La Creuse Agricole 02 août 2019 à 07h00 | Par HC

FDSEA et JA fustigent « la trahison » du député Jean‑Baptiste Moreau

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- © JG

Ce vendredi 26 juillet, une délégation FDSEA-JA s’est donné rendez-vous à la permanence du député Jean-Baptiste Moreau. L’objectif du jour : lui montrer leur mécontentement, surtout vis-à-vis de ses prises de position. Les raisons de cette colère sont multiples : déjà tendus par une situation financière difficile et aggravée par une sécheresse qui dure désormais depuis plus d’un an, les éleveurs n’ont pas supporté la ratification du Ceta (accords de libre-échange avec le Canada) par l’Assemblée nationale le mardi 23 juillet. « M. Moreau nous avait déjà indiqué dans les semaines précédentes qu’il voterait cette ratification. Pour lui le Canada ne représente pas un danger. Le problème est qu’il ne s’est pas contenté de suivre les ordres le doigt sur la couture du pantalon. On lui reproche surtout d’avoir utilisé son statut d’éleveur pour prendre la défense de ce traité, explique Christian Arvis, secrétaire général de la FDSEA. C’est une véritable trahison ! ».
L’action du jour a donc consisté à bloquer les accès à la permanence à l’aide de parpaings.
La réaction du député, absent, ne s’est pas faite attendre sur les réseaux sociaux : « Ces actions violentes sont un non-respect de l’État de droit » a-t-il affirmé. La notion de violence surprend Thierry Jamot, président de la FDSEA de la Creuse : « Ce n’était pas du tout une action violente ! Nous n’avons rien cassé, nous n’avons même pas cherché à entrer dans le bâtiment. Les seuls tags que nous avons faits l’ont été sur notre propre mur, et non sur des murs qu’il aurait fallu nettoyer ensuite ».
L’importation d’un contingent important de viande canadienne inquiète d’autant plus les éleveurs que l’Union Européenne et le Canada, pourront s’entendre pour modifier les quotas négociés sans avoir à demander leur avis aux États membres.
Un des autres risques pointé par les agriculteurs est sanitaire : « les canadiens peuvent utiliser sans problème des farines animales, ici elles sont interdites depuis 20 ans ! s’insurge Aurélien Desforges, secrétaire général de JA23. Sans oublier les antibiotiques, utilisés comme activateurs de croissance. Les consommateurs doivent avoir conscience de ce qui va arriver dans leur assiette ! » Les responsables syndicaux, sur la même ligne que les écologistes, pointent également le problème du transport, qui va à l’encontre de la volonté gouvernementale de lutte contre le réchauffement climatique.
Après cet exercice de maçonnerie rapide, les responsables syndicaux ont prévenu : « cette action n’est qu’un coup de semonce, il y a quelques années nous étions 20 000 dans les rues de Clermont-Ferrand, imaginez la même chose à Guéret, sur les terres d’un député qui oublie qu’il est agriculteur ! »

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