La Creuse Agricole 26 avril 2018 à 08h00 | Par Dr Boris BOUBET

« Le sanitaire… j’adhère ! » : Pour les équidés… aussi !

L’élevage d’équidés est historiquement moins encadré que celui des autres animaux d’élevage. Cependant, les risques sanitaires existent et la réglementation s’étoffe.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © GDS Creuse

Cheval de sang, cheval de trait, poney, âne, les équidés sont nombreux en Creuse, que ce soit chez des professionnels ou des particuliers. Les besoins sanitaires évoluent et la section équine de GDS Creuse s’adapte.

Une population variée
La France compte plus d’un million d’équidés, avec une grande majorité de chevaux de selle et de course. Les chevaux de trait sont environ 60 000, détenus majoritairement par des éleveurs mixtes bovins-équins. Les effectifs sont en baisse constante, le nombre de naissances ayant été divisé par 2 en 10 ans. On observe la même tendance en Creuse avec un peu plus de 20 étalons et 300 poulinières de trait sur le département.

Dès le premier cheval, je me déclare
Avec les épisodes sanitaires récents, l’État a décidé de renforcer son contrôle sur cette filière. Tout équidé est à identifier avec une puce électronique et un signalement avant ses 12 mois. Il sera ensuite à enregistrer dans la base de données nationale et recevra un livret avec son numéro SIRE et un feuillet de traitement médicamenteux. Parallèlement, depuis juillet 2010, tout détenteur d’équidé, propriétaire ou non, a l’obligation de se déclarer auprès de l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation. Le détenteur doit également tenir à jour un registre d’élevage où il enregistre les mouvements des animaux, les soins prodigués et les traitements administrés. À partir de 3 équidés, le détenteur doit déclarer un vétérinaire sanitaire bénéficiant d’un mandat sanitaire délivré par la DDCSPP du département de détention. Il est le plus souvent le vétérinaire traitant de l’élevage. Cette législation est détaillée dans le « guide du détenteur d’équidé » disponible sur le site de l’IFCE.

Pas de dépistages obligatoires…
Il n’existe pas de prophylaxie collective pour les équidés. Cependant, le dépistage de nombreuses maladies peut être demandé à l’occasion d’une saillie, d’une vente ou d’un transport. Parmi les plus courantes, on peut citer l’artérite virale équine (AVE), la métrite contagieuse équine (MCE) ou l’anémie infectieuse des équidés (AIE). Les cahiers des charges étant propre à chaque club de race, renseignez-vous auprès de l’organisme concerné sur les analyses demandées.

…mais des vaccinations recommandées, voire obligatoires dans certains contextes…
Les chevaux sont très sensibles au tétanos et une protection s’impose dès le plus jeune âge. Ils seront ensuite vaccinés pour la grippe équine réglementairement obligatoire pour les rassemblements. Pour les éleveurs faisant de la reproduction ou participant à des rassemblements importants, il est fortement recommandé de vacciner les animaux contre la rhinopneumonie. Cet herpès virus provoque des troubles respiratoires difficiles à maîtriser et également de nombreux avortements, souvent sous-diagnostiqués.

… et une gestion du parasitisme à réfléchir
Les chevaux sont sensibles principalement à deux familles de parasites, les strongles et les ténias. Pendant longtemps, on a multiplié les traitements, souvent de manière anarchique ou peu raisonnée, pensant éradiquer le parasitisme. Malheureusement, on constate aujourd’hui que cet emploi abusif de molécules a conduit à l’apparition de résistances de certains parasites vis à vis de certains antiparasitaires. Il est nettement préférable de raisonner ses traitements, en prenant en compte la mise en place de l’immunité, la gestion des pâtures et les résultats de coproscopies réalisées au bon moment. Pour les chevaux ayant accès aux zones humides, une vigilance est nécessaire par rapport à la grande douve, parasite opportuniste des chevaux et souvent difficile à diagnostiquer.

La fin de vie et l’équarrissage
Lors de la mort d’un équidé, l’enlèvement par les services de l’équarrissage est une obligation réglementaire. Ce service est payant et dépend du type d’équidé et du département d’enlèvement. À titre indicatif, le coût actuel pour un cheval de sang en Creuse est de 240 euros. L’éleveur peut appeler directement l’équarrissage et régler au chauffeur du camion ou déclarer la mort de son animal sur le site internet de l’IFCE et régler en ligne en bénéficiant d’un tarif mutualisé (231 euros pour un cheval). Cette charge financière est souvent ignorée des détenteurs, ce qui pose problème le jour de l’enlèvement.

Une section équine GDS Creuse qui évolue
Pour s’adapter aux nouvelles problématiques rencontrées, la section équine de GDS Creuse évolue en se diversifiant (cf. encadré) : aide aux analyses pour tous les équidés, aide à la vaccination grippe, mise en place d’une mutuelle équarrissage. Une plaquette détaillant les services est à votre disposition, retrouvez-la sur notre site dans l’onglet « boites à outils – autres espèces ». N’hésitez pas à venir vers nous pour de plus amples renseignements.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Creuse Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

La Creuse Agricole
La couverture du journal La Creuse Agricole n°2209 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2209 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui