La Creuse Agricole 21 novembre 2018 à 08h00 | Par Sylvain Desgroppes

Le numérique, atouts et enjeux

À l’heure où les nouvelles technologies du numérique font partie intégrante de l’agriculture, les questions qui se posent sur leur utilisation sont encore nombreuses.

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- © Sylvain Desgroppes

Ce jeudi 8 novembre se tenait dans les locaux du club de la presse à Bordeaux une conférence-débat mise en place par le Sima et Coop de France Nouvelle-Aquitaine sur le numérique dans l’agriculture. Au-delà du constat, l’objectif était de mettre en avant les apports du numérique, mais aussi les enjeux futurs qui seront soulevés par cette nouvelle façon d’approcher le travail.
Martine Dégremont, directrice du Salon International du Machinisme Agricole, et Philippe Sommer, délégué général de Coop de France Nouvelle-Aquitaine, ont débattu avec plusieurs invités, dont Gilbert Grenier, professeur d’Automatique et génie des équipements à l’INRA de Bordeaux. Ce dernier rappelle que « le numérique est arrivé à la fin des années 1970 avec la start-up Isagri, logiciel de comptabilité et gestion ».

Des apports
Malgré tout, il aura fallu du temps pour connaître une réelle appropriation par l’agriculture de ces technologies. « C’est un effet d’aubaine, beaucoup d’évolutions encore récentes sont maintenant matures, le GPS, Internet, les téléphones portables. On change de braquet. On est dans l’agriculture de précision, on passe de la parcelle à une zone de la parcelle, du troupeau à l’animal », continue Gilbert Grenier.
Affiner l’analyse, la rendre plus pertinente, voilà un apport des nouvelles technologies, qui entraîne un retour aux fondamentaux de l’agronomie. De plus, pour Philippe Sommer, s’emparer du sujet, c’est « répondre aux enjeux sociétaux de réduction des intrants, améliorer la transparence et la traçabilité, favoriser les démarches de RSE, et développer la compétitivité ».
Michael Dolet-Fayet, jeune agriculteur dans les Landes, a pu en témoigner. « On améliore la rentabilité économique de l’exploitation, la gestion des ressources, le confort animal, la qualité de vie de l’agriculteur », tient-il à mettre en avant. Réorganiser le travail pour en améliorer le rythme, un atout non négligeable, « qui rend attractif un métier qui ne l’était plus », ajoute Gilbert Grenier.
Le numérique n’agit pas que dans le champ. Il permet de réviser la partie administrative : saisie de données en temps réel ou logiciel de gestion sont des nouveautés appréciées. C’est ce que propose la start‑up Ekylibre, représentée par sa directrice des opérations Karine Cailleaux : « notre logiciel ERP gère tout l’administratif de l’exploitation, il permet, en rentrant une seule fois les informations, de gagner 200 à 500 heures par an ».

Des réflexions
Si en quelques années, les avantages offerts par le numérique se sont multipliés, de nombreuses questions restent en suspens, et les enjeux futurs ne sont pas tous connus. « Le numérique aide, mais il ne doit pas isoler. L’humain, le lien entre la coopérative et ses adhérents, est important. Le métier de conseil est aussi complètement révisé avec ces nouveaux outils », explique Philippe Sommer.
Autre sujet, le développement encore nécessaire aujourd’hui de ces technologies du numérique. Beaucoup de problématiques de terrain se posent : Le Big Data et la propriété des données collectées, les zones blanches où la couverture internet n’est pas optimale, l’interopérabilité des données qui n’est pas encore totalement aboutie... Des progrès demandent à être faits.
Pour les réaliser, il faudra une proximité renforcée entre les laboratoires d’études et la réalité du terrain, qui manque encore parfois. L’approche économique du financement est aussi soulevée, tout comme la formation à l’utilisation de ces nouveaux outils. Là, c’est dans les établissements agricoles que les cursus doivent être révisés. Pour les futurs agriculteurs comme pour les futurs ingénieurs.
« Il faut bien définir ce que doit faire la machine, et ne pas oublier que le robot est un outil, il ne remplace pas l’Homme. Le cotravail entre la machine et l’opérateur est une solution, comme pour le ramassage des pommes par exemple », décrit Gilbert Grenier. Avec le temps, les retours d’expérience viendront accélérer le processus de développement de ces outils de demain.

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