La Creuse Agricole 22 mars 2019 à 08h00 | Par P. Dumont

Cédants et futurs installés : une semaine pour échanger

Le printemps de la transmission se déroule actuellement jusqu'au 29 mars sur tout le territoire néo-aquitain. Une initiative des Chambres départementales d'agriculture pour informer les futurs cédants et les encourager à anticiper leur départ.

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De gauche à droite : Alain Langlois, cédant, Damien Nicolas, repreneur et Eric Charbonnier.
De gauche à droite : Alain Langlois, cédant, Damien Nicolas, repreneur et Eric Charbonnier. - © P. Dumont

La transmission d'une exploitation peut être le parcours du combattant. Pour qu'elle se passe le mieux possible, un seul mot d'ordre : l'anticipation. C'est dans le but de sensibiliser les cédants sur la nécessité d'anticiper que le réseau des chambres d'agriculture organise tous les deux ans le printemps de la transmission. En 2019, l'opération a pris la forme de dix journées organisées sur le tout le territoire. Elles étaient organisées autour de deux temps forts. Le premier, une conférence, mettait en lumière tous les aspects techniques mais aussi humains de la transmission grâce aux témoignages de cédants et de repreneurs. Des ateliers animés par les partenaires étaient ensuite proposés. Les cédants pouvaient ainsi s'informer sur la fiscalité, les retraites ou encore les questions foncières. Pour animer les conférences, trois intervenants : Danièle Guilbaud, coach et médiatrice, référente RH auprès de Gaec et Sociétés ; Robert Le Guen, ingénieur en agriculture, sociologue et enseignant chercheur à l'école supérieure d'agriculture d'Angers et Eric Charbonnier, ingénieur en agriculture, sociologue, animateur de l'équipe émergence de projet formation à Trame. À Ahun, Eric Charbonnier a débuté sa conférence par quelques rappels. Depuis les années 1980, avec le développement des Gaec et l'augmentation du nombre d'installations hors cadre familial, la transmission est sortie du cadre familial. Le Répertoire Départ Installation (RDI) a été mis en place pour rapprocher cédants et repreneurs. Mais pour le sociologue, la transmission est aussi, et même avant tout, une question humaine. Pour le cédant, c'est l'outil d'une vie qui va être transmis et c'est aussi la fin d'un parcours qui doit être préparé. Pour le repreneur, c'est un investissement important et lorsque l'installation se fait dans un cadre sociétaire, l'arrivée dans une structure existante n'est pas toujours aisée. Selon Eric Charbonnier, le cédant suit généralement quatre étapes dans la transmission : le premier contact avec son conseiller ou la chambre d'agriculture au cours duquel il évoque pour la première fois son départ. S'ensuit une période de réflexion personnelle, de discussion familiale avant la réelle construction du projet de transmission et la rencontre de repreneurs potentiels. Enfin, lorsque celui-ci est connu, c'est un projet commun qui reste à bâtir. Lorsque la transmission a lieu au sein d'une forme sociétaire, là encore, l'anticipation est de mise. La perte d'un membre du groupe lui donne forcément un coup d'arrêt et l'intégration d'un membre doit être l'occasion de retravailler le projet et les rôles de chacun. Qui plus est lorsque le nouveau membre intègre une cellule familiale. Pour illustrer la nécessité d'anticipation, deux cédants et deux repreneurs ont témoigné sur leur expérience. Chez les repreneurs, un gros travail de construction du projet a dû être mené. Pour les cédants, il n'a pas été toujours facile de « faire son deuil » de l'exploitation transmise. Le temps aidant, chacun a pu toutefois faire un pas en direction de l'autre et nouer de vraies relations de confiance. Ce sont ces liens tissés entre repreneur et cédant qui ont été la clé du succès d'une transmission réalisée plusieurs années après le début du projet. Aujourd'hui en Creuse, pour trois exploitations à céder, seule une est reprise. L'objectif pour JA23 comme pour la chambre d'agriculture est d'arriver à une installation pour deux départs. Pour le sociologue, plus d'accompagnement est nécessaire pour atteindre cet objectif. Eric Charbonnier a également évoqué le fait que les exploitations à céder ne correspondent pas forcément à ce que les repreneurs potentiels recherchent aujourd'hui, soulignant que les cédants ne doivent pas fermer la porte à des projets atypiques.

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