La Creuse Agricole 28 janvier 2021 a 07h00 | Par Dr Boris BOUBET GDS Creuse - www.gdscreuse.fr

Biosécurité et bien-être animal dans le plan de relance

Dans le cadre du Plan de relance, un volet est consacré à la biosécurité et au bien-être animal, deux thématiques majeures pour l’élevage dans les années à venir.

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La biosécurité est l’ensemble des mesures destinées à protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux transmissibles. Elle peut se décomposer en 5 axes et implique les infrastructures, les techniques, les pratiques d’hygiène avec une triple finalité : santé animale, sécurité sanitaire des aliments et santé humaine, notamment la vôtre en tant qu’éleveur.
La biosécurité est l’ensemble des mesures destinées à protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux transmissibles. Elle peut se décomposer en 5 axes et implique les infrastructures, les techniques, les pratiques d’hygiène avec une triple finalité : santé animale, sécurité sanitaire des aliments et santé humaine, notamment la vôtre en tant qu’éleveur. - © GDS Creuse

Projet global, le Plan de relance a pour objectif de redresser l’économie touchée par la pandémie de covid‑19. Sur les 1,2 milliards d’euros destinés au secteur agricole, 100 millions sont consacrés plus précisément au « Pacte biosécurité et bien-être animal en élevage », toutes espèces de production confondues. Mais que recouvrent ces notions ?

La biosécurité, une notion encore méconnue, un besoin d’information et de conseil
« La biosécurité est l’ensemble des mesures destinées à protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux transmissibles » (biosécurité = sécurité contre les agents biologiques). Elle comprend les infrastructures, les techniques, les pratiques d’hygiène avec une triple finalité : santé animale, sécurité sanitaire des aliments et santé humaine. On classe les actions en deux volets, la biosécurité externe (faire que le pathogène ne rentre pas et ne sorte pas d’un troupeau et ne persiste pas dans l’environnement) et la biosécurité interne (faire que le pathogène ne circule pas dans un troupeau et n’infecte pas l’homme).

Au quotidien, j’évite l’introduction de pathogènes…
Les principales mesures à mettre en place concernent la protection de son cheptel vis-à-vis d’introduction d’un pathogène par un animal de la même espèce. Ce sont en effet les meilleurs vecteurs de maladies. Cela passe par une gestion rigoureuse des introductions et la mise en place de doubles clôtures pour se protéger du voisinage. L’autre aspect concernera la gestion des intervenants dans l’élevage, notamment les professionnels susceptibles d’être passés dans d’autres élevages récemment (autres éleveurs, vétérinaires, négociants, inséminateurs…). Les microbes étant des êtres vivants, le risque principal concerne la matière organique transportée et donc les bottes et les chaussures, d’où l’installation de lave botte et pédiluve. Enfin, même si le risque est plus faible, il faudra s’assurer de limiter les risques liés à la faune sauvage (points d’eau, nourrisseurs, pierre à lécher…), aux oiseaux dans les bâtiments et sur les stockages d’aliments ou aux animaux domestiques.

… et je limite leur diffusion dans mon élevage
Si une maladie vient à être identifiée dans mon élevage, je vais tout faire pour en limiter la diffusion. Cela passe par l’isolement rapide des animaux et des mesures de désinfection mais également par l’installation de pédiluves entre les secteurs sains et contaminés, voire un changement de tenue. Un programme de dératisation est mis en place, les rongeurs étant d’excellents vecteurs de maladies. Certaines pathologies sont des zoonoses, je vais également me protéger par l’emploi d’équipements de protection individuels et une hygiène des mains. Mettre en place des mesures de biosécurité, c’est moins d’agents pathogènes et des agents pathogènes mieux maîtrisés, c’est moins de traitements, d’antibiorésistance, de pertes, d’impacts financiers...

