La Creuse Agricole 10 mai 2007 à 00h00 | Par Christian PETIT, Dr Didier GUERIN, GDSCC

L'hypodermose bovine ou varron - Varron : une évolution rapide de l’assainissement vers la maitrise du risque

Grâce aux programmes généralisés de lutte mis en place au niveau national, la France est passée d'une phase d'assainissement à une phase de surveillance.

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La Creuse, comme l'ensemble de la France continentale, présente aujourd'hui, une situation assainie vis à vis du varron. Maintenir ce statut favorable demande d'être attentif par rapport aux deux risques essentiels de réintroduction que sont l'extension du parasite à partir des pays voisins et l'introduction en zone assainie de bovins porteurs. La surveillance du territoire concourt à permettre une action rapide en cas de résurgence.

Quelques rappels biologiques

L'hypodermose bovine est due à une mouche (dont la larve est appelée communément varron), ne vivant qu'une semaine environ au cours des mois d'été. Elle pond de 500 à 1.000 œufs sur les pattes et le fanon des bovins. Son rayonnement géographique s'étend sur une zone allant de 2 à 5 kilomètres. De ces œufs, naissent des larves qui pénètrent à l'intérieur de l'organisme de l'animal par des follicules pileux. Pendant sept mois, l'existence de ces larves est ignorée car elles migrent dans les tissus de l'animal. Selon l'espèce, elles transitent soit dans le canal rachidien (Hypoderma bovis) soit au niveau de l'œsophage (Hypoderma linéatum). Au printemps, ces larves migrent vers le tissus sous cutané dans la région dorsolombaire, provoquant des abcès visibles de chaque côté de la ligne dorsale, percent la peau, tombent sur le sol de mai à juin (pupe) pour donner naissance, trois à cinq semaines plus tard, aux mouches adultes perpétuant ainsi le cycle.

Un assainissement rapide de notre département

Un sondage effectué en 1996 sur l'ensemble de la Creuse a déterminé le taux d'infestation des cheptels, faisant apparaître trois zones : une non-infestée sur le tiers ouest de notre département, une zone moyennement infestée dans le tiers centre et une zone plus fortement atteinte pour le tiers est. Après la mise d'une stratégie basée sur des traitements tactiques et des comptages visuels en 1997, les résultats du printemps 1998 ont permis de valider le statut de la zone ouest et de vérifier l'efficacité des traitements sur les deux autres zones. Le maintien de ces stratégies de 1999 à 2002 a permis, en 2003, une certification sur l'ensemble du département et parallèlement, l'ensemble de la région Limousin. Les résultats obtenus au printemps 2003 ont confirmé cette situation favorable, avec aucun bovin trouvé varonné, permettant le renouvellement de la certification et l'acquisition du statut « zone assainie en varron », qui deviendra « cheptel assaini en varron » en début de campagne 2005/2006. Cette mention est portée sur les ASDA.

Un Schéma Territorial de Certification régional habilité depuis mars 2005

Au niveau national, en mai 2002, l'ACERSA (Association de Certification en Santé Animale) propose un cahier des charges national fixant les modalités de gestion de l'Hypodermose Bovine. L'Arrêté du 30/10/2002 ajoute l'hypodermose bovine « aux maladies » faisant l'objet d'une certification officielle par l'ACERSA. Le cahier des charges techniques fait l'objet d'un avis au Journal Officiel en date du 21/01/2003. Parallèlement, au niveau régional, il est organisé un Schéma Territorial Régional de Certification, avec pour objectif l'organisation et le suivi technique de cette certification, qui verra son habilitation, par l'ACERSA, le 31 mars 2005. Son territoire de compétence s'étend sur les trois départements limousins, il assure la maîtrise d'œuvre et est chargé de l'élaboration du programme régional avec notamment, la détermination du nombre de cheptels devant faire l'objet de contrôles aléatoires ou orientés. Il est constitué du GRASL (Groupement Régional d'Action Sanitaire du Limousin), du GTV régional (Groupement Technique Vétérinaire) et des Laboratoires Vétérinaires Départementaux. Les trois GDS départementaux assurent l'application des procédures.

