La Creuse Agricole 24 février 2022 a 07h00 | Par Dr Boris BOUBET Marien BATAILLE GDS Creuse

La période d’agnelages : une attention particulière pour un bon déroulement

La production d’une brebis se joue souvent dans ces quelques heures, avec des risques pour l’agneau mais aussi pour la mère. Il faut se préparer à intervenir et le faire en respectant certaines précautions.

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Pour les agnelages, préparez une trousse d’agnelage : gants, savon, gel obstétrical, lacs d’agnelage, produit désinfectant pour les nombrils. Pensez à avoir sous la main du colostrum et un lait premier âge. Le colostrum, qui peut être de brebis ou de vache, est gardé congelé en unités de 250 à 500 ml. Si l’agnelage a lieu en bergerie, prévoyez des cases de dimensions suffisantes pour loger individuellement chacune des brebis du groupe, pendant deux à trois jours, avec son ou ses agneaux.
Pour les agnelages, préparez une trousse d’agnelage : gants, savon, gel obstétrical, lacs d’agnelage, produit désinfectant pour les nombrils. Pensez à avoir sous la main du colostrum et un lait premier âge. Le colostrum, qui peut être de brebis ou de vache, est gardé congelé en unités de 250 à 500 ml. Si l’agnelage a lieu en bergerie, prévoyez des cases de dimensions suffisantes pour loger individuellement chacune des brebis du groupe, pendant deux à trois jours, avec son ou ses agneaux. - © Farago Creuse

Chez la brebis, la gestation dure de 144 à 151 jours, avec une moyenne de 147 jours. La date à laquelle on peut s’attendre au premier agnelage peut être calculée à partir du premier jour où les brebis ont été mises au bélier.

Des signes annonçant l’agnelage
Environ dix jours avant l’agnelage, les mamelles de la brebis sont dures au toucher et gorgées de colostrum. Les lèvres de la vulve se relâchent progressivement et se congestionnent légèrement. Dans les dernières heures qui précèdent l’agnelage, la plupart des brebis cherchent à se mettre à l’écart du troupeau.

Un déroulement de l’agnelage en plusieurs étapes
Au cours d’un agnelage normal, on distingue trois étapes :
1. La dilatation du col de l’utérus
Quand les contractions utérines commencent, un mucus blanc crème épais (reste du bouchon cervical) est évacué par la vulve. C’est un signe qui passe souvent inaperçu. Les contractions continues de l’utérus poussent la première membrane fœtale dans le col de l’utérus, ce qui a pour effet de stimuler la dilatation. Pour finir, le diamètre du col sera pratiquement égal à celui de la filière pelvienne. À ce stade, la brebis devient agitée, se met à l’écart, elle se couche et se relève, fouette de la queue, bêle fréquemment et a parfois des efforts expulsifs. Cette étape dure de trois à quatre heures.
2. Expulsion de l’agneau
À mesure que les contractions utérines s’intensifient et se rapprochent, l’agneau et les membranes fœtales sont poussées à travers le col de l’utérus. La première membrane crève et libère un liquide aqueux qui s’écoule par la vulve. Lorsque la brebis continue ses efforts d’expulsion, la deuxième membrane sort (on peut souvent apercevoir les sabots et le museau de l’agneau à l’intérieur) et se rompt à son tour, libérant un liquide de consistance plus épaisse. Le liquide amniotique a une odeur attractive pour la brebis et c’est un moyen pour elle de reconnaître son agneau après la mise-bas. La rupture des membranes contribue à lubrifier le canal génital et à faciliter le passage du fœtus. La brebis continue ses efforts d’expulsion et pousse progressivement l’agneau, pattes antérieures en premier, suivies de la tête. Une fois ce passage franchi, la mise-bas définitive ne tarde pas à se produire. Dans le cas d’une gestation simple, la mise-bas doit être achevée une heure ou moins après la rupture de la première membrane fœtale. Chez une brebis qui met bas pour la première fois ou qui porte plusieurs fœtus, la mise-bas peut prendre plus longtemps.
3. Expulsion du placenta
Le placenta est expulsé deux à trois heures après. Dans le cas d’une gestation multiple, il y a une délivrance séparée pour chaque agneau.

