La Creuse Agricole 06 janvier 2010 à 14h50 | Par M.B.

Gouzon - Maintenir la pression encore et encore…

Quelques jours après l'action contre les grandes et moyennes surfaces à Guéret, la FDSEA et les JA ont montré qu’ils gardaient un œil très vigilant sur les pratiques commerciales.

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Alors qu'un peu partout en France, les syndicats agricoles entament, ou maintiennent pour certains, une pression envers les grandes et moyennes surfaces (GMS), la Creuse a fait le choix de continuer le mouvement entamé début décembre. C'est ainsi qu'une cinquantaine d’éleveurs s'est retrouvée le mercredi 23 décembre à Carrefour Market à Gouzon pour un échange sans langue de bois mais digne avec Jean-Pierre Vacher, responsable du magasin et également conseiller général UMP du canton de Jarnages.

La sérénade habituelle

Avant d'entrer dans le magasin, les manifestants déroulent non pas un tapis rouge mais un tapis de paille symbolisant qu'ils sont « sur la paille ». Au rayon boucherie, chiffres à l'appui, le responsable présente ses factures aux manifestants. Sur les deux factures présentées, pour une demi-carcasse de bovin, la première facture affiche 5,76 euros/kg et la seconde 5,83 euros/kg. Et d'argumenter sur les charges des magasins et autres frais dont les éleveurs ont l'habitude, sérénade bien rôdée servie et reservie à chaque visite de GMS. « Je ne négocie rien. Je commande et je vois le prix en recevant la facture » ajoute Jean-Pierre Vacher devant une assemblée sceptique.

Répartir autrement les marges

Le président de la FDSEA, Philippe Monteil, a pour sa part dénoncer une fois encore les marges abusives de la grande distribution. Propos confortés par les agriculteurs présents. « Tout le monde a le droit de gagner sa vie, mais pour cela il faut que les marges soient réparties de manière différente », lance un manifestant. Christophe Alabergère, président des JA, renchérit : « On ne demande pas que le prix soit multiplié par 4 ! L'augmentation du prix chez nous, pour qu'on puisse vivre, tient à peu de choses mais tout le monde doit y mettre du sien ! ». Pire constat pour Philippe Tison et Jean-Pierre Dauger, éleveurs de porcs et responsables de la section porcine de la FDSEA. Barquettes de viande en main, ils martèlent avec colère et détermination le racket sur la viande de porc. Entre la production et la consommation, le prix est multiplié par 7.

Un débat avec les reponsables GMS

Les éleveurs préviennent. Ils n'en resteront pas là. Dès début janvier, la pression sera remise. Ils espèrent que le mouvement prendra une ampleur nationale et sera décliné dans tous les départements de France.La FDSEA et les JA se sont pour leur part engagés à rencontrer dès le début d'année les associations de consommateurs et le responsable limousin de l'observatoire des marges et des prix. Ils souhaitent pouvoir dans la foulée réunir les responsables GMS pour un débat. Affaire à suivre.

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