La Creuse Agricole 01 juillet 2009 � 17h03 | Par Henri Joannin et Sophie Farinotti

Coopérative forestière Unisylva - Renouvellement naturel des peuplements de douglas

Dix années de suivis de régénération naturelle en douglas dans le Limousin ont permis à la coopérative de tirer de précieux enseignements sur le renouvellement de cette essence.

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Régénération naturelle de douglas six ans après la coupe définitive.
Régénération naturelle de douglas six ans après la coupe définitive. - © D.R.

Ces années d’expérimentations ont facilité la mise en place d'itinéraires techniques de régénération naturelle qui offrent une vraie alternative à la régénération artificielle ou plantation.

Doser la lumière : assurer la régénération sans explosion de la végétation concurrente

La première règle qui se dégage, et probablement la plus importante, est la conduite des coupes de régénération. En fonction de la station (milieu), il conviendra de doser savamment l'arrivée de la lumière au sol. Cette dernière va conditionner la germination des graines et le développement de la végétation concurrente.

Plus la station sera riche, et plus la coupe d'ensemencement (coupe mettant en lumière le feuillage et répartissant les arbres de façon diffuse sur toute la parcelle) devra être légère (prélèvement 30 à 40 %). Inversement, sur des stations plus pauvres, la coupe d'ensemencement pourra être plus intense (prélèvement 60 %), suivi de la seule coupe définitive (coupe de tous les arbres restants). Dans les deux cas, l'objectif est, indépendamment de la fructification et de la production des cônes qui peut être vérifiées avant exploitation, de trouver le juste couvert et le fragile équilibre qui permettra à la lumière d'assurer la germination des graines au sol, et de maîtriser la végétation adventice (fougères, ronces, genêts, graminées…) néfaste à l'installation et au développement des semis.

Agir rapidement une fois la régénération acquise

Des dégagements manuels, voire chimiques, peuvent malgré tout s'avérer nécessaires.

Dans tous les cas, dès lors que le semis présente une densité (2 000 à 3 000 semis par ha) et une bonne répartition spatiale il convient de prévoir rapidement la coupe définitive et ceci pour deux raisons :

- faute de lumière les semis en place vont assez rapidement s'étioler,

- les dégâts d'exploitation seront importants sur des semis d'une hauteur supérieure à un mètre.

Cette dernière étape est importante et l'exploitation devra être soigneuse et parfaitement maîtrisée.

Par la suite, il conviendra d'abaisser rapidement par dépressages la densité des semis en visant dans les 5 ans après la coupe définitive une densité proche d'une plantation (environ 1 500 plants/ha).

Des observations qui améliorent les conseils

Nos 10 années d'observation nous ont permis de vérifier qu'il faut attendre avec patience et sérénité une densité suffisante pour juger de la réussite de l'opération et poursuivre les interventions. Cette germination peut s'étaler sur environ 6 ans ;

que la densité des semis est souvent largement suffisante et ceci même si le nombre de semenciers par ha est faible ; une profusion de semis n'est pas à rechercher car elle augmenterait le coût des dépressages ;

que la hauteur des semis après quelques années varie de 20/3 cm à plus de 1,50 mètre, ce qui peut permettre lors des consignes de dépressage d'amorcer une conduite en futaie irrégulière (arbre issus de semis avec des hauteurs/âges variés se renouvelant en continu).

On peut imaginer dans nos grands massifs résineux (Limousin, Morvan) où le douglas est l'essence phare, une forêt pérenne et continue à l'image des sapinières d'Auvergne et des Vosges ; en quelque sorte une forêt plus naturelle et résistante aux changements et accidents climatiques.

Le coût d'une régénération naturelle de douglas est inférieur de 30 % par rapport à une plantation.

La forte densité de semis par rapport à une plantation permet une pression de gibier plus forte.

Les semis naturels sont mieux adaptés aux conditions stationnelles que des plants.

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