La Creuse Agricole 28 juillet 2020 à 07h00 | Par A.M.

[Vidéo] « La connaissance de la ressource en eau est un prérequis »

Le Cercle français de l’eau organisait, le 6 juillet, un débat en visioconférence, sur le thème de « La gestion de la ressource en eau en période estivale ». Parmi les invités, les deux députés qui, début juin, ont publié un rapport sur un sujet identique.

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- © Christian Gloria

Sept mois de sécheresse ainsi que 85 départements en restriction plus ou moins sévère de consommation d’eau au cours de l’année 2019 ont marqué les esprits. « Même la rivière Indre a quasiment disparu quelques temps », remarque le député Loïc Prudhomme (LFI-Gironde) co-auteur du rapport parlementaire « sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau ». Il met tout de suite l’agriculture à l’index : « l’urgence première est de sortir du modèle agricole industriel », notamment parce que les réserves d’eau vont connaître, à l’avenir d’importantes tensions. Si pour lui, il faut préserver l’eau en quantité, il faut aussi améliorer sa qualité : « Il faut lutter contre la pollution de l’eau. Aujourd’hui, deux millions de Français sont exposés aux pesticides. Et encore ces chiffres me semblent sous-estimés », affirme-t-il. Pour le député de la Gironde, tous ces problèmes étaient prévisibles mettant en avant un manque d’organisation et de moyens financiers. Plus nuancée, sa collègue Frédérique Tuffnell (LREM-Charente-Maritime) indique clairement qu’on « ne peut pas régler tous les conflits de l’eau mais les réguler, notamment en adoptant de bonnes pratiques et en proposant des solutions comme l’agroécologie, la plantation de haies, l’agroforesterie, etc. ». Ce sont autant de « techniques qui permettent de retenir l’eau et d’adapter les cultures », ajoute-t-elle.

« Avoir une vision globale »
Cependant, pour elle, comme pour le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), « la connaissance de la ressource en eau est un prérequis ». À ce titre, « il serait important de disposer d’un service plus fin pour mesurer l’efficience des restrictions préfectorales et ne pas réunir les comités départementaux de l’eau uniquement lorsqu’il y a une crise », suggère Louis Hubert, membre permanent du CGEDD. Sa collègue Virginie Dumoulin acquiesce en proposant une meilleure articulation de la gestion de l’eau entre deux départements. Il s’agirait de ne plus raisonner en fonction des limites administratives des territoires mais plutôt en termes de bassins hydrographiques. Par exemple, le bassin Charente, Seudre et côtiers qui mord sur sept départements (Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gironde, Deux-Sèvres, Vienne et Haute-Vienne) relèverait de la responsabilité du préfet de la Charente. Tout le cours d’eau du littoral atlantique, de la Gironde aux Pyrénées Atlantiques serait géré par le Préfet de la Gironde… « Il faut avoir une vision globale », indique Virginie Dumoulin. « Les retenues de substitution fonctionne très bien sur certains territoires », précise-t-elle. « À condition que ces projets de retenues répondent à l’intérêt général », réplique Frédéric Tuffnell.

État des lieux partagés et gestion équilibrée
Chacun a pris conscience que la gestion de l’eau est un vrai sujet qui va s’aggraver avec le dérèglement climatique et que la sécheresse dégrade les milieux naturels parfois de manière irréversible. Il faut cependant « rendre la communication plus efficace, notamment quand les citoyens voient un champ irrigué en pleine journée pendant une période de restriction », suggère Virginie Dumoulin. Thierry Burlot, président du Cercle français de l’eau regrette pour sa part que « de nombreux dispositifs ne se parlent pas. La PAC et les aides européennes impactent le développement agricole des territoires. Si on ne les réoriente pas vers une gestion raisonnée de l’eau, on passera à côté du sujet. Il faut avoir une gestion équilibrée de la ressource », souligne-t-il. Auparavant, « généraliser les études Hydrologie Milieux Usages Climat (HMUC) et avoir un état des lieux partagé de la ressource est nécessaire », conclut-il.
Revoir ce débat en ligne : https://youtu.be/BTWZrS_VXgE

 

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