La Creuse Agricole 03 décembre 2018 à 08h00 | Par Marien BATAILLE/Dr Didier GUERIN

Éradication BVD et alerte FCO

Ce 13 décembre 2018, GDS Creuse a réuni son CA afin de faire le point sur la campagne en cours et préparer 2019.

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- © GDS Creuse

Ce CA de GDS Creuse du 13/12/2018 a porté un focus sur le plan d’éradication de la BVD et l’alerte FCO (cf. encadrés). Sont présentés ci-dessous quelques autres points abordés. Les sujets tels que cellule départementale opérationnelle « maltraitance animale », section par espèce, étudiés également lors de ce CA feront l’objet de prochains articles.

Organisme à Vocation Sanitaire (OVS), du Limousin à la Nouvelle‑Aquitaine
Le GRASL (Groupement Régional d’Action Sanitaire du Limousin) est reconnu OVS pour le domaine animal jusqu’en 2019. Pour les missions déléguées (prophylaxies brucellose, tuberculose et leucose), le GRASL est accrédité par le COFRAC depuis le 01/12/2016 jusqu’au 30/11/2020. Le deuxième audit de maintien, le 11/10/2018 au GDS 19, a confirmé cette accréditation. En 2019, la reconnaissance OVS et son accréditation se feront au niveau Nouvelle-Aquitaine. Les 12 GDS néo-aquitains se sont réunis en séminaire les 23 et 24/10/2018. Au-delà de la reconnaissance de l’OVS, la réflexion a porté sur comment la FRGDS et les GDS peuvent-ils contribuer à l’amélioration de la performance sanitaire des élevages et à un meilleur fonctionnement du système qui entoure l’éleveur.

Une rencontre des délégués cantonaux dans un esprit convivial
Comme chaque année, 5 rencontres avec les délégués cantonaux se sont déroulées du 22 au 29 novembre avec des échanges sur la tuberculose, la BVD, la besnoitiose, la fièvre catarrhale et les nouveautés de la « boîte à outils » GDS Creuse. Vos délégués cantonaux sont vos interlocuteurs de proximité, n’hésitez pas à discuter avec eux. Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.

BVD, un plan d’éradication qui s’accentue
Le plan BVD creusois entame sa deuxième campagne de dépistage généralisé. Il est basé sur 3 axes.
Un statut BVD pour tout bovin introduit dont les veaux des vaches introduites gestantes
Tout bovin introduit doit avoir un statut BVD (attestation non-IPI ou dépistage) d’où la recherche virologique systématique par PCR à l’introduction. En 2018, 32 bovins ont ainsi été détectés positifs. Pour les veaux issus de vaches introduites gestantes, l’information est fournie à chaque éleveur par GDS Creuse. Sur 2 000 veaux concernés, 300 ont été testés avec 3 IPI détectés. La gestion de ce facteur de risque de contamination important reste donc à renforcer. Autre facteur de risque à mieux maîtriser, c’est l’isolement systématique de tout bovin introduit et lors de tout retour de rassemblement, marché…

Un dépistage sérologique dans tous les cheptels
Le dépistage sérologique par mélange de 20 sur la tranche d’âge 24-48 mois en sang ou lait de grand mélange permet de connaître la prévalence BVD en Creuse. Sur 2 239 cheptels testés, 405 (18 %) ont été identifiés comme infectés. Ce début de campagne confirme ce chiffre. Cette deuxième campagne va permettre de connaître l’incidence BVD en Creuse (nouveaux infectés), les premiers résultats la situent à 5,4 %.

L’assainissement des cheptels infectés et le prélèvement de cartilage auriculaire
Sur les 405 cheptels identifiés comme infectés en 2017-2018, 100 sont rentrés en plan d’assainissement avec, notamment, le prélèvement de cartilage auriculaire sur les veaux lors de leur identification. Pour 2017-2018, 58 cheptels ont mis en place les boucles ou les boutons avec prélèvement de cartilage auriculaire. Pour 2018-2019, 231 cheptels sont actuellement concernés.

Un accompagnement financier mutualisé de GDS Creuse
Pour les adhérents de GDS Creuse (99,6 % des éleveurs bovins creusois), la mutualisation de tous les coûts analytiques et surcoût de boucles a été validée lors du CA de GDS Creuse du 04/07/2017. Le financement s’appuie sur le droit de tirage sur le FMGDS national (50 000 euros pour 2017-2018), une réorientation du fonds de solidarité bovin creusois (aide à l’élimination des IPI : 5 000 euros en 2018), la convention avec le Conseil départemental (40 000 euros en 2018), une demande auprès du Conseil régional (elle n’a pas abouti pour 2018, une réponse positive est espérée pour 2019) et une cotisation spécifique « Plan éradication BVD » (0,50 €/UGB en 2018, 0,70 €/UGB en 2019).

 

- © Plate-forme ESA

FCO, des foyers détectés

Depuis le 01/01/2018, la totalité du territoire de la France continentale a été placée en zone réglementée pour les sérotypes 4 et 8 de la fièvre catarrhale ovine (FCO).

La FCO détectée lors de dépistages aux mouvements et de foyers cliniques, d’où une vigilance particulière cet hiver
Du 01/06 au 15/09/2018, la FCO a été détectée dans 51 départements (cf. illustration) : le sérotype 8 dans 43 départements, le sérotype 4 dans 2 départements (66 et 69), une co-infection 4 et 8 dans le 69. Pour les autres cas, le sérotype n’a pu être détecté faute de matériel viral suffisant. Des foyers ont été déclarés avec des tableaux cliniques et un pourcentage d’animaux atteints très variables. Rappelons que l’impact clinique de la FCO, sérotype 8, peut se scinder en trois phases : une atteinte des muqueuses (difficultés pour manger, boire et se déplacer, formes suraiguës pouvant entraîner la mort ou des non-valeurs économiques), un amaigrissement avec des baisses de productions puis un impact sur la sphère génitale (infécondité passagère ou définitive du mâle, mortalités embryonnaires, avortements ou malformations nerveuses chez les veaux). Lors du premier épisode FCO-8, la 3e phase s’est avérée la plus dramatique, d’où une vigilance particulière à porter cet hiver. Pour plus d’informations, consultez le dernier bilan publié dans les actualités du dossier FCO de la plate-forme ESA (www.plateforme-esa.fr).

Une vaccination ou des contrôles virologiques pour sortir de la zone règlementée…
La FCO est une maladie réglementée au niveau international et européen. Pour la sortie d’une zone réglementée, la vaccination est la principale mesure. Un animal est considéré vacciné (sérotypes 4 et 8) 60 jours après la dernière injection de primo-vaccination (délai réduit à 10 jours pour certains accords bilatéraux comme avec l’Italie). Des zones réglementées équivalentes sont reconnues entre états de l’Union européenne (Italie, Hongrie et Slovénie : zones réglementées pour le sérotype 4). Certains (cas de l’Espagne) recourent à une analyse PCR dont le résultat négatif permet la certification pour les sérotypes 4 et 8. Vers les autres Etats de l’Union européenne et vers les pays tiers, il existe des conditions spécifiques, pour tout renseignement, contactez la DDCSPP.

… avec un isolement impératif en cas de retours d’animaux dans l’élevage
Dans le cadre des contrôles PCR pour les échanges ou les exportations, de nombreux résultats positifs apparaissent. Du fait des différents allotements subis, ces animaux sont de véritables « bouillons de culture » avec une contamination par différents virus ou bactéries. Lorsque c’est possible, refusez le retour de ces animaux dans vos élevages. Si le retour intervient, isolez strictement ces animaux pendant 3 semaines minimum.

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