Je surveille mes agnelages…
La plupart des brebis mettent bas sans aide et environ 95 % des agneaux naissent en se présentant normalement, c’est-à-dire les pattes antérieures en premier. La brebis peut avoir besoin d’aide dans les cas suivants :
- La brebis continue ses efforts expulsifs mais il n’y a pas de signe de membranes fœtales.
- La brebis continue ses efforts expulsifs une heure après la rupture des membranes fœtales mais on n’aperçoit pas d’agneau.
- L’agneau semble coincé dans les voies maternelles.
- Il y a présentation anormale, par exemple patte repliée ou tête renversée sur le côté.
Tout retard apporté à cette aide peut faire la différence entre un agneau vivant et un agneau mort.

… en cas de doute, je fouille la brebis
L’hygiène est importante pour prévenir l’infection de l’utérus. On lave la région autour de la vulve avec du savon pour enlever toute trace d’excréments et autres souillures. On utilise des gants ou on se lave les mains et les bras avec du savon et on lubrifie avec du gel obstétrical. On glisse la main doucement dans le vagin pour palper l’agneau et pour évaluer la situation. Naturellement, il vaut mieux que cette tâche soit réalisée par une personne ayant de petites mains.

Sur une présentation normale, des manœuvres simples…
Dans la plupart des cas, l’agneau se présente normalement et on peut sentir les deux pattes avant qui encadrent la tête. On passe un lac d’agnelage autour de chaque patte, au-dessus du boulet, on exerce une traction douce en synchronisant avec les efforts expulsifs de la brebis. Si la tête ne suit pas, on passe également un lac au niveau de la nuque. On dilate le col de l’utérus et la vulve avec la main afin de faciliter le passage. Si rien ne bouge, l’agneau est peut-être trop gros et il faut envisager une césarienne. Dans tous les cas, il faut se souvenir que la brebis est plus fragile qu’une vache et qu’une extraction vraiment forcée sera fatale à l’agneau et à sa mère.

… mais plus techniques sur une présentation anormale…
Parfois, la présentation est anormale : une ou deux pattes avant sont repliées, la tête est renversée sur le côté, les pattes arrière se présentent en premier ou il y a présentation par le siège et on ne peut palper que la queue et la croupe. Il faut rectifier la position avant d’essayer d’extraire l’agneau. Là aussi, les manœuvres doivent rester douces en prenant soin de ne pas perforer l’utérus en manipulant les pattes. En cas de naissances multiples, deux agneaux peuvent se présenter avec les pattes emmêlées. On doit vérifier que les pattes et la tête appartiennent au même agneau avant d’essayer toute manœuvre obstétricale. Après un agnelage assisté, on doit toujours fouiller la brebis afin de vérifier qu’il n’y a pas de trou ou d’hémorragie et qu’il ne reste pas un autre agneau.

… sans oublier les soins à administrer après la mise-bas
On vérifie que l’agneau respire, que ses narines ne sont pas encombrées de mucus et ne sont pas couvertes d’une membrane utérine. S’il a du mal à démarrer, on peut le pendre quelques secondes par les postérieurs ou lui verser de l’eau dans les oreilles. La brebis se met en général à lécher l’agneau, comportement naturel qu’il ne faut pas contrarier. L’agneau en bonne santé cherche très vite à se tenir sur ses pattes après la naissance et commence à téter sa mère. Par contre, si l’agneau est affaibli à cause d’une mise-bas trop longue, il faut l’aider à téter ou lui donner 250 ml de colostrum. Cette première tétée est cruciale car le colostrum contient les anticorps qui immuniseront l’agneau immédiatement contre les agents infectieux communs dans le troupeau. Tous les agneaux doivent téter ou recevoir du colostrum dans les six heures qui suivent la naissance. Pendant les 24 premières heures de sa vie, chaque agneau doit ingérer environ un litre de colostrum. Il faudra bien vérifier que la brebis a du lait dans les 2 mamelles, surtout si elle a des jumeaux. Pour tout renseignement complémentaire, contactez votre vétérinaire ou GDS Creuse.

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