La Creuse Agricole 18 juin 2020 à 07h00 | Par D. GUERIN (GDS Creuse) S. QUINIO (FDC Creuse) B. MARTINEAU (DDCSPP 23) P. GILLI-DUNOYER (DDT 23) E. GUILLEMOT (LDA 23)

Le suivi sanitaire de la faune sauvage en Creuse

Le groupe de travail (DDCSPP23, DDT23, LDA d’Ajain, GDS Creuse et Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse) a poursuivi ses investigations pour la saison 2019/2020.

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- © GDS Creuse

Grâce au réseau de chasseurs assurant la collecte de matériel biologique sur des animaux prélevés à la chasse, le suivi sanitaire de la grande faune sauvage s’est poursuivi sur 2019/2020 avec une mobilisation renforcée. Le groupe de travail tient à fortement remercier ce réseau de chasseurs préleveurs. Le suivi triennal (suivi parasitisme sur chevreuils et cerfs, BVD sur chevreuils) et les obligations réglementaires (trichine sur sangliers) ont axé les recherches. Pour la trichine, de nouveau, les résultats sont négatifs.

Un équilibre retrouvé pour les strongles digestifs chez les chevreuils…
Pour les strongles digestifs, 2007/2008 montrait une infestation en forte augmentation avec des impacts observés sur les chevreuils (diarrhée, dépérissement, mortalité…) puis un retour à la normale en 2008/2009. Un travail de thèse vétérinaire avait identifié une contamination des chevreuils par une espèce spécifique des bovins (Ostertagia ostertagi), strongle majeur chez les bovins. En 2013/2014 et 2016/2017, de nouvelles alertes ont été observées. Les résultats 2019/2020 montrent un retour à l’équilibre de l’infestation des chevreuils par les strongles (voir tableau « Strongles – Comparatif résultats chevreuil »).

… une très faible infestation en douves, une contamination très progressive par le paramphistome, un reflet de l’évolution chez les animaux de rente
Pour les trématodes (grande douve, petite douve, paramphistome), les résultats montrent une très faible infestation. Pour les grande et petite douves, pour chacun des 2 parasites, seuls 2 % des animaux présentent un résultat positif avec une ponte de 15 œufs/g de fèces. Pour le paramphistome, la proportion observée est de 8 % de résultats positifs avec, là aussi, un niveau bas de 30 œufs/g de fèces. Le taux de chevreuils trouvés infestés en paramphistome passe de 5 à 8 % alors que ce parasite est observé depuis plus de 10 ans avec une présence majoritaire en bovins et est devenue significative en ovins. Comme pour les strongles digestifs, cela confirme que la faune sauvage n’est pas une source de contamination mais reflète l’évolution des infections ou infestations observées sur les animaux de rente.
Pour les 47 cerfs analysés, la situation est encore plus favorable avec aucun résultat coprologique positif en grande et petite douves et 2 positifs en paramphistome (15 œufs/g de fèces). En matière de strongles digestifs, 96 % se situent dans la tranche 0-45 œufs/g de fèces dont 66 % négatifs, seuls 4 % se situent entre 46 et 75 œufs/g de fèces.

Une absence de portage de virus BVD par les chevreuils qui se confirme
Le virus BVD pouvant être hébergé et diffusé par les ruminants sauvages, son suivi régulier dans la population de chevreuils constitue une donnée épidémiologique intégrée dans le plan depuis 2000. Pour 2019/2020, 145 chevreuils ont été contrôlés (analyses virologique et sérologique) avec une prise en charge des analyses par le laboratoire Boehringer Ingelheim. Tous les résultats sont de nouveau négatifs. Cela confirme l’absence de circulation du virus BVD dans cette espèce en Creuse, information importante dans le cadre du plan d’éradication de ce virus chez les bovins.

