La Creuse Agricole 27 novembre 2022 a 07h00 | Par ND

Des sujets nombreux s’inscrivant dans un contexte économique et social tendu

Une Session de fin d’année pour la Chambre d’agriculture Creuse qui au-delà des dossiers obligés du type budget rectificatif a traité des sujets agricoles du moment pour finir sur une présentation des perspectives de l’élevage en bovins viande.

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Une Session de fin d’année pour la Chambre d’agriculture Creuse qui au-delà des dossiers obligés du type budget rectificatif a traité des sujets agricoles du moment pour finir sur une présentation des perspectives de l’élevage en bovins viande.
Une Session de fin d’année pour la Chambre d’agriculture Creuse qui au-delà des dossiers obligés du type budget rectificatif a traité des sujets agricoles du moment pour finir sur une présentation des perspectives de l’élevage en bovins viande. - © CDA 23

C’est à la Maison de l’Economie à Guéret, le mardi 22 novembre dernier, que la Chambre d’agriculture de la Creuse a tenu sa dernière Session de l’année 2022. Dans son discours d’ouverture, Pascal Lerousseau, le président de l’Institution a fait part de sa vive inquiétude quant à la difficulté d’équilibrer les comptes de la structure dans un cadre budgétaire où les recettes s’amenuisent et les charges augmentent de façon exponentielle.
Avec des agriculteurs de moins en moins nombreux et qui connaissent également des difficultés économiques, le Président indique qu’il se refuse à augmenter les tarifs des prestations de l’institution à la hauteur de l’inflation. Il ne veut pas que ces derniers servent de variable d’ajustement pour compenser les autres ressources qui tendent elles aussi à diminuer. En effet, le poste recettes de l’institution repose essentiellement sur quatre piliers :
- Le prélèvement Chambre d’agriculture, via la TFNB,  dont l’indice fixé par l’État n’a pas évolué depuis 2015 et qui sert à financer, pour partie, les missions régaliennes confiées aux Chambres consulaires.
- Les subventions de l’État, de l’Europe, de la Région ou du Département qui servent à financer les programmes collectifs et d’intérêt général mais qui fléchissent chaque année.
- Les prestations payées par les agriculteurs lorsqu’ils font appel à un conseiller pour un accompagnement individuel déterminé.
- Les formations dispensées par la structure.
Alors que l’inflation galopante met une pression forte sur les ménages, la Chambre d’agriculture France a nécessairement dû augmenter le point Chambre servant de base à la rémunération des salariés (de 2,75 %). Celui-ci n’avait pas été réévalué depuis plusieurs années. Cette charge non prévue aux budgets initiaux 2022 et 2023 va pouvoir être toutefois compensée par des départs en retraite non remplacés. De nombreux postes de charge tels que fournitures, énergie, carburant, ont été sujets à de fortes augmentations en 2022 et pèsent lourdement dans les finances.

Des services en direction des territoires ruraux
Même s’il n’y a pas péril en la demeure, car l’organe consulaire dispose d’une réserve permettant pour le moment d’absorber ces difficultés, il faut, selon le Président, préserver l’avenir en contraignant de plus en plus les dépenses tout en trouvant des pistes pour permettre de faire rentrer de nouvelles recettes. En ce sens, la Chambre d’agriculture vient de lancer une campagne en direction des collectivités pour les informer des services et des compétences dont elle dispose en interne et qu’elle peut proposer aux élus des territoires ruraux pour les accompagner dans leurs missions. Une marque répondant au nom de « TERRALTO » mise en place au niveau national a été ainsi déclinée en Creuse pour une meilleure identification des services Chambres d’agriculture destinés aux collectivités territoriales.

Une application de la loi à géométrie variable
Au-delà du dossier budgétaire dont les élus gèrent le pilotage, ceux-ci ont exprimé une autre inquiétude quant au partage de l’espace rural et de ses usages avec une nouvelle population qui a tendance à s’affranchir des règles de droit commun et à s’approprier le territoire de façon de plus en plus violente. Faisant référence, entre autre, à l’enduro moto-cross « l’En’Duo » qui a subi récemment un sabotage avec des défléchages et pour lequel on a évité de justesse des drames humains, les élus déplorent une montée de ce type d’actions qui visent à figer l’espace rural pour empêcher toute activité économique ou de loisirs. Ils déplorent qu’une minorité de personnes puisse imposer leur loi en toute impunité et demandent avec force aux représentants de l’État présents (Bastien Merot, Secrétaire Général de la Préfecture et Pierre Schwartz, directeur de la DDT) de transmettre au gouvernement l’exaspération exprimée par la population rurale. Ils avertissent par ailleurs qu’en l’absence de réaction, ils agiront par eux-mêmes afin de ne pas laisser des zones de non-droit s’installer en Creuse.

Quel avenir pour le bovin viande en France ?
Après avoir fait un point sur les sujets d’actualité agricoles en cours, tels que dossiers calamité grêle, sécheresse, nouvelle PAC, … les membres de la Session ont pu bénéficier d’une présentation par Xavier Nicolle d’Interbev Nouvelle-Aquitaine, invité pour l’occasion, sur les perspectives pour l’élevage bovin français s’inscrivant dans un contexte de décapitalisation qui s’accélère ces dernières années. Les acteurs de la filière qui s’inquiètent de cette baisse des volumes ont travaillé de concert pour réfléchir aux actions possibles à développer. Ce travail a permis de définir des choix stratégiques et des nouveaux modèles à mettre en place pour aboutir à une meilleure rémunération des éleveurs et maintenir ainsi la capacité de production en bovins viande. À l’occasion de cette présentation, d’autres pistes ont été abordées comme la nécessité de développer la recherche et l’innovation sur la valorisation de la viande avec des produits plus adaptés aux modes de consommation actuels, la sensibilisation de la restauration collective à valoriser l’ensemble de la carcasse, ou encore l’engagement des acteurs de la mise en marché à travailler sur les flux logistiques pour faire baisser les frais. Pour que ce travail soit efficace Xavier Nicolle a indiqué qu’un suivi avec des indicateurs de résultats seront mis en place. Avant de clôturer la séance, les professionnels ont donné rendez-vous à l’animateur pour suivre les travaux de la filière à l’occasion d’une prochaine session.

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