La Creuse Agricole 28 février 2017 à 08h00 | Par Alison Pelotier

La filière ovine souhaite plus de stabilité

L'assemblée générale de la Fédération régionale ovine s'est tenue le mercredi 8 février à la Tour-de-Salvagny (Rhône) pour dresser le bilan de la filière et préparer les mois à venir. Tour d'horizon des dossiers abordés : impact du Brexit, Pac, prédation du loup...

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Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine.
Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine. - © HC

La consommation d'agneaux a diminué de 3 % en 2015. « Globalement les Français mangent moins de brebis en raison de moins d'importation », explique Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine, face à une vingtaine d'éleveurs. Venus de toute la région, ils cherchent à comprendre pourquoi la filière ovine peine à trouver une stabilité depuis quelques années.

Le Brexit inquiète
« Certains distributeurs font des marges déplacées sur l'agneau », alerte un éleveur présent dans la salle. Il faut savoir que depuis quelques années la livre sterling a perdu près de 11 % de sa valeur. Premier producteur de viande ovine en Europe, le Royaume-Uni exporte 54 % de sa production en France. « Il va falloir observer de près le Brexit. Il peut véritablement bouleverser les échanges », reprend la présidente de la FNO. La sortie des Anglais du marché commun rendra l'agneau anglais « plus compétitif » à l'export provoquant « une chute assurée des cours français ».

Brebis primées
Quelques ajustements également du côté des aides PAC, notamment dans le calcul de la rétropolation de l'aide ovine. Ce calcul va déterminer l'aide accordée aux éleveurs pour leurs brebis primées. « Le seuil minimum de productivité a changé », explique Mylène Foussier, chargée de mission à la FNO. Un système a été mis place pour permettre aux éleveurs n'atteignant pas le seuil minimum de 50 brebis d'avoir accès à l'aide de base et à l'aide complémentaire nouveaux producteurs mais « seules les brebis respectant un ratio de 0,5 agneau vendu seront primées », précise-t-elle. Exemple concret : sur 600 brebis déclarées en 2017, 500 étaient présentes au 1er janvier 2016 sur votre exploitation. Le nombre d'agneaux vendus en 2016 est de 200, vous n'obtenez donc pas le seuil minimum de productivité de 0,5 (0,4). Grâce à la rétropolation ; vous n'êtes pas exclu de l'aide de base. Néanmoins, seules 80 % de vos brebis seront primées cette année (480 sur 600).

La prédation du loup
Préoccupation des éleveurs, le loup continue à être un souci majeur pour certains d'entre eux. « La DDT joue le jeu, nous avons des interlocuteurs favorables et une écoute positive de la part du préfet », affirme Michèle Boudoin. Un éleveur présent dans la salle regrette néanmoins de ne pas voir la situation s'améliorer. En 2016, 9 788 victimes ont été indemnisées. 8 964 en 2015. « Certains ont été attaqués 40 fois dans l'année », affirme-t-il. Les syndicats seront présents au Salon de l'agriculture pour sensibiliser les politiques et les visiteurs à cette problématique. Au-delà de la Méditerranée, la prédation du loup inquiète tout autant l'Italie où la politique en matière de protection des espèces protégées a longtemps été considérée comme un modèle par la France. « Envahi » par le loup, le pays a adopté un plan national dont la mesure phare vise à abattre 5 % de la population totale estimée à 1 500-1 600 loups. Ce plan devrait permettre d'abattre 75 à 90 loups par an. En France, il est possible de tuer maximum 36 loups par an. Son quota pourrait passer à 40 dans le prochain plan d'action national loup.

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