La Creuse Agricole 29 juin 2020 à 07h00 | Par A.M.

Des pâtes, oui mais des « Cœur de Creuse » !

Qui l’eût cru ? Des pâtes creusoises ! Grâce à la motivation, l’enthousiasme et la volonté de 6 agriculteurs qui ont souhaité aller au-delà de leur production de viande bovine, les pâtes « Cœur de Creuse », 100 % creusoises, artisanales et fermières sont devenues aujourd’hui une réalité !

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- © AM

Michaël Braime, de Saint-Fiel, Sébastien Dallot, de Jouillat, Claire et Jérémy Mathé, de Guéret, Stéphane et Bernard Moreau, d’Ajain, ont fait le pari gagnant de miser sur de nouveaux produits à partir de leur production de céréales.
L’aventure a débuté en 2018 avec l’ambition de lancer un projet innovant ayant pour réflexion de fond le contrôle total de l’ensemble de la chaîne de fabrication et de mise en marché des produits.
Pour aboutir à ce résultat, la création d’un GIEE intitulé « Atelier des céréales » a vu le jour. Avec l’appui technique et l’accompagnement de la Chambre d’Agriculture, les membres du groupe se sont formés aux techniques culturales du blé dur et des lentilles avec une maîtrise parfaite des aspects phytosanitaires (zéro résidu) en passant par la transformation des produits jusqu’à leur commercialisation.

Des résultats prometteurs
La production de céréales en blé dur de la précédente campagne a permis de produire plus de 18 t de farine. La campagne actuelle s’annonce plus prometteuse pour les 6 agriculteurs qui espèrent atteindre des rendements de l’ordre de 50 q/ha sur les 15 ha de blé semés.
La particularité des semences utilisées repose sur le choix d’une variété ancienne qui a sans doute des rendements moindres mais qui offre une qualité bien supérieure aux pâtes industrielles. Côté meunerie, du fait de l’absence de meuniers dans notre département, les grains sont moulus dans une meunerie artisanale en Charente-Maritime. Les pâtes « Cœur de Creuse » sont ensuite fabriquées au siège de la nouvelle société « SARL Les Moulins Marchois », située dans la zone industrielle de Guéret, puis stockées en chambre froide sur ce même site.

Des partenaires volontaires
Un projet innovant pour lequel bon nombre de partenaires ont répondu positivement, tant sur les aspects financiers, avec le concours de la Banque Populaire qui s’est engagée à couvrir les investissements des matériels à hauteur de 120 000 €, que de la Communauté de Communes du Grand Guéret qui a apporté sa contribution via la mise à disposition des locaux de la pépinière située dans la zone industrielle des Varennes, rue Johannes-Gutenberg à Guéret. La Communauté de Communes du Grand Guéret a également fait le lien avec le Département et l’État pour inscrire le projet dans le cadre du PPC (Plan Particulier pour la Creuse) et permettre ainsi le financement de la Chambre froide. La Région a également participé en aidant au financement de l’achat du matériel nécessaire (PCAE). Enfin, le projet a bénéficié d’un prêt d’honneur attribué par Initiative Creuse.

Bientôt dans les rayons en Creuse
Comme l’a indiqué Stéphane Moreau, « nos pâtes seront mises en marché dès le 23 juin », précisant : « nous avons déjà les premiers contrats commerciaux de signés avec les enseignes creusoises comme Intermarché ou encore Centre-Frais à Guéret, mais nous entendons bien élargir notre champ de distribution, notamment vers Clermont-Ferrand, toujours avec Intermarché mais aussi avec d’autres enseignes de GMS. Nous n’oublierons pas, non plus, les petites épiceries creusoises et les restaurants collectifs. La vente en direct sera également possible sur notre site à Guéret, en sachets ou en vrac. Compte-tenu des temps de séchage, nous produisons aujourd’hui jusqu’à 400 kg de pâtes par jour à raison de 3 jours par semaine mais nous espérons bien répondre à toutes les demandes ! »

Des pâtes artisanales et fermières
Tous ces efforts sont aujourd’hui récompensés au terme de 2 années de mûre réflexion et d’un engagement sans faille de tous les acteurs. La création de « Cœur de Creuse » reste la première pâte artisanale et fermière 100 % creusoise. Avec 9 variétés différentes : pennes, coquillettes, tagliatelles, fusillis, maldafines, … le process de fabrication qui comprend un temps de séchage de 19 heures à 50 °C contre 4 heures à 90 °C donne aux pâtes « Cœur de Creuse » une saveur incomparable.
Pour Stéphane Moreau, l’un des cogérants de la société, « cette initiative reste un enjeu important. Sécuriser notre revenu est avant tout primordial, d’autant plus avec un marché bovin qui reste compliqué. Nous avons fait le choix de nous concentrer sur une production de blé de qualité pour nos pâtes qui sortent de la masse des pâtes industrielles. Nous cherchons avant tout la qualité et le prix et nous espérons bien atteindre nos objectifs. En tous cas, les débuts sont très prometteurs ! »

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