La Creuse Agricole 20 avril 2018 à 08h00 | Par P. Dumont

La FNSEA Nouvelle-Aquitaine interpelle le nouveau DRAAF

Le 16 avril, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a invité Philippe de Guénin, fraîchement nommé DRAAF*, sur une exploitation de Haute-Vienne. Les responsables syndicaux lui ont dépeint la situation de l’agriculture néo-aquitaine et ont fait passer de nombreux messages.

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- © P. Dumont

Installé en Haute-Vienne sur la commune de Saint-Hilaire-Bonneval, Gilles Célérier est à la tête d’une exploitation bovin-ovin. Sur ses 110 ha se côtoient 70 mères vaches limousines et environ 300 brebis charollaises et texel. 10 ha sont consacrés à la culture de céréales et 5 ha à celle de maïs. Une production qui ne lui permet pas aujourd’hui d’être auto-suffisant, d’autant que Gilles Célérier engraisse ses bovins. Une partie du cheptel ovin est désaisonné pour répondre à la demande de sa coopérative. Pour gérer l’exploitation, l’éleveur est seul avec un apprenti qu’il partage avec deux autres exploitants. Revenu, cours de la viande, lourdeurs administratives, Gilles Célérier a dévoilé sans fard la situation actuelle de l’élevage au nouveau DRAAF. Arrivé début mars en Nouvelle-Aquitaine, Philippe de Guénin a occupé le poste de DRAAF en Bretagne et avant ça en ex-Poitou-Charentes. C’est donc un directeur aguerri et connaissant bien le monde agricole qui a répondu à l’invitation de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine sur la ferme de Gilles Célérier.
Visiter cette exploitation, représentative des trop nombreux écueils rencontrés par les éleveurs, a permis aux responsables syndicaux d’aborder tous les dossiers qui posent problème aujourd’hui.

L’économie au cœur des discussions
Faiblesse des prix, retombées des états généraux de l’alimentation, accords Union Européenne-Mercosur, la question de l’économie a été largement abordée lors de la visite. « On nous demande toujours plus d’efforts, résume Philippe Moinard, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, et dans le même temps, on reste confronté à la fluctuation des prix au niveau mondial. D’autre part, aujourd’hui, la demande du citoyen n’est pas suivie par l’acte d’achat du consommateur ». Dans le collimateur des éleveurs, plusieurs sujets, et d’abord les EGAlim. Après s’être investis dans les échanges puis dans l’établissement des plans de filière, les retombées tardent à venir et certains acteurs traînent des pieds. Après la lueur d’espoir perçue lors des travaux, c’est l’incompréhension qui règne avec la menace des accords UE-Mercosur. Même chose pour la réforme des zones défavorisées qui frappe de plein fouet la Nouvelle-Aquitaine, particulièrement les Landes, les Deux-Sèvres et les Pyrénées-Atlantiques. Quelle cohérence dans les critères de classement ? Quel accompagnement pour les quelques 2 000 exploitations sorties du zonage ? La visite de l’exploitation a également permis aux responsables syndicaux de pointer du doigt d’autres questions sensibles. Ils ont ainsi évoqué le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles, dont le passage à l’échelle néo-aquitaine a conduit à une baisse du pourcentage d’aide accordée, la pression des contrôles PAC ou encore la non prise en compte des épisodes de sécheresse sur certaines zones. Sur cette question, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a rappelé qu’une solution existait : la création de réserves en eau. De nombreux projets sont aujourd’hui au point mort. Visiblement attentif et intéressé, Philippe de Guénin est apparu ouvert à la discussion et prêt à travailler avec la FNSEA Nouvelle-Aquitaine. Sur les questions liées à l’environnement, autre sujet majeur évoqué, il a appelé les agriculteurs à communiquer plus largement. « Ce que peuvent penser vos voisins, c’est très important, a-t-il souligné. Les gens ont peur, vous devez absolument communiquer. C’est à vous de faire le premier pas ». Sur les dossiers environnementaux, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a souligné le gros travail mené par les FDSEA sur la cartographie des cours d’eau. Elle a aussi fait part de sa volonté de travail sur le nouveau zonage « Zones vulnérables » du bassin Adour-Garonne et du silence du Préfet coordonnateur de bassin face à sa demande.

* Directeur régional de l’agriculture et de la forêt.

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