troupeau qu'il avait acheté lors de son installation présentait des carences qui ont engendré de nombreuses pathologies. Il a dû, en conséquence, procéder à une sélection drastique des agnelles ainsi qu'à de nouveaux achats de renouvellement. Pour diminuer les risques sanitaires et afin de s'alléger la tâche de la surveillance du troupeau. Pierre et Laurianne ont sélectionné des races rustiques.
Beaucoup de croisements sufolck, romney et bleu du Maine sont ainsi présents. On note toutefois la présence de quelques limousines qui se trouvent encore sur l'exploitation. Elles sont issues des exploitations qu'ils viennent de reprendre dernièrement.

Le Gaec retenu pour les talents du salon Tech&Bio 2021
Le salon Tech&Bio  aura lieu les 21, 22 et 23 septembre prochains sur l'exploitation biologique agricole du Valentin à Bourg-lès-Valence dans la Drôme (26).
Organisé tous les 2 ans par les Chambres d'agriculture, ce salon international de la bio représente l'opportunité de découvrir les nouvelles techniques de production biologique et alternative. Cette année, ce ne sont pas moins de 80 conférences et 100 ateliers techniques, animés par des experts reconnus ainsi que des témoignages d'agriculteurs, qui seront proposés aux visiteurs. 375 exposants seront également présents pour les accueillir.
A l'occasion de ce salon, les organisateurs de Tech&Bio  mettent à l'honneur des agriculteurs qui se démarquent par leur savoir-faire, leurs résultats technico-économiques et socio-environnementaux : ce sont les talents Tech&Bio de la performance durable.
Dans ce cadre, la Chambre d'agriculture de la Creuse a présenté le dossier de Pierre et Laurianne GRANCHER. De sa conception à son fonctionnement au quotidien, c'est un système efficace au regard des résultats techniques obtenus et c'est donc sur ces critères que le GAEC a été retenu pour les talents Tech&Bio 2021.

- © CDA 23

Contact, informations : Diane Magnaudeix, conseillère bio à la Chambre d'agriculture de la Creuse au 05 55 61 50 13 ou diane.magnaudeix@creuse.chambagri.fr

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