La Creuse Agricole 16 octobre 2008 à 16h07 | Par JMD

Courrier des lecteurs - Courrier adressé à Michel Barnier

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Monsieur le ministre, J’ai l’honneur de solliciter votre bienveillance pour étudier dans les meilleurs délais la liste des doléances concernant notre agriculture en zone défavorisée du grand bassin allaitant du Massif Central. Comme vous le savez, cette région se trouve aujourd’hui en danger de mort. Aussi, si rien n’est fait d’ici la fin de l’année, ce sont des pans entiers de notre économie qui vont disparaître (Jeunes Agriculteurs en détresse, concessionnaires en matériel agricole, vétérinaires, négociants en engrais et en aliments du bétail) sans toutefois voir disparaître de nombreux emplois au sein des organismes agricoles (DDA, Chambre d’Agriculture, DSV, MSA etc…).

Aujourd’hui, en plus de mévente des animaux (FCO oblige) et coût d’alimentation que multiplie 1,5 et plus, les trésoreries sont vides. Ce ne sont pas les aides qui vont arriver prochainement sur les comptes (parfois amputées suite à des contrôles fallacieux) qui régleront le problème, surtout qu’au passage les banques au bord du gouffre commenceront par se servir.

Après ce sombre tableau introductif, dont vous connaissez mieux que moi les tenants et les aboutissants, puisque vous-même êtes issu d’une région de montagne avec des handicaps naturels comme les nôtres, je vais m’efforcer aussi clairement que possible de vous faire part de mes suggestions que je transmettrai à tous nos représentants politiques pour les sensibiliser en fonction de leurs connaissances du monde de l’élevage. Et sur ce réquisitoire pessimiste, je m’invite à en débattre avec vous-même, assisté de parlementaires ou élus de tous bords, si toutefois vous voulez bien m’accorde une audience.

1 - La prime à l’herbe : Aide indispensable à la survie de l’élevage allaitant, il faut la revaloriser tout de suite sans limitation de surface pour ceux qui produisent uniquement de l’herbe (300 euros/l’hectare) avec des coefficients imitateurs pour les producteurs de céréales et de maïs.

2 - Les D.P.U. : Suppression immédiate des références historiques (variation en fonction des régions : valeur agronomique, situation géographique et climatique) Ex : le J.A. qui s’installe où il peut, n’est pas responsable du passé de référence, par rapport à un voisin qui percevra le double voire le triple d’aides D.P.U. (où est la justice dans un pays démocratique comme le nôtre ?)

3 - La M.S.A. : Quel gâchis ! Aujourd’hui, tout agriculteur devrait être affilié au régime du bénéfice réel avec évidemment des tranches d’imposition en fonction du revenu, de la situation de l’exploitation, de son statut, de la main d’œuvre, des systèmes de production etc… car il ne faut pas oublier que la couverture sociale est la même pour tous.

4 - Les zones défavorisées : Il serait temps de revoir le classement piémont et montagne, car là aussi il y a des injustices notoires. Ex : Comment voulez-vous qu’au sein d’une communauté de communes, certaines classées piémont puissent rivaliser avec leurs voisines classées en montagne.

5 - La prime vache allaitante et ses quotas : Aujourd’hui, si un éleveur doit posséder 100 vaches allaitantes avec seulement 75 quotas, quel aberration ! S’il a besoin de 100 mères vaches, ce n’est pas pour son plaisir mais seulement pour faire face à toutes ses obligations (charges de plus en plus excessives, entretien de l’espace vert dont il dispose). A côté de cette constatation affligeante, de nombreux cas d’E.A.R.L. disposent de plus de quotas qu’ils n’ont d’animaux. Encore une fois, où est la justice ? De surcroît, rétablissez cette anomalie tout de suite.

6 - Les pluriactifs : Auraient-ils plus de droits que leurs homologues agriculteurs qui ne vivent que de leur production ? Voici quelques exemples concrets : un agriculteur retraité louant son exploitation sans que le repreneur ne puisse faire une reprise à l’identique a conservé plus d’hectares qu’il n’aurait droit (parcelles mises au nom d’enfant(s) non exploitant(s) bénéficie de sa retraite, de son fermage, du produit des animaux élevés tout en bénéficiant des primes. Est-ce normal ? Un commerçant propriétaire d’une entreprise de matériels agricoles et exploitant une ferme avec toutes les primes afférentes avec souvent une D.J.A non justifiée, est-ce normal ? Il serait temps de mettre fin à toutes ces anomalies. En vous renouvelant toute ma confiance, je vous prie d’accepter, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération et de mon profond respect.

PS : Je sais que les difficultés financières existantes ne sont pas simples à résoudre ; mais malgré tout le monde paysan vous fait entièrement confiance.

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