La Creuse Agricole 30 août 2010 à 08h04 | Par SG d'après données Insee

Démographie - Le Massif central se repeuple

Avec 3 835 000 habitants, le Massif central a gagné près de 100 900 habitants depuis 1999, soit en moyenne 14 400 personnes par an.

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Le Massif central a retrouvé, depuis 2006, une croissance de sa population qu'il n'avait plus connue depuis la fin des années 1950. (Photo d'archives)
Le Massif central a retrouvé, depuis 2006, une croissance de sa population qu'il n'avait plus connue depuis la fin des années 1950. (Photo d'archives) - © D.R.

L'étude publiée dernièrement par l'Insee fait état d'un regain de croissance démographique sur le Massif central. Cette vaste zone a en effet retrouvé, depuis 2006, une croissance de sa population qu'il n'avait plus connue depuis la fin des années 1950. Grâce à un net regain attractif, la baisse de population enregistrée depuis plusieurs décennies est actuellement stoppée. Cette progression significative (+ 0,4 % par an) contraste avec la baisse enregistrée de 1982 à 1999. Durant cette période, le Massif central perdait annuellement 4 800 habitants, soit 0,1 % de sa population. Le dynamisme démographique récent du Massif central reste néanmoins inférieur de moitié à celui constaté en France métropolitaine. La croissance de la population française s'est en effet accentuée, passant de 0,4 % annuellement sur la période 1982-1999 à 0,7 % entre 1999 et 2006.Le regain de croissance observé dans le Massif central ne comble donc pas le retard pris sur la moyenne nationale.

 

Le Sud attire…

C'est grâce à une attractivité renouvelée que cet espace géographique gagne des habitants.

 

Les décès étant plus nombreux que les naissances, le solde naturel demeure déficitaire. Le Massif central compense donc son déficit naturel grâce à une attractivité accrue : équilibrés entre 1982 et 1999, les mouvements migratoires sont désormais nettement excédentaires. De 1999 à 2006, le taux de croissance de la population dû au solde migratoire apparent est de 0,5 % par an. Ce taux reste toutefois nettement inférieur à celui des régions des façades méditerranéenne et atlantique et des massifs qui y sont situés : Alpes, Pyrénées, Corse. L'attractivité se diffuse sur l'ensemble du Massif. Entre 1999 et 2006, 78 % des communes du Massif central ont enregistré plus d'arrivées que de départs. Elles étaient 65 % dans ce cas entre 1982 et 1999. Fort de ce regain attractif, la partie du Massif en croissance démographique s'est elle aussi étendue. Sur les 4 072 communes du Massif, 2 738 (soit 67 %) ont gagné de la population entre 1999 et 2006. C'est dans le sud du Massif que cette accélération de la croissance est la plus marquée. Dans les communes du Massif des départements de l'Hérault, de Haute-Loire, du Lot et de l'Aude, le rythme de croissance de la population a été multiplié par huit : + 0,8 % en moyenne par an entre 1999 et 2006. Dans les départements du Gard, du Tarn, du Tarn-et-Garonne, de l'Aveyron, de la Corrèze, de l'Ardèche et de la Lozère, le taux de croissance annuel moyen de la population s'est inversé, passant de - 0,3 % entre 1982 et 1999 à + 0,5 % depuis 1999.

Le Massif central, un territoire prisé pour ses grands espaces et sa nature préservée, où les sources d'énergie nouvelle ont poussé comme des champignons depuis l'an 2000.
Le Massif central, un territoire prisé pour ses grands espaces et sa nature préservée, où les sources d'énergie nouvelle ont poussé comme des champignons depuis l'an 2000. - © D.R.

Autour des villes

C'est dans les communes sous influence directe des pôles économiques clermontois, stéphanois, limougeaud et lyonnais que la croissance démographique se diffuse et s'accélère le plus. Cette tendance est particulièrement marquée le long des principaux axes autoroutiers.

 

Ainsi, dans le Massif central trois zones de densification urbaine émergent : au centre de l'Auvergne, un large couloir centré sur Clermont-Ferrand reliant Brioude en Haute-Loire à l'aire urbaine vichyssoise dans l'Allier ; à l'est du Massif, la partie du Rhône, la moitié sud du département de la Loire et le nord-est de la Haute-Loire dynamisés par les métropoles stéphanoise et lyonnaise ; à l'ouest du Massif, l'aire urbaine de Limoges.

 

De 1999 à 2006, chacun de ces trois territoires a gagné 6 à 8 habitants au kilomètre carré contre seulement 1 en moyenne dans le Massif central. Le dynamisme démographique lié à la périurbanisation s'est aussi accéléré autour de Brive-la-Gaillarde et Rodez.

 

Quand le Nord décroche À l'inverse, le nord du Massif s'inscrit dans un vaste ensemble métropolitain marqué par une fragilité démographique. Au centre de la France, les excédents migratoires ne compensent pas ou peu le déficit naturel. Sur les sept départements français qui perdent de la population, trois font partie intégrante du Massif (la Creuse, l'Allier et le Cantal) et un (la Nièvre) est pour moitié inclus dans le Massif.

 

En général, au nord et au centre du Massif central, seules les communes rurales situées à moins de trente-cinq kilomètres d'un pôle urbain gagnent de la population. Cette tendance témoigne d'un desserrement des grandes agglomérations et non d'une dynamique démographique propre. Dès que la distance au pôle urbain le plus proche progresse, la croissance démographique s'essouffle.

Repères

Le Massif central représente 15,5 % de la superficie de la France métropolitaine mais seulement 6,2 % de sa population, en 2006. Le poids démographique du Massif central n'a cessé de diminuer. En 1999, 6,4 % des Français y habitaient. Ils étaient 7 % en 1982 et 8,2 % en 1962.

Vaste comme l'Irlande ou le Portugal, le Massif central est une montagne habitée au cœur de l'Europe et facilement accessible.
Vaste comme l'Irlande ou le Portugal, le Massif central est une montagne habitée au cœur de l'Europe et facilement accessible. - © D.R.

Une majorité de Parisiens et de Lyonnais

L'excédent migratoire du Massif central est largement imputable aux échanges avec l'Île-de-France. Les mouvements migratoires avec la région parisienne se traduisent pour le Massif central par un gain de 26 100 personnes sur la période 2001-2006, soit la moitié du gain migratoire total. L'excédent migratoire enregistré avec Rhône-Alpes (5 600 sur la période 2001-2006) reste inférieur à celui enregistré vis-à-vis de l'Île-de-France mais il masque des flux plus importants. La région Rhône-Alpes concentre 21 % des échanges (entrées et sorties) touchant le Massif central entre les années 2001 et 2006, alors que l'Île-de-France canalise 15 % des flux. La proximité est un facteur déterminant sur la fréquence des échanges constatés. Par ordre d'importance, les cinq régions Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Aquitaine et Bourgogne enregistrent chacune de 10 % à 5 % des échanges et totalisent ensemble 43 % des mouvements.

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