Le bien-être animal : 5 libertés fondamentales…
C’est une tendance sociétale forte, portée par une médiatisation importante. Dès 1992, le Farm Animal Welfare Council (FAWC), organisation britannique, en a défini les grands principes, connus sous le nom des 5 libertés fondamentales :
1. Liberté physiologique : ne pas souffrir de faim, de malnutrition ou de soif grâce au libre accès à l’eau et à un régime alimentaire apte à entretenir pleine santé et vigueur.
2. Liberté sanitaire : ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies grâce à une prévention adaptée, un diagnostic rapide et un traitement approprié.
3. Liberté psychologique : ne pas éprouver de peur ou de détresse grâce à des conditions d’élevage et des pratiques liées ou non à un événement humain n’induisant pas de souffrances psychologiques.
4. Liberté environnementale : ne pas souffrir d’inconfort grâce à un logement adapté avec une absence de stress climatique et physique.
5. Liberté comportementale : pouvoir exprimer les comportements propres à chaque espèce grâce à un espace suffisant, un environnement approprié pour se déplacer, se reposer et être en contact avec des congénères.

… et une définition affinée en fonction des éléments scientifiques récents
En 2018, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a proposé une définition actualisée : « Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal ». Cette définition vient conforter l’idée que le bien-être passe par la couverture des besoins essentiels et une bonne santé, mais également la possibilité d’interagir avec ses congénères. Mais il précise également que le bien-être doit être réfléchi au niveau de l’animal, et pas forcément de la perception que l’Homme en a. Sans perdre de vue que l’objectif final est d’améliorer les performances pour la rentabilité de l’exploitation… et le bien-être de l’éleveur !

Le « Pacte biosécurité et bien-être animal », formations et diagnostics…
Ce volet du Plan de relance cible les projets globaux d’élevage présentant une ambition réelle d’amélioration de la biosécurité et du BEA, ainsi que les projets de construction de bâtiments ouvrant un accès permanent à des espaces de plein air ou permettant aux animaux de prendre de l’exercice, tout en répondant aux obligations de biosécurité. L’objectif est de permettre aux éleveurs d’investir, avec des aides, pour renforcer la prévention des maladies animales tout en améliorant les conditions d’élevage au regard du bien-être animal et de la sécurité de tous. En lien avec les Régions, les dossiers seront instruits dans le cadre d’appels à projet relevant de la mesure 4 « investissement » des PCAE des PDRR. Pour être éligibles, les élevages devront respecter des normes de bien-être animal, via la réalisation d’un diagnostic de type Boviwell ou d’un autodiagnostic. Les éleveurs qui pourront fournir en plus un audit de biosécurité sont priorisés (ou un autodiagnostic). Il s’appuiera sur des outils qui ont été développés et qui permettent de faire un tour d’horizon des points critiques et réfléchir aux investissements nécessaires pour améliorer la situation (cf. illustration). L’objectif est d’aider les éleveurs à identifier les facteurs de risque. Les outils sont spécifiques aux espèces et permettent de donner une vision plus objective et plus précise de la situation.

… pour une aide aux investissements
Pour les bovins, au titre du bien-être animal, seront éligibles l’aménagement des bâtiments visant à l’amélioration de l’ambiance, les équipements de contention, le confort des aires de couchage ou l’accès à l’extérieur. Concernant la biosécurité, l’accent sera mis sur les clôtures, notamment en contexte tuberculose, l’accès à une eau de qualité pour tous, les dispositifs de protection vis-à-vis de la faune sauvage, des sas sanitaires pour éviter l’introduction d’agents pathogènes, des dispositifs pour l’équarrissage (bacs à cadavres, aires bétonnées) ou des postes de désinfection. Des équipements spécifiques pour les autres filières (autres ruminants, apicole, porcins, avicole…) sont également prévus.
GDS Creuse et Farago Creuse à vos côtés pour la mise en place de ces mesures dans vos élevages
Si les grandes lignes du Plan sont connues, les déclinaisons pratiques sont encore en cours de développement. En concertation avec la Chambre d’Agriculture, la DDCSPP et la DDT, nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des éléments au fur et à mesure de leur annonce.

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