La Creuse Agricole 18 février 2018 à 08h00 | Par P. Dumont

La Région prépare le SIA et fait le point sur des dossiers agricoles

Le 12 février, Alain Rousset a détaillé devant la presse la participation de la Nouvelle-Aquitaine au prochain Salon de l’agriculture du 24 février au 4 mars. L’occasion pour le président de Région de parler de nouvelles actions et de deux dossiers agricoles préoccupants : les ZDS et l’apprentissage.

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Pour la seconde année, la région sera présente au Salon de l’Agriculture sous sa nouvelle configuration. Le SIA est en effet un événement de choix pour la Nouvelle-Aquitaine, première région agricole de France, qui souhaite valoriser son territoire, ses produits, son art de vivre et renforcer son attractivité. En 2018, plus de 1 600 m² d’exposition dans 3 halls seront investis par la Région. Le plus grand espace (près de 1 400 m²) sera installé dans le Hall 3 (Régions de France) et rassemblera 74 exposants régionaux, le restaurant des viandes de Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’un espace tourisme. Sur celui-ci, les visiteurs pourront notamment s’essayer à la peinture sur porcelaine. Le Hall 1 accueillera les filières bovines avec les quatre races phares de la région : limousine, blonde d’Aquitaine, parthenaise et bazadaise. Les fromages de chèvre et le beurre Poitou-Charentes seront également représentés. Sur les 260 m² de cet espace, 60 seront consacrés aux filières ovines régionales. Durant toute la semaine, des démonstrations de découpe par des bouchers et de cuisine par le cuisinier Frédéric Coiffé auront lieu. Enfin, 20 m² dans le Hall 2‑1 seront consacrés au tourisme équestre.

La politique agricole régionale : des actions mais aussi des préoccupations
Si le sujet du jour était la présence de la Nouvelle Aquitaine au SIA, les propos du président de région se sont vite orientés vers la politique agricole régionale. Avec un leitmotiv cher à Alain Rousset : l’innovation. « Je tiens à ce que l’innovation s’accélère en matière agricole, pour que l’on puisse trouver des alternatives aux phytosanitaires, aux néonicotinoïdes … Nous devons passer d’une agriculture de compensation à une agriculture d’innovation pour que demain nos agriculteurs soient les plus nombreux possibles et avec un revenu décent » a-t-il rappelé. Après avoir rapidement évoqué le déplacement des prochaines Controverses européennes de Marciac à Bergerac, le président de Région a présenté un projet qui sera lancé en mai : Agrosmart Campus. Associant la Région, l’État, l’INRA et les lycées agricoles, celui-ci est unique en France. L’objectif est de jeter des ponts entre le monde de la recherche et celui de l’enseignement pour mieux diffuser les nouvelles techniques et connaissances auprès des enseignants et de leurs élèves. De ce projet à la question de la réforme de l’apprentissage, la transition était toute trouvée. Et la question blesse. « Je suis dans l’incompréhension, déclare Alain Rousset. Jusqu’ici les CFA agricoles bénéficiaient de la solidarité nationale via les régions et grâce à la péréquation. Chaque année, 45 millions d’euros permettaient de moderniser les CFA et aujourd’hui on veut écarter les régions de la taxe d’apprentissage et faire payer les agriculteurs ? ». Dans le projet à l’étude, la taxe d’apprentissage serait confiée aux branches professionnelles avec le risque, pense la Région, de pénaliser le renouvellement des générations en agriculture. « Quand les branches auront le pouvoir, comment cela va-t-il se passer ? interroge Alain Rousset. C’est un lobby qui prend le pouvoir au vu de tout le monde et M. Gattaz est illégitime et incompétent sur cette question. » Autre sujet d’inquiétude en Nouvelle-Aquitaine : les zones défavorisées. Et pour cause, c’est en effet la région la plus touchées par la réforme avec 2 000 agriculteurs sortis du zonage dont la moitié dans les Deux-Sèvres. Si la dernière version de la carte a vu réintégrer deux cantons au nord de Bressuire, ainsi que des zones dans le nord du Lot-et-Garonne et le sud Dordogne, le critère qui permettrait de faire rentrer toutes les Deux-Sèvres dans le zonage sans causer un dépassement du seuil autorisé de zonage de 10 % du territoire national n’est pas trouvé. Là encore, c’est l’incompréhension qui prédomine « Il est aberrant de toucher à la filière la plus en difficulté, aberrant de viser des petites exploitations et de faire rentrer des zones sans difficultés spécifiques, reprend le président de région. Il faut que la France monte au créneau. Ce sont 15 millions d’euros qui risquent d’être perdus et que la Région ne peut compenser. »

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