La Creuse Agricole 29 février 2008 a 00h00 | Par Willem Snakkers

Chasse - Lettre ouverte

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Presque 2 ans que la Fédération des Chasseurs souhaite mettre en place un Schéma Départemental de Gestion Cynégétique. Il fallait faire vite, tout devait se faire dans la précipitation afin que l’on fasse avaler n’importe quoi aux agriculteurs car ce sont eux qui subissent la majeure partie des dégâts : cultures (prairies et céréales), divagation des animaux avec accidents non indemnisables (pattes cassées, avortement…) sans compter l’appeurement des troupeaux dont il faut éliminer certains animaux car ils ne veulent plus rester dans certaines parcelles. Heureusement pour la Fédération des Chasseurs, beaucoup d’agriculteurs ne sollicitent pas d’indemnisations (ils ont tort car cela ne reflète pas la réalité du terrain) : trop compliqué, perte de temps, trop de paperasserie… Depuis juin ou juillet 2006, la Fédération des Chasseurs a présenté un état des lieux puis, quelques mois plus tard, diverses versions du Schéma Départemental de Gestion Cynégétique pour la Creuse. C’est vrai, avec de temps en temps, un semblant de concertation avec le monde forestier et agricole. Mais la réalité est tout autre. Pour se rendre compte du décalage entre ce qui se dit et les écrits, reportez-vous à l’état des lieux ou au 1er document d’octobre 2006 et au dernier en date de juin 2007. Pratiquement rien à changer. Les propositions du monde forestier ou agricole n’y figurent pas. Sur 14 pages d’objectifs et de mesures, pas 20 lignes de changées : on se fout de nous ! Puis, Monsieur le Préfet est intervenu pour inciter la Fédération des Chasseurs à tenir compte de nos observations. Rien n’y fait. La Fédération veut toujours plus de gros gibier alors que le sondage auprès des chasseurs montrait que ceux-ci voulaient plus de petit gibier. Dans un document envoyé le 19 juin 2000 à Monsieur le Président de la FDSEA par la Fédération des Chasseurs, le plan de chasse est présenté comme n’étant pas (je cite) « une usine à sangliers ! Mais un outil règlementaire qui permet : soit de maintenir des populations, soit de les augmenter, soit de les diminuer. (?!) Le mot est lâché, plan de chasse, tout de suite on pense à celui institué pour le chevreuil avec son historique.
Evolution des prélèvements.
Evolution des prélèvements. - © D.R.
L’amalgame ne doit pas être le piège. Même si on emploie le même terme, l’utilisation en est radicalement différente. Nous parlons ici d’un plan de chasse contractuel. Nous pouvons préciser contrat au niveau local ». Qu’en est-il ? Les années passant, nous ne pouvons que constater que les plans de chasse, qu’il soit pour le chevreuil ou le sanglier, sont les mêmes. La preuve en est, depuis 2000-2001 (année de mise en place du plan de chasse sangliers), les prélèvements ont augmenté de 68 % en sangliers et de 165 % en chevreuils ! On nous répondra que justement, le plan de chasse a permis d’augmenter les prélèvements. Mais il ne faut pas avoir fait l’ENA pour comprendre que si les prélèvements sont en augmentation c’est parce que les populations le sont aussi ! Et aujourd’hui, on peut s’inquiéter de voir se répéter le même schéma avec le cerf. La profession forestière et agricole est unanime sur ce point : le PGCA cerf ne doit pas être agrandi ! D’après les dernières estimations, le bilan plan de chasse chevreuil pour la saison 2007-2008 serait en légère baisse alors que celui du sanglier serait en hausse. Cette saison devait pourtant être pour les chasseurs une année de transition afin d’aborder l’avenir dans le cadre du schéma départemental de gestion cynégétique avec plus de sérénité et de confiance. C’est tout à fait le contraire ! C’est de la provocation. Le fossé se creuse entre agriculteurs et chasseurs, c’est vraiment dommage… Nous espérions ne plus revoir les dégâts du printemps 2007 mais avec encore une augmentation des effectifs de sangliers, il faudra s’attendre au pire. Quand prendra t-on enfin conscience du respect du travail des agriculteurs ? Alors, Monsieur le Préfet, à vous de prendre vos responsabilités : - en retirant le sanglier du plan de chasse pour une durée déterminée qui permettrait de revenir à une population acceptable, comme par exemple au niveau où l’on était à la mise en place du plan de chasse, - en interdisant l’agrainage et les cultures à gibier à base de maïs, - en donnant la possibilité à tout chasseur disposant d’un timbre grand gibier de pouvoir tirer le sanglier devant lui et que les ACCA n’aient pas le pouvoir d’interdire cela en demandant la chasse en groupe ou en battue comme pour le chevreuil.

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