Les recherches 2020/2021 axées sur des actualités sanitaires : tuberculose, maladie d’Aujeszky et BVD
La recherche de la trichine va être poursuivie chez les sangliers du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation. En raison d’alertes maladie d’Aujeszky dans des élevages de sangliers, notamment dans l’Allier en avril 2020, un suivi va être effectué sur cette espèce (cf. encadré). Du fait de la situation tuberculose en Nouvelle-Aquitaine (cf. article du 05/02/2020), dans le cadre du suivi triennal, après le contrôle de chevreuils et de cerfs la campagne passée, des examens vont être effectués sur des blaireaux la campagne prochaine. Pour la BVD, dans le cadre de son plan d’éradication, après le contrôle de chevreuils, un suivi de cerfs va être programmé dans le cadre de l’Observatoire Cerf Massif-Central (OCMC).

Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous
La surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet le recueil de données au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle pour les gestionnaires de la faune sauvage et de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. N’hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.


D. GUERIN (GDS Creuse)
S. QUINIO (FDC Creuse)
B. MARTINEAU (DDCSPP 23)
P. GILLI-DUNOYER (DDT 23)
E. GUILLEMOT (LDA 23)

Maladie d’Aujeszky : biosécurité et suivi

Des foyers de maladie d’Aujeszky sont ponctuellement détectés en élevages de sangliers (Indre en 2018, Vaucluse en 2019, Allier en 2020) et de porcs élevés en plein air (Haute-Garonne fin 2019). Ces épisodes rappellent la présence chez les suidés sauvages de dangers sanitaires réglementés comme la maladie d’Aujeszky ou la brucellose (cf. article du 26/06/2019). La France continentale est indemne de maladie d’Aujeszky chez les porcs domestiques depuis le 28/03/2008.
Une identification récente sur des sangliers dans l’Allier
En avril 2020, un cas de maladie d’Aujeszky a été déclaré dans un élevage de sangliers de l’Allier avec une contamination probable à partir de sangliers sauvages. C’était le troisième foyer de maladie d’Aujeszky en élevages de sangliers dans ce département. Conformément à la réglementation, l’ensemble des animaux a été abattu suivi d’un vide sanitaire.
Une maladie systématiquement mortelle chez les chiens
La maladie d’Aujeszky n’atteint pas l’homme. C’est une maladie des suidés avec des symptômes neurologiques, reproducteurs ou digestifs non-mortelle de façon systématique. D’autres mammifères sont sensibles (renards, chiens), sans la transmettre à leur tour (culs de sacs épidémiologiques). La maladie d’Aujeszky chez les carnivores (« pseudo rage »), occasionne des symptômes assimilables à la rage (signes nerveux, démangeaisons démentielles) et tue les chiens en 48 heures. Fin 2019, la maladie d’Aujeszky a été identifiée sur des chiens suite à la mort de 4 chiens en lien avec une chasse en Dordogne.
L’importance des mesures de biosécurité, un suivi en 2020/2021
Ces cas montrent l’importance des mesures de biosécurité (arrêté ministériel du 16/10/2018) obligatoires au 31/12/2020 mais à mettre en place le plus rapidement possible. Cela concerne, notamment, les systèmes de protection des élevages contre l’intrusion des suidés sauvages dans les élevages de sangliers et de porcs domestiques et le contact groin à groin avec les suidés sauvages. Des contrôles en élevages de sanglier vont être effectués avec une inspection conjointe de la DDT, l’OFB et la DDCSPP, dans les élevages de sangliers. Un contrôle maladie d’Aujeszky va être effectué sur les sangliers dans la cadre du suivi sanitaire de la faune sauvage 2020/2021.
Pour prévenir la contamination des chiens de chasse, ils ne doivent pas mordre ou lécher les plaies des sangliers, ni manger les viscères et les déchets de venaison.
Tout détenteur de suidés (porcs ou sangliers), également chasseur, au retour de chasse, ne doit retourner dans son élevage qu’après avoir changé de tenue, de bottes et s’être lavé les mains. De plus, les chiens de chasse et les véhicules de chasse ne doivent pas entrer dans la zone d’élevage des suidés (porcs et sangliers).

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