La Creuse Agricole 10 mars 2022 a 07h00 | Par Christophe Soulard

« L’engouement pour l’apprentissage agricole est réel »

Trois questions à Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de l’Emploi.

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Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de l’Emploi.
Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de l’Emploi. - © Actuagri

Les chiffres de l’apprentissage en agriculture viennent d’être publiés. Quelle est votre première réaction ?

Je suis très heureux que le secteur agricole soit aussi attractif et qu’il offre une palette de formations aussi large. Ce sont plus de 21 000 entreprises qui ont signé un contrat d’apprentissage en 2021 avec 27 206 jeunes, majoritairement dans des entreprises de moins de 11 salariés. Ce qui représente 30 % de contrats de plus qu’en 2020 et 28 % d’entreprises en plus qui se sont mobilisées. La grande majorité des apprentis (56 %) ont découvert les métiers de l’agriculture quand d’autres, toujours au contact avec la nature, sont allés se former auprès d’entreprises du paysage, dans le secteur forestier ou dans les services associés à l’agriculture.

La politique de l’État a-t-elle profitable à cet essor de l’apprentissage ?
Il est indéniable que l’accompagnement de l’État a été déterminant. Les aides accordées, à partir de l’été 2020, aux employeurs pour l’embauche d’un apprenti sont maintenues pour les contrats signés jusqu’au 30 juin 2022. Elles permettent de soutenir le financement du salaire d’un apprenti pendant un an, à raison d’un maximum de 5 000 € pour un jeune de moins de 18 ans ou 8 000 euros pour un majeur. Ces aides viennent également aider, parfois, certains employeurs à passer le cap de l’embauche d’un apprenti. Je pense enfin qu’elles viennent accompagner un véritable mouvement de fond qui monte petit à petit en puissance. Nos jeunes sont aujourd’hui en quête de repères, de sens, d’utilité. Les métiers de l’agriculture qui touchent directement au vivant rentrent clairement dans ces catégories. Je ne pense pas que, dans d’autres secteurs économiques, l’engouement soit aussi prégnant.

Quels sont les atouts de l’apprentissage ?
Ils sont nombreux, pour les maîtres d’apprentissage comme pour les jeunes. Ces derniers peuvent aisément allier théorie et pratique, se mettre dans la peau de l’agriculteur, appréhender les spécificités et les subtilités du métier. L’apprentissage permet aux jeunes garçons ou aux jeunes filles de maintenir un pied dans la formation initiale tout en travaillant. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à valider leur choix d’orientation et exercer un métier agricole à la suite de leur formation. Il n’est pas rare que des exploitants embauchent leurs apprentis en salariés, leur propose parfois de s’associer ou même de reprendre leur ferme. Pour le maître d’apprentissage, les avantages sont aussi réels : il bénéficie d’un appoint de main d’œuvre à moindre coût et la transmission des compétences est toujours un acte valorisant et enrichissant. Son rôle est d’accompagner les jeunes dans la technicité du métier, qui recouvre de multiples aspects : matériels, approche prophylactique végétale et/ou animale, réflexion sur les investissements, économie de l’exploitation, tâches administratives, bien-être animal, protection de l’environnement, etc. Il donne aussi aux apprentis l’envie du métier, et surtout, il les met en responsabilité. C’est d’ailleurs un des axes moteurs de l’apprentissage. Cette stratégie gagnant-gagnant marche très bien, d’autant plus que l’insertion des jeunes est quasi garantie tout comme la réussite au diplôme. Enfin et c’est à noter, nous avons en agriculture, le taux de rupture le plus bas de France en apprentissage : seulement 10 %. Ce qui veut dire que 90 % de nos jeunes se plaisent dans le métier et que les employeurs savent les accueillir dans de bonnes conditions. La FNSEA a d’ailleurs conçu une formation pour accompagner les maîtres d’apprentissage dans ces fonctions.

 

 

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