La Creuse Agricole 28 juillet 2015 à 08h00 | Par P. Dumont

Le Préfet préfigurateur prend la température de l’agriculture régionale

Répondant à l’invitation de la FRSEA Aquitaine, Pierre Dartout, Préfet préfigurateur de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes s’est rendu sur une exploitation de Monbahus le 17 juillet. L’occasion pour la FRSEA de mettre sur la table les dossiers chauds du moment, en Aquitaine mais pas seulement. Des représentants des FRSEA Limousin et Poitou-Charentes étaient en effet également présents.

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Les responsables syndicaux de la grande région étaient venus en nombre rencontrer le préfet.
Les responsables syndicaux de la grande région étaient venus en nombre rencontrer le préfet. - © P. Dumont

Chaque année, la période estivale est l’occasion pour la FRSEA Aquitaine de faire le point sur l’actualité agricole avec les services de l’État en région. Cette année, c’est chez Bernard Campas éleveur et producteur de prunes d’ente à Monbahus, que s’est déroulée la visite à laquelle étaient conviés Pierre Dartout, préfet préfigurateur et Denis Conus, préfet du Lot-et-Garonne. Réforme territoriale oblige, ce nouveau rendez-vous était aussi l’opportunité d’ouvrir la rencontre aux représentants syndicaux du Limousin et de Poitou-Charentes. Une bonne initiative selon le préfet Dartout : « Le Poitou-Charentes, le Limousin mais aussi l’Aquitaine ont un intérêt dans cette nouvelle grande région qui sera la première région agricole de France, a-t-il souligné. L’agriculture y est importante sur le plan économique, social et même culturel. Je tiens à ce qu’elle soit confortée ». Originaire de Limoges, le préfet a aussi fait un petit clin d’œil à sa région : « Ce regroupement permet à l’Aquitaine d’avoir la plus grande race au monde : la limousine ».

L’eau au cœur des préoccupations
Rentrant dans le vif du sujet, Henri Biès-Péré, président de la FRSEA Aquitaine, a balayé les sujets qui fâchent. Premier d’entre eux, les zones vulnérables. Rappelant l’absence de concertation avec le syndicalisme sur ce dossier, Henri Biès-Péré a demandé la révision du Programme d’actions régional (PAR). L’inquiétude des professionnels porte notamment sur la mise aux normes qui pourrait conduire à des impasses agronomiques voire achever les élevages déjà en péril. En outre, les enveloppes régionales d’aide à la mise aux normes risquent d’être insuffisantes ont rappelé les représentants de Poitou-Charentes. Pour la FRSEA Aquitaine, une chose est claire : lorsque l’enveloppe prévue sera épuisée, il n’y aura tout simplement plus de mise aux normes. Sur le PAR, Pierre Dartout a déclaré ne pas pouvoir le modifier dans l’immédiat, le programme national n’étant toujours pas validé par l’Union Européenne. L’eau est aussi au cœur d’un autre dossier chaud pour les FRSEA, celui de la cartographie des cours d’eau. Sur ce dossier, la concertation a toutefois été meilleure, a souligné le président de la FRSEA Aquitaine. La charte entre l’État et la profession agricole sur l’entretien des cours d’eau signée en février 2015 doit maintenant être appliquée. Pour le Limousin, Daniel Couderc, président de la FRSEA a déclaré peiner à trouver un accord, la proposition étant de rester sur une cartographie cadastrale. Dernier sujet impliquant l’eau : l’irrigation. Un sujet difficile si l’on en croit les vives réactions de agriculteurs présents. « Les bras nous en tombent ! », « On veut nous apprendre notre métier, nous obliger à faire des choses techniquement infaisables » a-t-on entendu. Pour Jean-Luc Poli, les choses sont simples : « Le problème n’est pas la quantité d’eau mais la répartition de la ressource dans le temps, pas seulement pour l’agriculture mais pour tout le monde. »

Des problématiques partagées entre les trois régions
Le chapitre de l’eau clos, plusieurs autres questions ont été évoquées. Sur celle du défrichement, Aquitaine et Limousin se rejoignent. L’adoption dans la Loi d’avenir de mesures obligeant à compenser tout projet de défrichement fait débat. « Aujourd’hui, la loi ne tient pas compte du taux de boisement. Un peu plus de pragmatisme nous permettrait d’avancer » a remarqué Henri Biès-Péré. Pour Daniel Couderc, la solution pourrait être de laisser les projets de défrichement se faire librement lorsque la commune est boisée à plus de 50 %. Sur la mise en œuvre de la PAC, le président de la FRSEA Aquitaine a rappelé que les derniers arbitrages sont intervenus quatre jours avant la fermeture de Telepac, obligeant les agriculteurs ayant déjà déclaré à faire des modifications. En conséquence, il a demandé à ce que les contrôles éventuels soit des contrôles pédagogiques. Sur ce point comme sur le précédent, le préfet préfigurateur s’est dit prêt à recevoir la profession pour en discuter. Pierre Dartout est même prêt à des réunions de concertation avec les agriculteurs et les organismes de contrôle pour « échanger sur le rôle de chacun ». Enfin, il a indiqué que si le règlement des aides ne pouvait se faire au 15 octobre, des mesures seraient prises pour la trésorerie. Le dernier sujet à avoir été abordé n’était pas le moindre puisqu’il s’agissait du dossier phytos. Les agriculteurs d’Aquitaine sont notamment revenus sur une démarche de l’Agence Régionale de Santé baptisée Phytoplainte et appelant les maires à déclarer toute plainte liée à l’épandage de pesticides. Une démarche qui existe également sous une autre forme en Poitou-Charentes et qui inquiète la profession. Les représentants syndicaux ont rappelé les efforts faits par la profession en la matière, précisant aussi que ce que prévoit le Plan Ecophyto est aujourd’hui techniquement impossible. « Je n’ai jamais considéré les agriculteurs comme des pollueurs, a souligné Pierre Dartout. Peu de professions ont fait autant d’efforts d’adaptation dans les quarante dernières années. »

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