L'Auvergne Agricole 06 février 2019 à 09h00 | Par Sophie Chatenet

Congrès de la FNB : « Aux lamentations, nous préférons l'action »

Le congrès de la fédération nationale bovine s'est ouvert mardi à Mende en Lozère. L'occasion pour son président, Bruno Dufayet de proposer la sortie du sujet « export » du giron interprofessionnel. « Pour avancer... »

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De gauche à droite : Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, Olivier Boulat, président de la FDSEA de Lozère aux côtés du ministre de l'Agriculture.
De gauche à droite : Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, Olivier Boulat, président de la FDSEA de Lozère aux côtés du ministre de l'Agriculture. - © SC

La Lozère, avec ses 76 360 habitants fait figure de petit poucet dans la géante Occitanie. Petit mais costaud d'un point de vue agricole. Une perle, dirons les plus chauvins, où l'élevage roi déroule le tapis rouge à ses milliers de reines : les aubrac notamment aux regards acérés sachant magnifiquement valorisées des territoires où le peu règne en maître. C'est ici, au coeur de ce pays accidenté mais tellement accueillant, où le handicap naturel se niche partout, que les congressistes de la Fédération nationale bovine ont été reçus, mardi et mercredi dernier par la FDSEA de Lozère, en présence du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume¹. Un temps fort pour l'association qui malgré les difficultés, se positionne en force de propositions. « Ce n'est pas sur les constats sur lesquels je souhaite m'attarder, à la FNB nous privilégions les actes », a indiqué le président, Bruno Dufayet.

Soumettre l'interprofession à une obligation de résultats

Pour sortir de la crise, l'éleveur cantalien avance des propositions « concrètes et cohérentes ». Première d'entre elles : la refonte du fonctionnement de l'interprofession en lui affectant des obligations de résultats contrôlées par la puissance publique. Autrement dit, par exemple conditionner l'attribution de fonds publics aux entreprises qui jouent le jeu du schéma interprofessionnel : respect des indicateurs de coûts de production, respect des engagements pris dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation... « Le gouvernement est mobilisé dans cette direction pour arriver au juste prix », a indiqué le ministre de l'Agriculture, devant les congressistes. Et d'annoncer « qu'il faudra se voir vite pour faire le point sur l'état actuel des négociations commerciales. Le compte n'y est pas sur la viande, la transparence doit être totale. Si les choses ne se passaient pas, il faudra faire bouger un certain nombre de gens dans votre interprofession, dans la grande distribution ».

PAC : haro sur la régionalisation

Seconde proposition de la FNB : « structurer une véritable politique en faveur de l'export avec le soutien du ministère via une association d'organisation de producteurs ». De fait, la FNB préconise de sortir le sujet de l'export du champ interprofessionnel. Pour le ministre, une chose est sûre, sur l'exportation, il est impératif de mieux faire : « Notre marge de progression est énorme. Nous allons passer pour des gens qui ne sont pas à la hauteur (ndlr : notamment par rapport à la forte demande du marché chinois). Il est impératif de mettre les bouchées double sur l'export ». Enfin sur la politique agricole commune, la nécessité de doter la PAC d'un budget ambitieux est partagé par les syndicalistes et le Ministre. Position partagée aussi sur la nécessité de laisser à l'Etat la gestion des aides du premier pilier de la PAC, contrairement aux positions avancées par l'association des Régions de France qui souhaiterait régionaliser une partie de ces aides. Au-delà de la gestion des aides, sur la structure de la PAC, Bruno Dufayet a plaidé en faveur du maintien de la PMTVA (prime au maintien du troupeau vache allaitante) à son niveau actuel, et au lien indispensable et exclusif entre ICHN (indemnités compensatoires de handicaps naturels) et élevage. Deux revendications qui ne sont pas un vain mot au coeur d'un territoire où l'élevage constitue le dernier rempart à la désertification.

Sophie Chatenet

¹ En marge du congrès de la FNB, le ministre de l'Agriculture a visité l'exploitation d'élevage du GAEC Durand Francis-Bastien aux Bondons en Lozère.

Didier Guillaume était mardi au congrès de la FNB à Mende.
Didier Guillaume était mardi au congrès de la FNB à Mende. - © SC

VERBATIM

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture :

« L'élevage est une chance pour notre pays et pour notre environnement. Je veux être le bouclier contre l'agribashing »

« Le Mercosur on ne le votera pas. La France a arrêté les discussions avec le Mercosur ».

« L'ICHN doit être immensément majoritairement consacrée à l'élevage ».

 

 

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