La Creuse Agricole 17 décembre 2021 a 07h00 | Par JG

La population agricole s’amenuise et se transforme

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Orientation économique des exploitations creusoises en 2020 et évolution.
Orientation économique des exploitations creusoises en 2020 et évolution. - © DRAAF NA

Dix ans après le dernier recensement, le constat pourrait être amer pour le monde agricole : le nombre d’exploitations agricoles a chuté de 21 % passant de 490 000 en 2010 à 389 000 en 2020, « notamment en raison de la pyramide des âges et parce que les départs ont été plus nombreux que les installations », a indiqué Julien Denormandie. Par voie de conséquence, le nombre de chefs d’exploitation, coexploitants et associés actifs se contracte aussi, passant de 604 000 (2010) à 496 000 (2020) et celui des équivalents temps plein (etp) chute de plus de 80 000 : il passe de 740 000 en 2010 à 659 000. La surface agricole utile (SAU) restant peu ou prou stable (-1 % en, soit une perte de 233 000 ha) et le nombre d’exploitations se réduisant, il s’ensuit logiquement une augmentation de la SAU moyenne par exploitation. De l’ordre de 55 ha en 2010, elle atteint aujourd’hui 69 ha soit une hausse de 25 %. À titre de comparaison, la SAU moyenne est de 79 ha au Danemark, de 81 ha au Royaume-Uni, de 178 ha aux États-Unis et de 332 ha au Canada.

Objectif : 20 000 installations
Le ministre s’est voulu pourtant rassurant sur ces premiers chiffres en indiquant que cette baisse du nombre d’exploitations, certes continue depuis les années 1970, était toutefois « moins forte ces dix dernières années (-2,3 %) qu’entre 2000 et 2010 (-3 %) ». Selon lui, l’indicateur principal est le nombre d’exploitants de moins de 40 ans « qui est stable (20 % ndlr) d’un recensement à l’autre, ce qui prouve l’attractivité du métier », a-t-il affirmé. Pour stopper cette hémorragie, il conviendrait de porter le nombre annuel d’installations à « 20 000 », contre 14 000 en moyenne aujourd’hui, a-t-il précisé. Le recensement 2020 montre que l’orientation technico-économique des exploitations a également évolué : la part des fermes spécialisées en productions végétales devient majoritaire (51,8 % en 2020 contre 45,1 % en 2010) au détriment de celles à dominante animale. Ces dernières chutent de presque 5 % : 42,7 % en 2010 contre 37,3 % en 2020. Ce sont dans les productions d’ovins et de caprins que la chute est la plus importante (-20 %), devant la polyculture élevage (-18 %), les bovins viandes (-15 %), les bovins lait (-13 %) et la viticulture (-11 %). Seule l’horticulture et le maraîchage voient le nombre d’exploitations augmenter (+1 %) Autre enseignement de ces premiers chiffres : les exploitations deviennent de plus en plus sociétaires et moins familiales, même si le caractère familial demeure majoritaire. La part des exploitations sous statut individuel a chuté de 69,8 % (2010) à 58,4 % en 2020 (-11,4 %). « C’est parce que les formes sociétaires sont un frein à l’installation que nous avons fait voter la proposition de loi Sempastous qui impose un contrôle plus rigoureux sur les parts sociales », a justifié le ministre de l’Agriculture. L’enjeu de l’installation est d’autant plus prégnant qu’aujourd’hui, un exploitant agricole sur quatre a plus de 60 ans.

Monde agricole en transition
C’est également un monde agricole en pleine transition que dévoilent ces chiffres venant ainsi corroborer l’action des agriculteurs au quotidien pour une agriculture de qualité et plus respectueuse de son environnement. Ainsi 36 % des exploitations ont au moins une de leur production sous signes de qualité ou d’origine (AOP, IGP, Label Rouge...), la part des exploitations en agriculture biologique a triplé en 10 ans passant de 3,7 % à 12,1 % (2020) et le label HVE représente désormais plus de 7 % des exploitations. La SAU moyenne des exploitations biologiques est de 61 ha, « avec toutefois une grande hétérogénéité » souligne le ministère, puisque la taille moyenne des micro-exploitations bio est de 17 ha contre 105 ha pour les plus grandes. Aujourd’hui 24 % des élevages laitiers (+5 points en 10 ans), 18 % des élevages ovins et caprins (+6 points) et 29 % des élevages porcins et avicoles (+9 points) sont sous signe de qualité. Les services statistiques du ministère constatent également une recrudescence des exploitants pratiquant la vente en circuit court. Presqu’un quart des exploitations (23,1 %) en 2020 contre 17,5 % en 2010. Les femmes représentent toujours un peu plus du quart des chefs d’exploitation (27 %) et le ministre n’a pas manqué de souligner le décalage entre le grand nombre de jeunes femmes présentes dans l’enseignement agricole et le peu d’entre elles qui finissent par choisir le métier d’agricultrice. La France métropolitaine compte 130 068 cheffes d’exploitation, co-exploitantes et associées. Quant au niveau de diplôme des chefs d’exploitation et coexploitants, il a continué de s’accroître massivement entre 2010 et 2020. 55 % d’entre eux ont un diplôme au moins égal au baccalauréat, c’était 38 % en 2010 (soit +17 points). Le nombre de diplômés du supérieur a augmenté également : 27 % en 2020 après 17 % en 2010 (soit +10 points).

Et en Creuse ?

En 2020, la Creuse compte 3 500 exploitations, soit 1 100 de moins qu’en 2010. La baisse du nombre d’exploitations est très marquée en élevage de volailles (-66 %) et d’ovins (-41 %). En 2020, l’élevage de bovins domine toujours, avec six exploitations sur dix, malgré une baisse importante de l’effectif depuis 2010. Dans notre département très orienté élevage, les exploitations spécialisées en productions végétales sont les seules dont le nombre s’accroît en 2020, que ce soit en grandes cultures, en maraîchage ou en arboriculture fruitière. Elles représentent désormais 16 % des exploitations du département, contre 8 % en 2010. L’assolement est dominé par les prairies qui occupent 83 % de la surface agricole. La surface en céréales, oléagineux et protéagineux augmente. Les exploitations, qui s’étendent sur de larges surfaces, s’agrandissent et valorisent désormais en moyenne 91 hectares, soit 31 hectares de plus qu’en Nouvelle-Aquitaine. Elles sont souvent de taille économique micro ou petite. Si les formes individuelles restent majoritaires, les Gaec (Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun) deviennent plus fréquents (24 % des exploitations en 2020 contre 14 % en 2010). L’emploi agricole diminue. Il est assuré principalement par les exploitants ou coexploitants (82 %).
L’ensemble des chiffres par départements sont disponibles sur le site internet de la Draaf Nouvelle-Aquitaine : https://miniurl.be/r-3y1f

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