La Creuse, comme l'ensemble de la France continentale, présente, aujourd'hui, une situation assainie vis à vis du varron. 
Maintenir ce statut favorable demande d'être attentif par rapport 
aux deux risques essentiels de réintroduction que sont l'extension du parasite 
à partir des pays voisins et l'introduction en zone assainie de bovins porteurs.
La Creuse, comme l'ensemble de la France continentale, présente, aujourd'hui, une situation assainie vis à vis du varron. Maintenir ce statut favorable demande d'être attentif par rapport aux deux risques essentiels de réintroduction que sont l'extension du parasite à partir des pays voisins et l'introduction en zone assainie de bovins porteurs. - © D.R.

Une inscription comme MRC (Maladie Réputée Contagieuse) en 2006

L'arrêté du 6 mars 2006 a inscrit l'hypodermose bovine ou varron dans la liste des MRC. Cette décision apporte une nouvelle orientation pour le plan de lutte, en particulier pour les échanges d'animaux au plan communautaire et devrait permettre d'accroître la pression sur certains pays voisins, notamment la Belgique, afin qu'ils s'engagent enfin dans cette prophylaxie. Les GDS continuent d'être chargés d'organiser et de coordonner le programme de lutte. Depuis 2003, l'ensemble des départements français est certifié assaini (statut obtenu dès qu'une région présente moins de 5 % de ses cheptels infestés). En 2006, le taux d'infestation sur la base des contrôles visuels est nul et il est de 0,29 % sur la base des contrôles sérologiques pour la campagne 2005/2006. Durant cette campagne, neuf foyers ont été détectés avec comme cause quasi exclusive la proximité avec la Belgique et l'Espagne.

Les modalités techniques des différents contrôles

Les contrôles aléatoires sont destinés à objectiver le taux d'infestation de la zone. Le dépistage est réalisé en sérologie de mélange sur les prélèvements effectués au cours des prophylaxies dans des élevages tirés au sort en début de campagne avec des interventions prévues entre le 1er décembre et le 31 mars. Les contrôles orientés sont destinés à la recherche d'éventuels foyers, ils sont déterminés en fonction de certains facteurs de risque (cheptels à fort taux de renouvellement, introduction de bovins issus de cheptels sans garantie, cheptel séropositif ou douteux la campagne précédente…). Le dépistage est effectué selon la même méthode que pour les contrôles aléatoires.

La gestion des résultats

Tout résultat de mélange positif fait l'objet d'analyses individuelles. Un résultat non-négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de 24 à 60 mois entraîne le statut positif de l'élevage concerné, une enquête épidémiologique est diligentée dans l'élevage dont les conclusions peuvent, si nécessaire, déboucher sur un programme de traitement. Un résultat non-négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de plus de 60 mois n'entraîne pas de modification du statut négatif de l'élevage, celui-ci fait l'objet d'une enquête épidémiologique et d'un contrôle visuel au printemps pour vérifier l'absence d'infestation. De plus, cet élevage sera mis en contrôle orienté la campagne suivante. Au cours de la campagne 2005/2006, 201 cheptels étaient en contrôles aléatoires et 137 en contrôles orientés. 5 élevages en contrôles aléatoires et 9 en contrôles orientés avec des sérologies positives sur des animaux de plus de 60 mois ont donné lieu à des contrôles visuels qui se sont tous révélés négatifs. Pour 2006/2007, les résultats disponibles concernent 158 cheptels en contrôles aléatoires et 52 cheptels en contrôles orientés. 13 élevages présentent au moins un résultat positif qui ne concerne que des bovins de plus de 60 mois. Ils vont faire l'objet de contrôles visuels.

Les introductions : un risque à maîtriser en zone assainie

La maîtrise des introductions demeure importante, il appartient à chacun à son niveau (éleveur, vétérinaire et GDS) de s'assurer du statut du cheptel de provenance, par l'intermédiaire de l'ASDA ou d'une base de donnée informatique pour le GDS. En cas de statut défavorable, le GDS avertit l'éleveur en lui demandant de prendre contact avec son vétérinaire afin de réaliser un traitement préventif ou curatif. Dès la réalisation effectuée, l'éleveur transmettra un compte rendu de traitement au GDS. Conclusion Le plein investissement des différents acteurs de la filière a permis d'obtenir de bons résultats, dans un laps de temps particulièrement faible. Il s'agit maintenant d'entretenir cet acquis, le seul moyen d'y parvenir étant de rester vigilant. Pour plus de renseignements, n'hésitez pas à contacter votre vétérinaire et/ou le GDSCC.

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