La Creuse Agricole 21 novembre 2012 à 14h44 | Par Dr Didier Guérin

« Le microbe n’est rien, le terrain est tout » - La dynamique de contamination

Selon l’importance des facteurs favorisants dans un élevage, le développement de maladie(s) va être plus ou moins important au sein de l’effectif. La connaissance du mécanisme va permettre d’adapter sa prévention.

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- © GDS Creuse

Des germes comme le virus syncytial, les cryptosporidies ou les coccidies sont présents dans tous les élevages alors que les grippes, diarrhées néonatales ou coccidioses ne se rencontrent que dans 20 % des troupeaux. Ces phénomènes épidémiques se développent en présence de facteurs favorisants. Leur identification permet d‘adapter durablement sa prévention avec la mise en place de mesures sanitaires. Ce phénomène est illustré avec deux exemples : les diarrhées néonatales et les grippes sur les jeunes veaux.

Les diarrhées néonatales, une progression au cours de la saison de vêlages
Dans un élevage confronté à des diarrhées néonatales, la saison débute souvent avec pas ou peu de diarrhées qui touchent un nombre réduit de veaux et guérissent facilement. Au fur et à mesure du déroulement des vêlages, le nombre et la gravité des diarrhées augmentent pour arriver à un taux de veaux malades pouvant atteindre 100 % avec une aggravation des symptômes, une apparition des rechutes et de la mortalité. Ce phénomène résulte de la dynamique de contamination. C’est un processus à connaître afin de pouvoir mettre en place une politique de lutte et de prévention adaptée.

Une origine de la contamination multiple avec un historique défavorable aggravant
L’origine des germes responsables de diarrhées est double. Certaines vaches sont porteuses saines. Ces germes sont émis au niveau des bouses, notamment, autour du vêlage (période de déficit immunitaire de la vache avec passage des anticorps vers le colostrum). Le taux de vaches porteuses saines sera d’autant plus important qu’elles se trouvent dans un élevage régulièrement confronté à des diarrhées néonatales. Par contamination orale, les veaux, en particulier à la naissance, vont se contaminer et devenir porteurs sains. Au cours de la saison de vêlage, le nombre de porteurs augmente en présence de facteurs favorisants de contamination pour pouvoir atteindre dans certains cas 70 %. La deuxième origine de contamination résulte de la présence de germes au niveau de l’environnement où se trouvent les veaux. La majorité des germes à l’origine de diarrhée néonatale sont résistants dans le milieu extérieur. Ils peuvent persister dans une stabulation d’une saison de vêlage à l’autre et donc être à l’origine de nouvelles contaminations en début de nouvelle saison. À l’abri dans des matières organiques (fumier), les colibacilles résistent plusieurs semaines, les virus plusieurs mois et les cryptosporidies plusieurs années !

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