La Creuse Agricole 19 avril 2019 à 08h00 | Par A.M.

« Défendre la cause du revenu, c’est l’élément essentiel de notre métier »

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À la Tribune, Bertrand Labar, conseil départemental de la Creuse, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture, Henri Biès-Péré, Vice-président de la FNSEA, Thierry Jamot, président de la FDSEA de la Creuse, Magali Debatte, préfète de la Creuse, Christian Arvis, secrétaire général de la FDSEA et Michël Magnier, président de JA 23.
À la Tribune, Bertrand Labar, conseil départemental de la Creuse, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture, Henri Biès-Péré, Vice-président de la FNSEA, Thierry Jamot, président de la FDSEA de la Creuse, Magali Debatte, préfète de la Creuse, Christian Arvis, secrétaire général de la FDSEA et Michël Magnier, président de JA 23. - © AM

Le 73e congrès de la FDSEA s’est tenu le 11 avril dernier sous la présidence de Thierry Jamot. Avec près d’une centaine de congressistes, rassemblée dans la salle polyvalente de Grand-Bourg, c’était pour la FDSEA l’occasion de débattre de toutes les questions syndicales, mais aussi des dossiers d’actualité avec pour toile de fond la défense du revenu des agriculteurs. En accueillant un invité de marque en la personne d’Henri Biès-Péré, vice-président de la FNSEA, le syndicat creusois avait choisi cette année pour thème majeur, « le revenu des agriculteurs, l’élément essentiel de notre métier ». Si l’activité syndicale 2018 a été particulièrement offensive, avec des actions de toutes natures, une sécheresse sans précédent a eu pour conséquence des affouragements précoces, dès juillet plus de 5 500 t de fourrage ont été acheminées en Creuse. Mais au-delà des aspects conjoncturels, le président Thierry Jamot n’a pas manqué d’évoquer dans son discours d’ouverture les États Généraux de l’Alimentation en interpellant le député Jean-Baptiste Moreau : « J’ai du mal à comprendre quelles améliorations de l’élevage en Creuse peut-on attendre de ces États Généraux de l’Alimentation ? »

Une année chaude
Ce rendez-vous des adhérents était aussi l’occasion de retracer l’activité syndicale de 2018. Une année marquée par de nombreux événements décrits dans le rapport d’activité en images : rencontres importantes, visites ministérielles, actions syndicales de toutes natures, Mercosur, visites de grandes surfaces, visite du marché de Rungis, sans compter l’actualité et l’activité des sections spécialisées telles que la commission des agricultrices, ou la section des anciens exploitants.
L’occasion de rappeler que la vie du syndicat, c’est aussi de rassembler agir et informer. Communiquer, c’est aussi l’une des missions prioritaires de la FDSEA pour dénoncer les nombreuses attaques que subit le monde agricole. « Un agribashing que l’on ne supporte plus » comme le soulignait le secrétaire général Christian Arvis.

Défendre notre revenu
Malgré une année difficile, les actions syndicales se sont multipliées toujours pour la même raison, « la défense du revenu », comme le soulignait le secrétaire général Christian Arvis. « Ce qui nous fait descendre dans la rue, c’est notre revenu, et quoi de plus légitime que de le défendre… N’est-ce pas là le rôle d’un syndicat que de créer le mouvement et les conditions pour que nos revendications, toujours accompagnées de propositions concrètes, soient prises en compte ? ».
Dans son rapport d’orientation décliné par le secrétaire général, « la FDSEA s’inscrit dans la voix d’un syndicalisme de solution et de revendication, bien des défis restent encore à relever pour pérenniser l’agriculture et par conséquent le revenu des agriculteurs ».
Mais pour y parvenir, la FDSEA aura encore bien des obstacles et des doutes à lever, tels que les indicateurs de coûts de production définis par les États Généraux de l’Alimentation comme le soulignait le secrétaire général : « nous devons imposer sur le plan syndical, une rémunération décente pour les éleveurs, mais pour cela il convient désormais de mettre en place une surveillance pour s’assurer que les opérateurs économiques intègrent bien dans leurs négociations commerciales, les indicateurs de coûts de production ».
Un thème largement reprit par l’invité du jour Henri Biès-Péré, vice-président de la FNSEA, en invitant les agriculteurs à se poser « les bonnes questions et être en permanence dans un esprit de réflexion ».

Philippe Dimon est chef de projet à l’Idèle Institut de l’Élevage.
Philippe Dimon est chef de projet à l’Idèle Institut de l’Élevage. - © AM

L’élevage bovin en cours de transformation

Au cours de ce congrès, la FDSEA avait convié Philippe Dimon, chef de projet à l’Institut de l’Élevage pour présenter les trajectoires des élevages bovins allaitants du Limousin au cours de la dernière décennie et les évolutions des structures de production.
Un sujet très intéressant qui abordait durant la décennie 2006/2017, les modifications profondes des structures d’exploitation. Les interactions entre les aléas climatiques, sanitaires et économiques ont régulièrement impacté le fonctionnement des élevages. Un constat suite auquel les éleveurs ont dû procéder à des choix et des arbitrages conduisant à des modifications des structures et des outils de production.
Dans le réseau d’élevage constitué de 25 fermes suivies par Philippe Dimon, l’un des premiers constats est l’accroissement continu des moyens de production, avec une augmentation permanente de la taille des exploitations. De 2006 à 2017, les SAU du réseau ont augmenté de 18 %, davantage chez les naisseurs que pour les naisseurs-engraisseurs. Tout comme l’augmentation des vêlages (+15 %) et le nombre des vêlages par unité de main-d’œuvre (+39 %).
Parallèlement à ces augmentations des moyens de production, Philippe Dimon constate à l’inverse une réduction de la main-d’œuvre familiale au profit du salariat et une productivité du travail (en tonne de viande vive/UMO) qui a explosé pour les naisseurs-engraisseurs (+47 %).
Sur les performances techniques, le chargement moyen reste stable pour les naisseurs, alors qu’il progresse de 0,15 UGB par hectare pour les naisseurs-engraisseurs. Dans l’échantillon de référence, la progression du poids des animaux est conséquente. En l’espace de 12 ans, le poids moyen des vaches de réforme est passé de 404 à 433 kg de carcasse (+29 kg de poids carcasse soit 2,7 kg/an). Une tendance identique est observée pour les jeunes bovins grâce à l’amélioration des performances de croissance.
Malgré ces évolutions, les exploitations d’aujourd’hui travaillent sur des systèmes de plus en plus dépendants des fourrages stockés. Ainsi les fourrages stockés et consommés par UGB ont progressé de 15 % sur l’ensemble des systèmes, une tendance accentuée par les aléas climatiques.
Face à ce constat et aux aléas, l’enquête révèle que des pistes ont été explorées et sont autant de possibilités d’adaptation face à un contexte et des enjeux nouveaux.
Des pistes qui visent essentiellement la valorisation des produits, l’efficacité économique, l’organisation du travail, et la diversification des productions.

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