La Creuse Agricole 15 juillet 2009 à 11h05 | Par Guillem Boyer

Cyclistes... et issus du monde agricole - Nicolas, grand braquet

Agriculteur épanoui, Nicolas Le Petit est aussi un fondu de vélo… qui ne peut pas en faire autant qu’il le voudrait.

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Un passionné d’agriculture et de cyclisme.
Un passionné d’agriculture et de cyclisme. - © D.R.

Nicolas Le Petit a dès sa prime jeunesse goûté aux joies du cyclisme, pratiquant le BMX avec ses voisins. Mais ce n’est que parvenu à l’âge adulte que le jeune Creusois a décidé de se frotter réellement au monde du vélo. Pour se faire, il passe par la case VTT. En 1994, il s’inscrit à Creuse oxygène, le club guéretois, tout juste créé. « J’ai tout de suite bien accroché, notamment les compétitions », explique-t-il.

Objecteur de conscience, il est pendant vingt mois animateur du centre de ressources au Centre de formation professionnelle pour adulte des Vaseix, près de Limoges. Dans cette période, il a aussi exercé la fonction d’agent de remplacement en Creuse, dans une vingtaine d’exploitations, et suivi en parallèle une formation en alternance dans l’agriculture. Il est ensuite employé dans des magasins de vélo. « Je travaillais dans un bureau, c’était peu fatiguant : cela marchait fort en vélo. » Il fait partie du team VTT du club guérétois, et s’illustre, remportant notamment le championnat du Limousin de la discipline à plusieurs reprises et participant au Paris-Roubaix VTT.

En 2001, il souhaite changer de vie, « revenir à la ferme ». Il s’installe en tant qu’agriculteur, avec son frère et sa belle-sœur, au sein du Gaec Le Petit. « Je suis passionné par l’agriculture, explique-t-il. Mais je ne voulais pas suivre un circuit classique. » Se sentant un peu délaissé par Creuse oxygène quand il décide de se consacrer plus à sa vie professionnelle, il quitte le club.

Président du club

En 2006, il prend une licence à Avenir cycliste Bourganeuf. « Ici, il n’y a pas de pression. Je fais les courses qui m’intéressent », explique-t-il, « alors que les gros clubs posent plus de conditions à leurs coureurs ».

Moins de pression ne signifie pas moins de résultats. Nicolas est en effet devenu champion d’Europe de single speed, une jeune discipline de VTT, en 2007.

Président du club « Avenir cycliste Bourganeuf » depuis deux ans, Nicolas Le Petit a voulu doter la structure de nouvelles activités, à son arrivée. « Nous organisons une épreuve sur route en Ufolep et en FFC (deux fédérations sportives différentes). Le deux août prochain, nous allons mettre en place une randonnée VTT, et en novembre, une course de cyclo-cross. Nous sommes une association sans gros moyens, mais nous faisons le maximum. » Il y a aussi des activités tout au long de l’année. « Tous les samedis, nous faisons une sortie VTT dans les alentours de Bourganeuf. Il y a des circuits à la fois roulants, techniques et physiques autour de Bourganeuf. » Le club a aussi une école de vélo. « Et nous ne faisons pas faire n’importe quoi aux enfants. Certains membres détiennent des brevets fédéraux d’encadrement. Ils enseignent aux enfants à avoir une bonne position sur le vélo, ils font des tests physiques. »

Preuve de la combativité dont a fait preuve Nicolas pour relancer le club, celui-ci compte 35 adhérents, contre 15 il y a deux ans. Très occupé par son activité professionnelle, Nicolas ne peut pratiquer autant de vélo qu’il le voudrait. « Je ne participe pas chaque week-end à la sortie VTT. » Cela lui manque, car le temps du vélo est un temps que l’on s’accorde à soi. Il reste tout de même intarissable en ce qui concerne ce sport : « Le vélo soude les gens dans l’effort. On n’a pas les mêmes liens avec des amis qui font du vélo, avec qui on souffre ensemble, qu’avec d’autres amis ».

Valérie, sa femme, témoigne
« Je viens avec lui parce que cela me plait de suivre les compétitions, de passer les bidons. Avant, je n’avais aucun engagement. C’est lui qui m’a contaminé. » Femme de Nicolas, Valérie Le Petit est la secrétaire du club « Avenir cycliste Bourganeuf ». Elle ne fait pas de vélo et préfère le « côté ludique, touristique. Le boulot d’organisation me plait moins »… Mais elle se met à cette tâche avec courage, reconnaissant que ce n’est pas facile tous les jours et que cela demande beaucoup d’énergie. « Il faut apprendre petit à petit les règlements… ».
Depuis près de deux ans, avec son mari, elle est fière d’avoir contribué à réorganiser le club, lui avoir donné de nouvelles activités. « C’est un petit club qui prend de l’essor. Il y a quelque chose de familial. Les gens se connaissent et veulent venir au club. » Tout en reconnaissant que les prises de bec peuvent survenir de temps à autre.

L’exploitation

Nicolas Le Petit est en Gaec avec son frère et sa belle-sœur. Ils possèdent 100 hectares, 60 vaches limousines et 40 brebis charolaises. Depuis 2002, il transforme et vend la viande à la ferme, en plus d’une activité par le circuit classique. Le dernier samedi de chaque mois, les clients viennent parfois de loin pour acheter sa viande d’agneau, de génisse ou de vache de réforme. La formule marche très bien. Le poste vente à la ferme est de plus en plus important dans le chiffre d’affaires final du Gaec.

« De plus, c’est une activité très valorisante sur le plan humain. Les gens vous félicitent le samedi : cela n’a pas de prix. »

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